Accélération d’un projet d’Enbridge : les Autochtones quittent les discussions
Alors que l’armée américaine a accéléré l’octroi des permis pour l'encapsulage d'un pipeline d'Enbridge dans la région des Grands Lacs, plusieurs communautés autochtones de la région s'y opposent fortement et ont décidé de se retirer des discussions. Elle n'est pas la seule. Pourtant, l'encapsulage de la ligne 5 de la pétrolière Enbridge qui passe sous ledit détroit avance. Cette ligne, vieille de 70 ans, relie les villes de Superior (Winscosin) et de Sarnia (Ontario) et 3,7 millions de litres de carburant y passent chaque jour. Tracé de la canalisation 5 d'Enbridge qui traverse le nord du Wisconsin et les péninsules supérieure et inférieure du Michigan avant de se terminer à Sarnia, en Ontario, au Canada.
Photo : Radio-Canada / Wendy Martinez/CBC Parmi le nombre colossal de décrets que le président américain Donald Trump a signés, l’un d’eux impose aux agences fédérales d’identifier les projets d’infrastructures énergétiques pour une délivrance accélérée des permis d’urgence. La ligne 5 d’Enbridge fait partie de ces projets. Ces permis d'urgence sont délivrés par le Corps du génie de l’armée des États-Unis et l’Agence de protection de l’environnement. Les communautés autochtones continuent d’évoquer les conséquences désastreuses d’une possible marée noire dans la région et ont vivement réagi à l'annonce du gouvernement américain. Six tribus [le terme Sous le détroit, la ligne 5 a déjà été frappée par l'ancre d'un navire. (Photo d'archives) Photo : Associated Press / Michigan Department of Environment, Great Lakes and Energy Dans une lettre envoyée au Corps de l'armée américaine, les communautés ont qualifié ses actions d' Les communautés autochtones préviennent qu'elles Certains résidents de la ville de Mackinaw s'opposent aussi à la construction du tunnel pour le pipeline. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Delphine Jung La ligne 5 d’Enbridge aurait déjà mené au déversement de plus d’un million de gallons de produits depuis sa construction. Cette affirmation est contestée par Enbridge, qui assure qu’au cours des 20 dernières années, seulement cinq rejets se sont produits et qu’aucun n’a entraîné la pollution de cours d’eau. La compagnie canadienne soutient qu’encapsuler ce pipeline dans un tunnel serait la meilleure solution pour éviter tout déversement dans la région des Grands Lacs. Tunnel ou pas, les communautés autochtones opposées à Enbridge souhaitent tout simplement la fermeture de ce pipeline. Dans un communiqué de presse, Whitney Gravelle rappelle que Whitney Gravelle mène le combat contre Enbridge et la ligne 5 depuis de nombreuses années. Photo : Earthjustice / Sarah Rice Dans la région des Grands Lacs, la catastrophe de Kalamazoo en 2010 est encore très présente dans les esprits. À l’époque, le bris d’une ligne d’Enbridge avait conduit au déversement de 4,5 millions de litres de bitume dans la rivière Kalamazoo. Tessine Murji, responsable de la conservation pour l'organisme Sierra Club, indique aussi que Elle ajoute que Contacté par Espaces autochtones, le Corps du génie de l’armée de terre des États-Unis n'avait pas répondu à nos demandes de réactions au moment de publier ces lignes.Même si le public a été trompé en croyant que ce projet de tunnel était sûr, la vérité est qu'il ne l'est pas.
Whitney Gravelle, la présidente de la communauté anishnabeg de Bay Mills, située au nord du Michigan, sur la côte du lac Supérieur, a toujours été opposée à ce tunnel qui serait construit sous le détroit de Mackinac.
tribu
est accepté aux États-Unis pour parler des communautés autochtones, NDLR] du Michigan ont ainsi décidé de se retirer des discussions fédérales sur la ligne 5 après avoir appris la décision du Corps des ingénieurs de l'armée américaine.
inacceptables
.Nous avons participé au processus, nous avons suivi les règles, nous avons fourni la jurisprudence, nous avons soumis les preuves, et nous avons cru que nos voix et nos droits issus des traités seraient respectés. Pourtant, une fois de plus, le gouvernement fédéral nous a mis de côté et nous a laissés tomber
, a déclaré Whitney Gravelle, dans un communiqué de presse. ne resteront pas les bras croisés pendant que [leur] souveraineté est bafouée au nom de profits étrangers
.
les antécédents d’Enbridge parlent d’eux-mêmes : déversements catastrophiques, destruction de l'environnement et mépris total de la souveraineté tribale et des droits des générations futures
.
Le détroit de Mackinac n'est pas seulement une voie navigable, c'est le cœur de la création pour les Anishinaabe et une source de vie pour tous ceux qui dépendent des Grands Lacs
, ajoute-t-elle.Ce combat ne se limite pas à un seul oléoduc : il s'agit de protéger nos eaux, nos traités et notre avenir. Nous ne pouvons pas laisser les intérêts des entreprises dicter le destin des Grands Lacs pour un autre siècle
, plaide Mme Gravelle.la construction d'un tunnel sous le détroit de Mackinac risque d'entraîner une pollution liée à la construction et de causer des dommages permanents aux écosystèmes aquatiques sensibles
.le tunnel présente un risque d'explosion important, car l'espace clos concentre des liquides de gaz naturel (LGN) hautement inflammables
.
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