Procès de Sylvain Taillefer : « Je lui disais non et il continuait »
Une troisième présumée victime a témoigné au procès de Sylvain Taillefer, accusé de plusieurs crimes à caractère sexuels sur des garçons. Devant le tribunal, Nicolas* a raconté que lui et Sylvain Taillefer ont échangé à plusieurs reprises des gestes à caractère sexuel. Le modus operandi : masturbation, fellation et consommation d’alcool. Sylvain Taillefer aurait aussi tenté de le sodomiser dans une chambre d’hôtel. Sylvain Taillefer l’avait emmené aux régates de Valleyfield. À son réveil, il avait constaté ses petites culottes remplies d’excréments. C’était tout le temps masturbation, fellation. C’était tout le temps ça. Avant la tentative de pénétration, Sylvain Taillefer avait eu plusieurs échanges sexuels avec Nicolas. Le plaignant dit avoir rencontré l’accusé dans le cadre d’une sortie scolaire. Il était alors en cinquième année, âgé de 11 ans. Selon le plaignant, l’accusé avait une vingtaine d’années. Sylvain Taillefer travaille à cette époque à l’Université de Sherbrooke comme Taillefer lui propose, après cette première rencontre, de correspondre par l’entremise de lettres L’accusé était alors entraîneur de hockey en Europe. Il revenait pour la saison estivale au Québec. Il invite ensuite le jeune garçon à l’Université de Sherbrooke pour qu'il profite des installations sportives. Ses parents acceptent de le laisser partir après avoir rencontré en personne Sylvain Taillefer. Nicolas le considère comme un Il se souvient aussi avoir touché sexuellement Sylvain Taillefer. Et le scénario s’est reproduit au moins une vingtaine de fois, selon le plaignant. Pendant quelques années, Sylvain Taillefer l’aurait amené dans son appartement, une maison de chambre et son studio à Sherbrooke, là où ils auraient échangé des rapports sexuels. Les rapports sexuels impliquaient toujours de la consommation d’alcool et se terminaient par une éjaculation, se souvient le plaignant. Souvent après des activités sportives, du magasinage, des sorties au restaurant, en karting et au ciné-parc. Sylvain Taillefer lui disait de garder ces échanges secrets. Nicolas a tenté de mettre fin à sa relation avec Sylvain Taillefer après la tentative de pénétration, fait savoir le plaignant. Les contacts sexuels auraient pris fin au milieu des années 1990. Des échanges de lettres se poursuivent jusqu’au moment où le plaignant dit avoir coupé les ponts vers l’âge de 18 ans. Plus de 20 ans après les événements, Nicolas s’ouvre sur les faits à la mère de sa fille. Il se confie ensuite à sa famille et à sa conjointe, avant de porter plainte en 2024. La peur du jugement l’a fait longtemps hésiter à aller de l’avant. C’est aussi à ce moment que ses frères s’ouvrent sur leur relation avec Sylvain Taillefer. Ils se disent eux aussi victimes de gestes à caractère sexuels de sa part. Ils témoigneront mercredi devant le tribunal. Rappelons que Sylvain Taillefer est accusé de contacts sexuels, d’incitation à des contacts et de chefs d’exploitation sexuelle et d’agressions sexuelles. Il aurait fait sept victimes de trois fratries différentes entre les années 1980 et 2000. Le contre-interrogatoire se poursuivra jeudi, alors que le procès doit suivre son cours jusqu'à vendredi. *Le prénom de la présumée victime a été modifié pour préserver son identité.J’ai enfoui beaucoup de choses dans ma tête par rapport à cette situation.
Je lui disais non et il continuait
, raconte le plaignant qui était alors en première secondaire.Je n’ai pas de mémoire si ça a fonctionné
, dit-il en sanglots.aidant
pour des activités sportives sur le campus. Il était super friendly
, dit d’emblée le plaignant.banales
et d’appels téléphoniques.grand frère
. C'est lors de cette journée que les premiers attouchements auraient commencé.J’étais un peu naïf dans le temps. Je découvrais mon corps à ce moment. Je me disais que c’était normal. Je suis un peu embarqué là-dedans
, raconte la présumée victime.C’est entre nous deux. C’est une activité qu’on fait nous deux
, lui aurait-il dit.Des années plus tard
Je ne pouvais plus garder ça en dedans. C’était la personne idéale pour en parler
, raconte le plaignant.On parle de contacts sexuels, d’incitations à des contacts, des chefs d’exploitation sexuelle et d’agression sexuelle également. C'est difficile pour eux de venir relater encore des gestes d’abus, mais ils sont contents de le faire et de pouvoir se délivrer de la situation et de tenter de faire en sorte que justice soit rendue dans leur cas
, a affirmé la procureure aux poursuites criminelles et pénales, Laila Belgharas.
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