Pas d’évaluation environnementale fédérale pour la mine de pouzzolane à Dalhousie
L’étude d’impact environnemental fédérale demandée par un groupe citoyen du Québec s’opposant au projet de mine de pouzzolane dans le secteur de Dalhousie à Baie-des-Hérons, au Nouveau-Brunswick, n’aura pas lieu. Dans une lettre envoyée en février, Jean-Marc Beaulieu, un porte-parole du groupe citoyen Non Merci, Pozzolan Dalhousie, a demandé au ministre de l’Environnement et du changement climatique de l’époque, Steven Guilbeault, d’exiger à ce que le projet de mine de pouzzolane proposé à Baie-des-Hérons soit soumis à une évaluation d’impact environnemental fédérale. Même si une étude d’impact sera menée au Nouveau-Brunswick, le groupe citoyen déplorait qu’aucune évaluation ne soit prévue pour le Québec alors que la mine sera située à quelques kilomètres de la Gaspésie, de l'autre côté de la baie des Chaleurs. Dans sa décision rendue le 10 juin, le président de l’Agence d'évaluation d'impact du Canada (AÉIC), Terence Hubbard, indique que le projet ne sera pas soumis à une évaluation fédérale. Même s’il admet que le projet de mine proposé à Dalhousie peut Le groupe Non merci pouzzolane Dalhousie a demandé que le projet de mine de pouzzolane à Dalhousie soit soumis à une évaluation d’impact environnemental fédérale. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose L’AÉIC ajoute que plusieurs lois fédérales, notamment la Loi sur les pêches, la Loi sur les espèces en péril et la Loi canadienne sur la protection de l'environnement, suffiront à traiter les effets négatifs de l’exploitation de pouzzolane à Dalhousie. L’évaluation d’impact environnemental qui sera effectuée au Nouveau-Brunswick et les dispositions prévues dans plusieurs législations provinciales, comme le Règlement sur la modification des cours d'eau et des terres humides et le Règlement sur la qualité de l'air, contribueront aussi à bien encadrer ces effets négatifs, estime l’AÉIC. Il n'a pas été possible de joindre le co-porte-parole du groupement citoyen ayant demandé que le projet soit soumis à l’évaluation d’impact fédéral. Toutefois un autre membre de Non Merci, Pozzolan Dalhousie, Léo Ouellet a accepté de commenter. Le résident de Miguasha , une communauté gaspésienne située en face du site proposé pour la mine, se dit déçu de la décision. Il dit ne pas comprendre que le projet de mine à Dalhousie puisse échapper au processus d’évaluation alors que le site de l’AÉIC indique clairement que l’organisme est chargé de réaliser des évaluations d’impact sur de grands projets d’exploitation de ressources naturelles. Moins de trois kilomètres séparent la ville de Léo Ouellet de celle où pourrait se développer le projet d’exploitation minière.
Photo : Radio-Canada / Serge Bouchard Les raisons avancées pour justifier la décision, notamment qu’une étude d’impact environnemental sera menée au Nouveau-Brunswick, n’ont rien pour le rassurer. Invité à réagir à la décision de l’AÉIC, le maire par intérim de Baie-des-Hérons, Denis McIntyre, n’a pas souhaité accorder d’entrevue à Radio-Canada et s’est contenté de dire que sa municipalité souhaite que le projet soit sécuritaire. Gail Fearon, ancienne conseillère municipale de Dalhousie, s'inquiète des conséquences du projet de mine de pouzzolane proposé à Dalhousie. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Serge Bouchard Gail Fearon, qui est membre d’un groupe citoyen de la région de Dalhousie qui s’oppose au projet de mine, partage pour sa part les inquiétudes de ses voisins de l’autre côté de la baie des Chaleurs. Elle s’interroge notamment sur la pollution que pourrait causer cette mine à ciel ouvert à Dalhousie, une municipalité marquée par son passé industriel. Elle compte organiser au cours des prochaines semaines des rencontres avec les élus provinciaux et fédéraux de la région afin de leur faire part des préoccupations citoyennes liées au projet. EcoRock Dalhousie, l’entreprise qui souhaite développer la mine de pouzzolane, accueille pour sa part favorablement la décision rendue par l’AÉIC. Pour l’entreprise, une étude d’impact fédérale aurait inutilement prolongé le projet. Le directeur général d'EcoRock Dalhousie, Francis Forlini, affirme que l'étude d'impact environnemental exigé pour le projet de mine de pouzzolane à Dalhousie devrait être soumise au printemps prochain (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose Selon M. Forlini, le gros du travail visant à soumettre le projet de mine à l’évaluation d’impact environnemental du Nouveau-Brunswick va bientôt débuter.entraîner des effets négatifs relevant d'un domaine de compétence fédérale
, M. Hubbard écrit qu’il y a d'autres mécanismes permettant aux instances fédérales, provinciales et municipales de traiter ces impacts négatifs.
Des inquiétudes de chaque côté de la baie des Chaleurs
C’est quand même une surprise et une grosse déception et il y a un petit sentiment d’injustice aussi
, avance M. Ouellet.
C’est avec beaucoup de respect pour nos voisins du Nouveau-Brunswick, mais nous au Québec, on n’est pas rassurés par le fait que ce soit les lois au Nouveau-Brunswick qui soient appliquées parce qu’elles sont beaucoup plus loose, si on veut, et on sait quelles grandes entreprises qui ont beaucoup d’influence sur les lois, donc nous ça ne nous rassure pas de voir que c’est eux qui mènent le jeu
, s’inquiète Léo Ouellet.
On a trois sites dans notre ville qui n’ont jamais été nettoyés, on avait un moulin de pâtes et papier, on avait CIL [un fabricant de produits chimiques] et la centrale thermique. C’était tous des projets qui, lorsqu’ils sont partis, ont laissé la pollution dans la rivière, dans notre ville
, rappelle l’ancienne conseillère municipale de Dalhousie.C’est décevant que le fédéral, nos députés, ne vienne pas nous visiter pour voir ces projets. Le projet est dans le milieu d’une ville, on ne mettra pas une mine comme ça en plein milieu d’Ottawa ou Fredericton
, se désole-t-elle.L’étude d’impact de la province soumise au printemps
Pour nous, vu qu’il va y avoir une étude d’impact au niveau provincial, le niveau de travail aurait été similaire, il aurait juste fallu faire l’étude en double
, a indiqué le directeur général d’EcoRock Dalhousie, Francis Forlini, lors d’une entrevue avec Radio-Canada.
C’est surtout au niveau des délais. De ce que je comprends de nos experts en environnement, l’étude d’impact fédérale aurait été beaucoup plus longue que celle provinciale.
Au mois de juillet, on devrait commencer à mettre des capteurs un peu partout pour mesurer le bruit ambiant. Même chose pour la qualité de l’air. On est encore loin d’avoir toutes les réponses, mais on pense que d’ici au printemps, on devrait être en mesure de déposer une étude d’impact au provincial
, dit-il.
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