La continuité libérale rassure les Fransaskois, mais la prudence demeure
Les Canadiens ont élu lundi un nouveau gouvernement fédéral. Selon le dernier décompte d’Élections Canada, il s’agira d’un gouvernement libéral minoritaire dirigé par Mark Carney. Pour les Fransaskois, une question demeure centrale : quelle place le français occupera-t-il dans ce nouveau paysage politique? Même si, durant la campagne électorale, la question du Le président de l’Assemblée communautaire fransaskoise (ACF), Denis Simard, s’est dit encouragé par la première prise de parole du premier ministre, Mark Carney, qui n’a pas tardé à mentionner les francophones dans son discours de victoire. Pour l’ACF, cette reconnaissance est un signal positif. Mais l’organisme attend surtout des engagements concrets, notamment en matière d’immigration francophone hors Québec, un enjeu central pour assurer la vitalité démographique des communautés francophones en situation minoritaire. Parmi les dossiers que l’ACF souhaite voir progresser rapidement figure aussi l’implémentation de la Loi sur les langues officielles modernisée, adoptée sous le gouvernement Trudeau. Une loi saluée comme une avancée majeure pour la protection du français, mais dont l’application concrète reste à surveiller. Ce travail de vigilance sera partagé avec d'autres institutions fransaskoises, dont le Conseil des écoles fransaskoises (CEF), qui a déjà dressé une liste de priorités à soumettre au nouveau gouvernement. Le CEF souhaite notamment que le financement fédéral pour l’éducation en français soit sécurisé, que de nouvelles écoles francophones soient construites et que le recrutement d’enseignants qualifiés soit facilité. Il espère aussi des mesures concrètes pour mieux accueillir et intégrer les familles immigrantes francophones. Pour la vice-présidente de l’Association des parents fransaskois (APF), Anne Leis, il convient toutefois de rester prudent : tout dépendra, selon elle, de la composition du cabinet que Mark Carney formera dans les prochains jours. Du côté des aînés, l’organisme Vitalité 55+ préfère également attendre la formation du cabinet avant d’émettre un jugement. Son président, Michel Vézina, souhaite voir émerger un ministère dédié aux enjeux des aînés, particulièrement sensibles dans un contexte minoritaire. La jeunesse fransaskoise, elle aussi, veut faire entendre sa voix. L’Association jeunesse fransaskoise (AJF) milite pour la création d’un ministère spécifiquement dédié à la jeunesse, avec des mesures concrètes en matière d’accès aux études postsecondaires et de participation citoyenne. Dans un contexte où le gouvernement libéral de Mark Carney devra composer avec une majorité relative, les Fransaskois espèrent ne pas être relégués au second plan. Pour eux, cette nouvelle législature représente une occasion : celle de transformer les gestes symboliques en engagements durables. Avec les informations de Julien Delfort et Charlotte Marschallfait français
au Canada a été peu abordée, la continuité politique annoncée par les résultats de cette élection rassure plusieurs organismes fransaskois.J’ai beaucoup aimé quand le premier ministre a parlé de la francophonie et de l’importance de la protéger au pays
, souligne Denis Simard.Notre objectif est d’atteindre une cible de 20 % d’immigration francophone. Mais si le premier ministre est prêt à s’engager autour de cibles de 9 à 10 %, c’est déjà un bon début
, précise Denis Simard.Peu importe le gouvernement, le combat des francophones en situation minoritaire ne sera jamais terminé
, affirme-t-elle avec fermeté.Aînés et jeunes Fransaskois veulent être entendus dans la nouvelle législature
Même si vous êtes dans une résidence pour personnes âgées, le coût de la vie vous affecte aussi. J’espère que les aînés ne seront pas oubliés
, plaide-t-il.Les frais scolaires sont de plus en plus élevés, et les jeunes ont besoin d’un gouvernement à l’écoute de leurs réalités
, rappelle Julien Gaudet, directeur général de l’AJF.
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