Des compétitrices prendront « le veau par les cornes » au Stampede de Calgary
Une nouvelle discipline féminine fera son entrée au Stampede de Calgary, qui prend son envol vendredi. La prise de veau au lasso s’ajoute aux six autres catégories de compétitions du plus grand rodéo au Canada, presque toutes réservées aux hommes. Cette épreuve de vitesse – qui est mieux connue sous son appellation anglophone, le breakaway roping – s’apparente à la version qui se pratique chez les hommes, le tie-down roping. Or, si les compétiteurs du tie-down roping descendent de leur cheval à l’attrapée du veau pour le ligoter, les cavalières, elles, demeurent sur leur monture, et le veau s’échappe avec la corde. La prise du veau au lasso est une épreuve de vitesse, pendant laquelle les compétitrices doivent attraper un veau alors qu'elles se trouvent sur leur monture. Photo : Radio-Canada / Danielle Bénard Chez les professionnels, l’épreuve dure généralement moins de 3 secondes. Le record canadien se situe à 1,5 seconde. La prise de veau au lasso est le premier ajout de catégorie au Stampede de Calgary en plus de 45 ans. La dernière addition remonte à 1979, lorsque la seule autre épreuve féminine a été ajoutée, à savoir celle des barils. Depuis qu'elle est toute jeune, Lakota Bird baigne dans l’univers du rodéo. La compétitrice albertaine de prise de veau au lasso s’est retrouvée aux premières loges des compétitions équestres de Calgary à de nombreuses reprises. Lakota Bird explique qu’elle a entrepris la prise de veau au lasso en croyant que cela ne la mènerait pas très loin au plan professionnel. Jusqu’à tout récemment, la discipline ne faisait pas partie des circuits de haut niveau. La compétitrice albertaine Lakota Bird et sa monture Photo : Radio-Canada / Danielle Bénard Toutefois, selon la cavalière, la popularité de la prise de veau au lasso a grimpé en flèche ces cinq dernières années. L'apparition de cliniques d'initiation au sport en Alberta en est la preuve. Ashley Watt, entraîneuse et compétitrice, se réjouit de voir des femmes de tous les niveaux s’y initier. Elle ajoute que la concurrence a explosé dans ce domaine. C’est entre autres grâce à l’accessibilité grandissante de la pratique dans les rodéos qu’elle s’est elle-même remise aux compétitions. Ashley Watt (à droite) est entraîneuse et compétitrice de rodéo. Lors d'entraînements, les compétitrices s'exercent avec des veaux en plastique. Photo : Radio-Canada / Danielle Bénard N’importe qui peut s’y mettre. Il s’agit de savoir lancer un lasso ou d'avoir envie d’apprendre à le faire, et il y a beaucoup d'événements qui permettent de le faire à différents niveaux. D'après Navada Phipps, responsable des événements au Stampede de Calgary, la place grandissante des femmes dans les gradins a motivé la décision du festival d’inclure cette nouvelle catégorie. Les championnes se verront également accorder des bourses équivalentes à celles des hommes. Les femmes doivent pouvoir gagner des sommes intéressantes, sinon elles le font à perte. Si Lakota Bird ne s’est pas qualifiée pour le Stampede de Calgary cette année, elle demeure optimiste et prévoit d'être en selle à la prochaine édition. Avec les informations d’Anne Levasseur 
L'ascension d’une discipline
J’ai grandi en regardant mon frère compétitionner au Stampede de Calgary. Mon père fournissait le bétail, donc j’ai passé ma vie au Stampede
, raconte-t-elle.Quand j’étais jeune, les gens me disaient : "Pourquoi tu perds ton temps avec le breakaway? C'est une discipline sans avenir!"
indique la compétitrice de 28 ans.
Il n’y a plus beaucoup de rodéos qui n’incluent pas [la prise de veau par lasso]
, soutient-elle.
Une occasion pour les rodéos
Les organisateurs y ont vu une occasion de présenter une épreuve à laquelle [les femmes] peuvent s’identifier davantage
, dit-elle.Ce qui est génial pour les jeunes filles, c'est qu'elles peuvent maintenant grandir en regardant des femmes concourir au Stampede de Calgary et à d'autres grands rodéos
, affirme Lakota Bird.C’est important d’être capable de payer nos dépenses quand on est sur la route
, explique Mme Bird.Je m'entraîne déjà tous les jours, alors je vais continuer à m'entraîner. J'espère que, l'année prochaine, ça ira mieux
, dit-elle.
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