Comment Steeve Gagnon se serait rendu à la police, à Amqui
« Il tend les bras vers l’avant, les poings fermés, vers moi, et il me dit qu’il vient se faire mettre en état d’arrestation », raconte Stéphanie Carrier, employée de la Sûreté du Québec. Elle soutient que l’accusé, Steeve Gagnon, se serait présenté à l’entrée du poste de police quelques minutes après le drame du 13 mars 2023, qui a fait 12 victimes, dont 3 morts. Celle qui était alors agente de bureau au poste d’Amqui aurait demandé à l’homme par deux fois, à travers le plexiglas de son bureau, pour quel motif il devait être arrêté. Stéphanie Carrier ajoute que l’individu tenait son portefeuille dans l’un de ses poings tendus. Elle lui aurait demandé son nom, et il lui aurait répondu L’accusé de 40 ans a plaidé non coupable à cinq chefs d’accusation : trois pour meurtre au premier degré et deux pour avoir tenté de causer la mort en utilisant un véhicule à moteur. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Marie-Christine Rioux Lorsque Me Simon Blanchette, de la poursuite, lui demande de décrire l’individu, l’employée de la Sûreté du Québec affirme qu’il avait l’air Durant le témoignage de Mme Carrier, Steeve Gagnon sourit dans le box des accusés. Stéphanie Carrier affirme que par la suite, elle aurait indiqué à l'homme qui s'était présenté au poste que des policiers allaient venir le voir. Le poste de la Sûreté du Québec à Amqui (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes Pendant ce temps, Elle relate ensuite qu’un policier avait aperçu En contre-interrogatoire, Me Hugo Caissy, qui représente Steeve Gagnon, demande à Mme Carrier si elle a vu le véhicule garé de ses propres yeux, et si elle se rappelle quel était le nom du policier en question qui lui avait affirmé avoir vu ledit véhicule. La témoin répond par la négative. Me Hugo Caissy, à la défense, avec Me Simon Blanchette, du DPCP. Photo : Radio-Canada / Sébastien Ross L’avocat de la défense demande également des précisions quant à la façon dont l’homme s’est présenté à elle, les poings devant. La témoin répond par l’affirmative, mais ajoute que l’autre poing était aussi fermé, mimant des bras tendus vers l’avant. Un autre témoin raconte pour sa part avoir suivi l'auteur présumé de l'attaque d'Amqui jusqu’au poste de la Sûreté du Québec peu après le drame. Jeudi matin, Guillaume Parent, résident d’Amqui, raconte avoir croisé, sur le boulevard Saint-Benoît, une camionnette Ford F-150 avec un Le conducteur du F-150 aurait brusquement tourné dans une entrée privée avant l’auberge L'Ambassadeur, à gauche du salon de coiffure. Selon M. Parent, le véhicule aurait reculé pour se réengager sur le boulevard Saint-Benoît et retourner sur ses pas, et serait presque entré en collision avec le véhicule du témoin s’il n’avait pas fait une manœuvre pour le contourner en klaxonnant. Il mentionne avoir vu dans son rétroviseur la camionnette, mais une fois arrêté à la lumière rouge, devant quelques véhicules, le F-150 l’aurait dépassé par la gauche dans la voie inverse pour poursuivre sa route. Preuve déposée par le procureur Jérôme Simard, au procès de Steeve Gagnon. Photo : Guillaume Parent Il aurait alors constaté un blessé au sol sur le trottoir, avant qu’une dame ne lui désigne la camionnette en question en lançant Le tribunal a autorisé le témoin à rapporter ces propos, considérés comme des ouï-dire, puisqu’ils expliquent la raison pour laquelle il a décidé de suivre la camionnette sur le boulevard pour noter son numéro de plaque. Le témoin raconte avoir rejoint la camionnette alors qu’il conduisait normalement, à droite d’une voie double. Il en a alors profité pour prendre sa plaque en photo. Il a ensuite vu le conducteur se garer au poste de la Sûreté