Des fermes verticales pour nourrir la Mission d’Ottawa
La Mission d’Ottawa va bénéficier de ses propres légumes-feuilles locaux et à bas prix grâce à deux nouvelles fermes verticales hydroponiques modulables. Cet organisme s’attend à recevoir plus de neuf tonnes de produits frais chaque année. Cette initiative, une première en son genre à Ottawa, a été présentée jeudi devant une ferme identique à celles réservées à la Mission et installées pas loin de l’aéroport sur un terrain de la Commission de la capitale nationale. Des produits frais et locaux pour les plus vulnérables Photo : Radio-Canada / Simon Lasalle De l’extérieur, le bâtiment est un simple conteneur métallique. À l’intérieur toutefois se dégage une ambiance à mi-chemin entre celle d'un laboratoire de recherche scientifique et celle d'une chambre froide de restaurant. Sur les étagères : roquette, laitue, chou frisé (kale), épinards et herbes fines poussent côte à côte, les racines baignant directement dans l’eau. Le PDG de Growcer, Corey Ellis, montre les racines saines des plants et le type de culture hydroponique utilisée. Photo : Radio-Canada / Nelly Albérola Grâce à ce système et à cet environnement contrôlé, l’entreprise peut fournir des aliments toute l’année. Les deux fermes à Ottawa disent qu'elles peuvent produire plus de neuf tonnes de légumes-feuilles frais chaque année. Photo : Radio-Canada / Nelly Albérola Si plusieurs légumes peuvent pousser grâce à l’agriculture verticale hydroponique, l’initiative du jour a fait le choix de ne produire que des légumes-feuilles. L’idée de produire pour la Mission d’Ottawa vient de Mark Sutcliffe. L’année dernière, le maire d’Ottawa a eu l’occasion de rencontrer l’entreprise et de connaître son concept. Impressionné par les résultats, l’élu a alors demandé de voir comment mettre cette technologie au service des populations les plus vulnérables de la ville face à l’insécurité alimentaire grandissante dans la capitale. Le maire d'Ottawa, Mark Sutcliffe, a joué un rôle dans le projet de fermes verticales au profit de la Mission d'Ottawa. Photo : Radio-Canada / Nelly Albérola Cette banque canadienne a fait un don de 1,5 million de dollars à la Fondation communautaire d’Ottawa pour soutenir l’initiative. Cet organisme qui vient en aide aux personnes en situation d'itinérance a servi plus d'un million de repas l'an dernier. La porte-parole de la Mission confirme ce gain économique. L’entreprise Growcer s’est engagée à fournir ces produits à prix fixe pour les dix prochaines années. Sylvie Corbin est la porte-parole de la Mission d'Ottawa. Photo : Radio-Canada / Nelly Albérola L’entreprise, de son côté, se donne comme objectif de créer 12 fermes en 12 mois dans la capitale. L'entreprise Growcer avait lancé un projet similaire de ferme hydroponique à l'Université d'Ottawa en 2018. Photo : Radio-Canada / Nelly Albérola Des discussions sont également en cours de l’autre côté de la rivière pour proposer une initiative similaire. En attendant, les bénéficiaires de la Mission d’Ottawa devraient recevoir leurs premiers légumes-feuilles dans moins de deux mois. Avec des informations de Maude OuelletC'est vraiment une occasion en or pour nous
, lance la porte-parole de la Mission, Sylvie Corbin. Plusieurs personnes vulnérables, à la rue, à Ottawa, manquent de produits frais.

On utilise seulement de l'eau pour faire pousser des légumes. Il n’y a aucune terre, il n’y a aucun terrain pour [faire] pousser des légumes
, explique Corey Ellis, cofondateur et PDG de Growcer, l’entreprise au cœur de l’initiative agricole verticale.
On fait une rotation [des légumes] dans la ferme pour s’assurer d’avoir une récolte égale toutes les semaines
, précise le spécialiste.On a des fermes dans le cercle Arctique, on a des fermes dans le désert, un peu partout à travers le Canada aussi. C'est une ferme qui produit assez pour nourrir 500 personnes par jour en leur fournissant tous leurs légumes.

Des légumes-feuilles uniquement
Ce sont les légumes qui ne se transportent pas bien
, explique Corey Ellis. Les épinards, la laitue, etc., sont des produits très chers qui pourrissent très rapidement. C’est pourquoi, avec la Mission, on a misé sur les légumes qui ont le plus de sens économique
, dit-il.Une idée du maire d'Ottawa
J’ai demandé à Corey [Ellis] et à son équipe si c’était possible d’avoir des fermes comme ça partout à Ottawa qui pourraient approvisionner les banques alimentaires, les programmes alimentaires scolaires et d’autres organismes qui distribuent de la nourriture
, raconte M. Sutcliffe.Ils ont travaillé avec cette idée et ont trouvé des partenaires auprès de la fondation RBC et de la Mission d’Ottawa pour se lancer.

La fondation RBC et la banque vont couvrir les coûts d’installation ainsi que la première année de fonctionnement
, explique M. Ellis. À la suite de ça, la Mission d’Ottawa utilisera son budget consacré à la nourriture, mais avec ces fermes, elle va réduire ses coûts d’environ 30 %.
On reçoit beaucoup de dons à la Mission, il n'y a pas de doute, mais pour les besoins de planification du budget, on achetait beaucoup de ces denrées
, rappelle Sylvie Corbin.Finalement, 90 % des laitues, des épinards, toutes ces choses-là, proviennent de la Californie, donc on voulait avoir quelque chose qui était local, qui était à l'abri des pressions économiques aussi.

Un projet similaire à Gatineau?
Il s'agit d'un modèle évolutif qui pourrait être utilisé par d'autres organisations et par d'autres villes partout au Canada
, s’enthousiaste le maire.J’espère que ce sera le premier de nombreux projets du genre dans la ville.

Nous avons déjà rencontré la mairesse Maude Marquis-Bissonnette ainsi que la banque alimentaire BASE
, souligne le dirigeant de Growcer.On recherche des gens qui pourraient nous donner un terrain pour cinq ou dix ans, le temps du projet, ainsi que des organismes philanthropiques
pour aider à soutenir les premières années du projet en Outaouais.
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