Fiasco SAAQclic : de la « comptabilité créative » qui fait miroiter 1 G$ de bénéfices
Lors de la mise sur pied du projet CASA, qui devait mettre les systèmes informatiques de la Société d’assurance automobile du Québec (SAAQ) au goût du jour, la direction laissait miroiter que ces nouvelles plateformes pourraient générer des bénéfices de plus d'un milliard de dollars. Il a donné à titre d’exemple des économies projetées de 175 millions de dollars sur des On trouvait que c’était de la comptabilité créative un peu. Il en allait de même pour les économies de personnel projetées. Le gouvernement du Québec calcule les besoins de personnel en À titre de directeur de la vérification, il a mandaté une firme externe, KPMG, qui a confirmé ses impressions. Selon Daniel Pelletier, son équipe a, tout au long du projet, Daniel Pelletier dirigeait l’équipe de Martin Després et Martin Lapierre, dont les révélations, la semaine dernière, sur la gestion « consanguine » du projet CASA et les juteuses augmentations de salaire de certains consultants ont été particulièrement marquantes. Prévisions optimistes, échéanciers ambitieux… Daniel Pelletier et sa prédécesseure ont plusieurs fois interpellé les responsables du D’autant que les dépassements de coûts sont survenus rapidement après la signature du contrat entre la SAAQ et l’Alliance – une combinaison de la firme LGS/IBM et de l’éditeur du progiciel SAP. C’est que, pour des questions de sécurité, la SAAQ souhaitait que la plupart du travail soit effectué par des ressources en Amérique du Nord, et non en Inde. L’Alliance a donc demandé un Lundi après-midi, M. Pelletier est revenu sur les révélations faites par son collègue Martin Després la semaine dernière, selon lesquelles certains consultants du projet CASA étaient passés d'un taux horaire de 82 $ à 350 $, et ce, sans que leurs tâches changent considérablement. Il y a quelqu'un du bureau de projet qui m'a dit : "Il faut que tu prennes ça de l'autre bord. C'est un cadeau qu'on vous fait." Le bureau de projet n'a pas fourni de preuve pour détailler ce On n’était pas d’accord avec ça
, a dit l’ancien directeur de la vérification interne à la SAAQ, Daniel Pelletier, lors de son passage devant la commission Gallant.prévisions budgétaires qui n’ont jamais eu lieu dans le passé
.équivalent de temps complet [ETC]
. Or, selon M. Pelletier, la direction du projet calculait ses projections avec des fractions d’ETC
.Mathématiquement, on fait une somme de fractions, et ça fonctionne. Mais dans la pratique... un quart d'ETC à une place, un demi-ETC ailleurs... C'est un bras à une place et une tête à quelque part
, a illustré l'auditeur.voulu obtenir des suivis par rapport aux bénéfices
.On nous disait : "L'actualisation s’en vient, l’actualisation s’en vient"… mais on n’a jamais eu la "picture" sur ces bénéfices-là qui, on le sait aujourd’hui, n’existent pas.
Un extra demandé tout de suite après la signature du contrat
plan de pérennité
des systèmes informatiques de la SAAQ, devenu plus tard le projet CASA, pour leur souligner que le tout était risqué.Il y en a qui étaient tannés d’entendre que c’étaient des cibles ambitieuses
, s’est-il remémoré dans son témoignage.Aussitôt le contrat signé, l’Alliance avait déjà demandé un extra de 3 millions de dollars
, a expliqué Daniel Pelletier.extra
pour revoir ses effectifs.Les ressources, où elles sont, ce n’est pas censé nous affecter
, a estimé M. Pelletier.82 $/h à 350 $/h pour des consultants :
On vous a fait un rabais
On m'avait donné une réponse assez spéciale
, s'est souvenu M. Pelletier.Nous, on prétendait que la personne qui était à 82 $ l'heure le vendredi se transformait pendant le week-end et arrivait lundi en hyperspécialiste à 350 $ l'heure.
"La personne aurait dû être à 350 $ l'heure, et on vous l'a fait pendant un bon bout de temps juste à 82 $ l'heure"
, a relaté M. Pelletier.cadeau
. C'était parole d'Évangile
, a résumé le commissaire Denis Gallant.On vous a fait un rabais
, aurait-on tout simplement dit à l'ex-directeur de la vérification interne.
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