Annulation du spectacle de la fête nationale : le seul scénario possible
La décision qui a mené à l’annulation du Grand spectacle de la fête nationale sur les plaines d’Abraham lundi soir était à la fois crève-cœur et nécessaire, a expliqué le producteur Richard Samson, qui était le premier à se désoler de l’issue de la soirée, mardi matin. La violence de l’orage qui s’est abattu sur le Parc des Champs de bataille nationaux n’a laissé aucun choix aux organisateurs qui ont espéré jusqu’à la dernière minute aller de l’avant avec la production. Suivant leur plan de mesures d’urgence en cas de vents extrêmes et de foudre, ils ont toutefois été dans l’obligation de procéder à l’évacuation du site vers 20 h 45. Le ciel de Québec était menaçant en milieu de soirée, lundi. Photo : Radio-Canada / Erik Chouinard À la recommandation des météorologues de l’organisation, la sécurité publique, les équipes techniques, le Service de police de la Ville de Québec, les autorités municipales et le Bureau des grands événements ont convenu qu’il était nécessaire, pour la sécurité de tous, d’évacuer le site. L’opération s’est déroulée dans le calme. Le maître de cérémonie du Grand spectacle de la fête nationale à Québec a demandé aux spectateurs d'évacuer les plaines d'Abraham, ce qui a été fait dans l'ordre et le calme. Photo : Radio-Canada / Erik Chouinard Ce dernier a éprouvé une grande tristesse en voyant des mois de travail ainsi gaspillés, d’abord parce que la cinquantaine d’artistes avait consacré beaucoup d’énergie à sa préparation, et puis parce que le public n’aurait pas la chance de voir le fruit de leur travail. Je voyais Claude Dubois partir un peu déçu. Les jeunes qui étaient sur le show KWE!, qui avait monté un spectacle extraordinaire avec une version d’Où est allé tout ce monde?, dans les 11 langues des Premières Nations avec beaucoup de gens qui ont fait des spectacles, mais qui avaient l’occasion de chanter devant 60 000 personnes. La foule était là. Le producteur Richard Samson. Photo : Radio-Canada Coproducteur de l’événement, Télé-Québec a tout de même pu tirer une trentaine de minutes de tournage d’une répétition qu’elle a diffusée en fin de soirée, lundi soir. La proposition du directeur musical Alex McMahon n’a donc pas été totalement perdue. Une partie de la distribution de la Fête nationale à Québec, notamment Garou, Marie-Denise Pelletier, Claude Dubois, Bleu Jeans Bleu, Claude Bégin, entoure les porte-parole Bianca Gervais et Sébastien Diaz. Photo : Radio-Canada / Alicia Rochevrier Le coup a également été dur à encaisser pour les artistes qui étaient impatients de célébrer la fête nationale avec la population de la capitale. Les artistes, les gens s’imaginent que c’est les finances qui les intéressent, mais c’est plutôt les applaudissements. Et le spectacle des plaines, pour tout artiste québécois, c’est vraiment un événement marquant. Et vraiment, on avait un bon show. On avait mis le paquet. Ce dernier explique qu’il aurait été impossible de reporter le spectacle tout en conservant son intégrité. Des techniciens à l'œuvre sur la scène du Grand spectacle de la fête nationale à Québec. Photo : Radio-Canada / Erik Chouinard Quant aux artistes, plusieurs étaient engagés ailleurs le mardi 24 juin et ne pouvaient pas prolonger leur séjour à Québec pour participer à une reprise du spectacle.Dès qu’il y a danger mortel pour la foule, le public, les artistes, les équipes techniques, on se doit de prendre une décision. On a reporté le plus possible. On avait toujours espoir que le système transiterait vers le nord, mais malheureusement, ce n’est pas ce qui s’est passé. On a vu, à partir de 17 h 30-18 h, la cellule se former
, a raconté Richard Samson au micro de Première heure.
Les gens ont très bien réagi. Évidemment, il y a eu des huées quand le maître de foule a annoncé aux gens qu’il fallait vider le site, mais les gens sont sortis en groupes. L’équipe de sécurité a très bien travaillé, les policiers aussi. Bref, ça s’est très bien fait, calmement et rapidement. Surtout, les gens ont bien répondu. Et heureusement parce que 15 minutes après, la foudre était présente, la pluie lourde et des vents extrêmement majeurs. On voyait des coupures d’électricité partout
, a poursuivi le producteur.
Bref, c’est d’une tristesse totale, mais d’un réconfort d’avoir pris la décision et de ne pas être obligé de parler d’une catastrophe, plutôt juste d’une fête. Les Québécois savent fêter. Ils vont faire une belle fête à Montréal [mardi soir] et puis on se reprendra pour fêter. Mais ce matin, tout le monde se lève en sécurité
, a encore constaté M. Samson.
Version écourtée du spectacle à Télé-Québec
Toutes les années, on capte les dernières répétitions pour avoir quelques numéros en banque. C’est souvent pour du travail de décision sur les jeux de caméras. Bref, on capte ces numéros-là et ça nous permet de diffuser un minimum à tout le moins pour Télé-Québec, qui a été d’un support total pour nous [lundi]. Les gens ont pu voir la qualité des numéros qui auraient été présentés, mais dans une formule sans éclairage. Dominic Lemieux, un jeune homme de Québec qui a fait une scénographie magnifique, Benoit Landry qui a fait une mise en scène… Ils ont tellement travaillé. Moi, c’est ça qui m'attristait le plus, quand on a dû prendre cette décision-là.

Les 23 et le 24 juin, c’est les journées les plus occupées de tous les techniciens, de tous les artistes. Donc quand on a considéré reprendre le spectacle vers 22 h 30, ça n’a pas été possible. De ramener la foule, ça aurait été impossible. Deuxièmement, les fournisseurs de scène, quand il y a des coups de vent comme ça, sont obligés de descendre les toiles de côté pour ne pas que ça fasse comme une voile géante. Donc, à partir de là, l’eau entre complètement sur la scène. La scène était inondée. Les instruments étaient protégés, mais la scène était inondée. L’électricité et l’eau, ça ne fait pas bon ménage. Et pour la sécurité du monde, ce n’était pas possible
, a-t-il expliqué.
Plusieurs des artistes n'étaient pas disponibles. Trois musiciens importants du groupe, qui étaient une partie vitale des numéros, avaient des spectacles ailleurs, beaucoup de techniciens partaient pour d’autres événements… Bref, on s’est vite rendu compte que, malgré toute notre bonne volonté, et malgré le fait qu’on était prêts à sacrifier du budget pour le faire, on n’a pas été capables de concrétiser ce projet-là
, s’est désolé Richard Samson, ne pouvant retenir un ça fait ch… quand même!
Advertising by Adpathway









