La suite du procès de Sylvain Taillefer prévue en octobre

La première partie du procès de Sylvain Taillefer s’est conclue vendredi au palais de justice de Sherbrooke. L’ex-entraîneur de hockey est accusé de crimes sexuels envers sept plaignants pour des faits qui seraient survenus de la fin des années 1980 au début des années 2000, en Estrie et en Montérégie.
Les deux parties ont fait entendre leur plaidoyer sur une requête en faits similaires déposée par la poursuite au début du procès. La juge devra d'abord trancher sur cette requête avant la suite des procédures.
Pour la procureure aux poursuites criminelles et pénales, Laïla Belgharras, il n’y a aucun doute que les sept témoignages regroupent des similitudes. Elle en a énuméré dix devant la juge Claire Desgens, dont l’âge et le sexe des plaignants, mais aussi la relation d’autorité, de confiance et de dépendance que l’accusé aurait développée envers eux et leur famille.
Ce qu'on cherche à faire de manière préventive, avec la preuve de faits similaires, c'est de pouvoir anticiper les arguments qui pourraient être présentés en défense, notamment une défense de somnambulisme parce que certains gestes ont eu lieu la nuit, une défense d'accident ou de gestes involontaires parce que certains attouchements ont été faits dans un contexte un petit peu plus ambigu ou encore une défense de consentement lorsque les plaignants pouvaient consentir
, a-t-elle résumé après son plaidoyer, en entrevue.
La défense ne conteste pas l'entièreté de la requête. On ne se fera pas de cachettes
, a dit Me Adam Fontaine Métivier qui admet qu'il y a des similitudes qui peuvent être admissibles en preuve pour plusieurs plaignants.
L’avocat a toutefois soulevé des différences dans les témoignages de certaines présumées victimes, notamment sur la nature des gestes posés, mais aussi sur les circonstances et le contexte. On n’a pas un modus operandi
, a-t-il déclaré. Par exemple, les lieux où se seraient déroulées les agressions sont différents. Tous les plaignants n'auraient pas écouté de film pornographique avec l'accusé et il n'y aurait pas toujours eu présence d'alcool, a avancé la défense.
Me Fontaine Métivier a aussi réfuté le lien de confiance qui aurait été établi avec le père d’une des trois fratries qui ont témoigné. Pour la famille X, ce qu’on comprend, c’est que l’accusé n’était pas un ami de la famille
, a-t-il soumis à la cour.
La suite du procès en octobre
La juge Claire Desgens rendra sa décision le 28 août prochain au palais de justice de Sherbrooke. La magistrate pourrait admettre partiellement la requête ou la restreindre dans le cas de certains chefs d’accusation.
Accueillir une preuve et la rendre admissible, ça ne veut pas dire qu’on va l'utiliser à toutes les sauces
, a-t-elle nuancé.
Une fois la décision rendue sur la requête, Sylvain Taillefer, 59 ans, pourrait choisir de témoigner lors de la suite de son procès qui devrait avoir lieu les 8 et 9 octobre prochain. C’est aussi à ce moment que les avocats feront leurs plaidoiries sur le fond. En octobre, on ne se retrouve pas à décider s’il est probable que l’accusé ait commis ces gestes [...] mais plutôt : "Est-ce que l’accusé est coupable hors de tout doute raisonnable des gestes qui ont été allégués cette semaine?”
, a précisé Me Belgharras.
Sylvain Taillefer a assisté aux plaidoiries sans prendre de notes, cette fois-ci.
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