Étudier le zooplancton nord-côtier sous l’angle des changements climatiques
Dès juin, un groupe de chercheurs analysera le zooplancton des eaux nord-côtières. Le projet, mené par le Cégep de Sept-Îles et le Centre d’éducation et de recherche de Sept-Îles (CERSI), vise à amasser des données qui serviront de référence pour mesurer les effets des changements climatiques. Le zooplancton regroupe toutes les espèces de plancton animal, de petits organismes qui se nourrissent de matière organique. Ces derniers sont à la base de toute la chaîne alimentaire, explique la chercheuse, éthologue et directrice du CERSI, Anik Boileau, au micro de Bonjour la Côte, vendredi. Son abondance et sa diversité sont des indicateurs de la santé de l’écosystème marin, ajoute-t-elle. Le projet de recherche sur le zooplancton, amorcé en 2023, s’inscrit dans le cadre du Programme sur les données environnementales côtières de référence (PDECR) de Pêches et Océans Canada. La cueillette de données est effectuée à travers l’ensemble du pays, indique Anik Boileau. Dans la région, le projet entamera sa deuxième phase cet été. Plus précisément, c’est dans la zone maritime entre Baie-Comeau et Pointe-Noire, à Sept-Îles, que les chercheurs lanceront leurs filets. Les eaux au large de Sept-Îles foisonnent d'activité humaine. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Élia Rousseau En effet, le port de Sept-Îles occupe actuellement le second rang des ports canadiens quant au volume annuel d’activité et reçoit plusieurs navires de croisières chaque année. La zone est également une zone importante de pêche commerciale de crabe des neiges, de crevettes et de plusieurs espèces de poissons. L’équipe de chercheurs sera notamment composée d’étudiants du Cégep de Sept-Îles. Ils effectueront deux sorties par mois, de juin à octobre. À trois emplacements différents, ils récolteront le zooplancton à l’aide de filets. Ils mettront également à l’eau une sonde multiparamètres à 50 mètres de profondeur et recueilleront des données à tous les 10 mètres. En parallèle, l’équipe prévoit recueillir des données sur les mammifères marins qui seront observés en chemin, ajoute Anik Boileau. Lors de la première phase du projet, les chercheurs ont notamment été étonnés de constater la présence de rorquals bleus, de rorquals communs et de rorquals à bosse près du littoral, dans un secteur peu profond. (Photo d'archives) Photo : René Roy D’ailleurs, l’un des objectifs du projet est d’établir des liens entre le zooplancton, la présence des mammifères marins et avec les autres mesures environnementales, dont le taux d’oxygène, le taux de salinité et la température de l’eau, explique Mme Boileau. Ces données de référence permettront de constater l’évolution de l’écosystème marin dans le temps, ajoute-t-elle. Les conclusions qui en découleront pourront servir à influencer les priorités de conservation environnementale, les lois et les règlements, illustre-t-elle. Le projet doit se terminer en 2026. D'après une entrevue de Mathieu PineauC'est un secteur où il y a beaucoup d'activité humaine. Donc il peut y avoir quand même un impact sur la santé de l’écosystème
, estime la chercheuse.
Zooplancton et mammifères marins

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