du Québec. Le témoin raconte avoir observé le conducteur, d’allure assez maigre, avec une barbichette et une veste rouge, qui rentrait Le procès de Steeve Gagnon pourrait durer jusqu'à huit semaines au palais de justice de Rimouski. Photo : Radio-Canada Il a ensuite pris la camionnette stationnée en photo. Le cliché a été présenté en cour, et on y perçoit en grande partie la plaque d’immatriculation du véhicule de l’accusé, inclus dans les admissions présentées à l’ouverture du procès de Steeve Gagnon. Ces admissions révèlent notamment que l’accusé était le conducteur du Ford F-150 en cause dans plusieurs collisions survenues le 13 mars 2023, et qu’aucun problème mécanique n’a été diagnostiqué dans le rapport d’inspection du véhicule. En contre-interrogatoire, l’avocat de la défense de Steeve Gagnon a relevé une contradiction entre le témoignage de Guillaume Parent au tribunal et sa déclaration faite aux policiers le 17 mars 2023. Il avait indiqué à la SQ qu’il était le troisième véhicule arrêté au feu rouge lorsque la camionnette l’a dépassé, alors qu’il a raconté au jury avoir remarqué trois véhicules devant lui. Il a aussi été admis que des personnes ont été blessées après impact avec le véhicule de l'accusé alors qu'elles étaient sur le boulevard Saint-Benoît vers 15 h le 13 mars 2023 et que trois de ces personnes sont mortes des suites de leurs blessures. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Luc Paradis Un autre témoin, Benjamin Gagnon, a raconté au jury jeudi comment il a trouvé Simon-Guillaume Bourget gravement blessé, dans un stationnement, et comment il lui a porté assistance avant l’arrivée des ambulanciers. Le témoin a affirmé avoir recueilli la tuque de la victime 20 pieds plus loin. L’homme de 41 ans a succombé à ses blessures six jours plus tard. Les ambulanciers Maxime Bernier, Sarah Lacombe et Benoît Michaud ont également expliqué en détail toute l’intervention déployée sur les lieux du drame, le 13 mars 2023. Lors du témoignage de M. Michaud, jeudi après-midi, l'accusé arborait un petit sourire et a exprimé quelques commentaires lorsque le témoin était sur le point d'annoter une photo sur un écran tactile, précisant l'endroit où se trouvait la jeune mère qui était blessée, près de l'escalier menant à La Captive. Le juge Louis Dionne a alors indiqué à Me Caissy que son client avait peut-être quelque chose à lui dire, mais l'accusé a exprimé une réponse vague, en haussant les épaules. Au total, 23 témoins, dont 5 victimes de l’attaque, ont été entendus jusqu’à maintenant dans le procès de Steeve Gagnon.Il répond : "je vous le dis pas, vous allez le savoir bientôt, vous allez avoir des téléphones"
, rapporte la septième témoin à être appelée à la barre jeudi, au cinquième jour du procès de Steeve Gagnon.Steeve Gagnon
.
très calme, sans émotion
. Il était spontané et répondait directement à mes questions
, soutient-elle.
les téléphones ne dérougissaient pas
, souligne Stéphanie Carrier. Les appels rentraient pour dire qu’il y avait un accident en cours, qu’il y avait beaucoup de blessés
, précise-t-elle.le véhicule accidenté dans le stationnement
, et que c’est là que tout s’est enchaîné pour aller voir l’individu en question
, conclut-elle.
C’est parce qu’il tenait son portefeuille…
, avance la défense.Comme pour se faire passer les menottes?
, demande Me Caissy. Oui
, a répondu l’employée de la SQ.La camionnette suivie après les collisions
hood plié en deux du côté passager
.
si personne l’arrête, il va en tuer d’autres
, cite-t-il.C’est là que j’ai vu une série de monde frappé, dont des enfants, près de La Captive
, ajoute Guillaume Parent.tout bonnement
à l’intérieur du poste de police.

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