À 33 ans, elle supporte la mort de son conjoint en gardant leur entreprise agricole en vie
Amélie Primeau-Bureau apprend un nouveau métier pour pouvoir garder en vie son entreprise, l’Espace Hors Champs, à Austin. Elle a perdu son amoureux et associé il y a six mois, mais refuse de baisser les bras. Vincent Mousseau est mort à l’hôpital, à la suite d’un tragique accident de la route, le 28 décembre. Formé et expérimenté en agriculture, Vincent Mousseau s’occupait des jardins biologiques de fruits, de légumes, de fines herbes et de fleurs qui se trouvent sur leur terre de six acres. Il cuisinait aussi leurs récoltes pour les servir aux clients qui venaient manger une fois par semaine sur le domaine. L'Espace Hors Champs compte plusieurs jardins. Photo : Radio-Canada / Alexandra Duchaine Le couple tenait également des marchés publics, durant lesquels il vendait ses produits dans des paniers bio. Les consommateurs du coin pouvaient venir profiter des grands espaces verts, parsemés de fougères, d’herbes hautes et d’un sentier dans la forêt. Le couple louait aussi la ferme à des entreprises pour des lacs-à-l’épaule, ainsi qu'à des particuliers pour des mariages et des anniversaires de 35 personnes. Le terrain de six acres compte un chapiteau. Photo : Radio-Canada / Alexandra Duchaine Amélie et Vincent proposaient aux invités des menus champêtres de cinq services et des barbecues, composés des aliments qui poussaient dans leurs potagers. Une gamme d’activités diverses étaient offertes : cours de yoga, de danse, séances de méditation… Amélie doit maintenant tenir le fort toute seule, sans formation en agriculture maraîchère. Celle qui a un diplôme en administration des arts, qui travaillait comme directrice de production dans une compagnie de théâtre avant de lancer l’Espace Hors Champs, refuse de laisser son entreprise disparaître en même temps que son amoureux. Ce serait encore plus difficile si le projet s'arrêtait. Il y aurait une plus grande perte. Un plus grand sentiment d’absence. En janvier, un mois après la mort de son complice, elle a décidé de revoir son plan d’affaires avec une instructrice de l’École des entrepreneurs du Québec. Elle a entamé des cours pour apprendre comment piloter une ferme maraîchère bio-intensive. Elle se rend dans deux exploitations de la région deux jours par semaine pour faire des semis et toutes sortes de tâches. Les jardins d'Amélie seront plus grands l'an prochain. Elle y fait pousser de nombreuses variétés de légumes, de fruits, d'herbes et de fleurs, mais en petites quantités. Elle exploite une ferme maraichère bio-intensive à petite échelle et propose des visites guidées pour montrer aux visiteurs comment fonctionne ce modèle d'agriculture. Photo : Radio-Canada / Alexandra Duchaine Huit événements privés sont organisés au domaine cet été. Amélie embauche momentanément des chefs pour préparer les repas. Elle reprendra les marchés le 4 juillet jusqu’à la fin du mois de septembre, chaque vendredi soir, en formule 4 à 7, avec des activités comme un atelier de cuisine tunisienne. Elle reprend le travail, progressivement. « On a eu nos premiers événements sans Vincent la semaine dernière. Les gens ont aimé ça, ils ont passé un beau moment, poursuit-elle. J’étais heureuse de voir que mon entreprise existait encore. » Je suis fière de porter le flambeau. Je suis fière de continuer. Ça me garde proche de lui. Ce projet-là, c’était le rêve de Vincent. Sur le terrain se trouve un dôme qui peut être aménagé en fonction des besoins des clients. Photo : Radio-Canada / Alexandra Duchaine Depuis le 1er juin, elle mène une campagne de financement sur le site web de La Ruche pour gagner un peu de sous pendant sa formation. Elle a déjà amassé plus de 17 000 $ sur son objectif de 35 000 $. Si elle récolte cette somme, le gouvernement du Québec viendra la doubler, grâce au programme Fonds Horizons d'ici. Amélie se procurerait alors des outils agricoles et installerait plus d'aires de détente sur sa propriété, qui compte déjà un chapiteau, un dôme, un espace feu extérieur et des chaises longues près d’un étang. Le coin feu du domaine Photo : Radio-Canada / Alexandra Duchaine Son conseil pour les entrepreneurs qui vivent des difficultés? C’est difficile. C’est vraiment difficile. Vincent et moi, on était fusionnels, confie Amélie Primeau-Bureau. C’était mon meilleur ami pour mes activités de plein air, c’était mon partenaire d’affaires. On passait 100 % de notre temps ensemble.



Lente reprise


C’est de tout laisser aller. De pratiquer un lâcher-prise qui va te permettre de te dire tous les matins, je me lève, je fais de mon mieux et c’est tout. Tu ne peux pas éviter les erreurs, tu es dans un état parallèle quand tu es dans un état de souffrance continue. Tu n’es pas toute là et c’est correct.
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