Les sujets sur l’environnement absents de la campagne électorale
« Quand on écoute les politiciens, on n’entend pas beaucoup parler d’environnement ou de biodiversité », soutient Jacinthe Châteauvert, présidente du Conseil régional de l’environnement de l’Abitibi-Témiscamingue (CREAT). Son regard critique sur la campagne est largement partagé par les autres acteurs environnementaux de la région, alors que la crise géopolitique avec les États-Unis et les enjeux économiques qui en découlent font craindre un recul des préoccupations environnementales. Le développement minier, la qualité de l’air, la protection de la faune et de la flore sont des sujets importants de ce thème qui semble être oublié. Pour Marc Nantel, porte-parole du Regroupement vigilance mines de l’Abitibi-Témiscamingue (REVIMAT), Le porte-parole du REVIMAT, Marc Nantel, veut voir les candidats s’intéresser aux dossiers liés à l’environnement. (Photo d’archives) Photo : Gracieuseté : Marc Nantel Marc Nantel déplore ainsi les discours appelant au développement de pipelines dans le pays, ou encore à l’accélération de l’exploration minière. Pour lui, cette dynamique se fera forcément au détriment de la protection de l’environnement. Pour les acteurs de la région, économie et environnement ne doivent pas être considérés comme étant en opposition. Il faut voir la conservation de l’environnement comme une occasion économique. Les questions environnementales relèvent souvent d’un champ de compétence partagé entre le fédéral et le provincial. Pour autant, les dossiers environnementaux dont pourraient s’emparer les candidats à l’élection fédérale ne manquent pas dans la région. Pour Henri Jacob, président de l’organisme L’Action boréale, le dossier de protection du caribou forestier, dont la harde de Val-d’Or ne compte plus que neuf individus, devrait être porté par les candidats de la circonscription Abitibi–Baie-James–Nunavik–Eeyou. Dans la circonscription, Sylvie Bérubé, Steve Corriveau, Mandy Gull-Masty et Thai Dillon Higashihara tentent de convaincre les électeurs de voter pour eux. Le dossier de la qualité de l'air est surveillé à Rouyn-Noranda depuis plusieurs années. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Jessica Gélinas Un autre problème qui peut être réglé au niveau fédéral concerne l’importation de matières résiduelles dangereuses, alors que la Fonderie Horne de Rouyn-Noranda reçoit des intrants hautement contaminés. Marc Nantel aimerait voir des candidats proposer Des déchets industriels sont transportés à la seule fonderie de cuivre du Canada. (Photo d'archives) Photo : Youtube/Glencore Alors que l’idée d’abolir les frontières provinciales pour protéger l’économie fait son chemin, la dynamique devrait être la même en matière de gestion de l’environnement selon Yves Grafteaux, directeur général de l'Organisme de bassin versant du Témiscamingue. La rivière des Outaouais est séparée entre le Québec et l’Ontario. Yves Grafteaux est directeur général de l'OBVT, un organisme régional ayant pour objectif la protection et l'amélioration de la qualité de l'eau. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Guillaume Renaud Pour Yves Grafteaux, les candidats pourraient également porter un discours fédéral sur le développement des stations de lavage de bateaux, afin d’éviter la propagation d’espèces aquatiques envahissantes. Le lavage des embarcations nautiques est la méthode privilégiée pour éviter la prolifération des espèces exotiques envahissantes comme le myriophylle à épis. (Photo d’archives) Photo : Radio-Canada / Alexia Martel-Desjardins Yves Grafteaux espère également qu’un député demandera de revoir l’encadrement de la navigation de plaisance, aujourd’hui comprise dans la Loi sur la marine marchande de 2001, qui ne pose quasiment pas de limites à la navigation. Jacinthe Châteauvert du CREAT a reçu un prix de reconnaissance lors du Gala Reconnaissance du Réseau des femmes en environnement, en 2024. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Boualem Hadjouti Il s'accorde également avec Jacinthe Châteauvert, qui met en garde contre les Depuis son élection, le président américain Donald Trump a plusieurs fois manifesté son intérêt pour les ressources en eau canadiennes. Certains réalisent avec amertume que les candidats déclarés ne montrent pas d’intérêt pour les questions environnementales, mais ils espèrent toujours une meilleure prise en compte de ces sujets d’ici le jour du scrutin, le 28 avril.l’inquiétude qui a été transmise à la population sur l’insécurité économique fait que les citoyens sont prêts à accepter n’importe quelle décision gouvernementale donnant l’impression qu’on les protège dans leur quotidien, dans leur emploi. Et on sent que l’environnement n’est plus un enjeu au niveau politique.

J’ai l’impression que le message est toujours le même : "Il faut développer, il faut y aller plus rapidement"
, évoque Marc Nantel, regrettant que tous les partis aient la même réaction
.De nombreux dossiers à mener au fédéral
Du côté fédéral, quand une espèce est menacée comme le caribou forestier, on a l’obligation de mener des actions pour empêcher que son habitat disparaisse
, rappelle Henri Jacob.Notre députée [Sylvie Bérubé] ne fait absolument rien sur cette question, au contraire. Elle est invisible depuis deux mandats
, ajoute-t-il.Ils sont eux aussi invisibles
, estime Henri Jacob.
que tous les intrants venant de l’extérieur du pays ne [puissent] pas dépasser tel pourcentage en arsenic ou en plomb
.Là, on aurait vraiment une diminution des émissions en arsenic dans la région de Rouyn
, affirme-t-il.
Une meilleure collaboration entre les provinces
On ne peut pas travailler en Ontario; pourtant, notre sujet principal est le bassin versant de la rivière des Outaouais, rappelle Yves Grafteaux. Ça ne se limite pas à une frontière administrative.
Affirmer la souveraineté sur la ressource en eau

C'est un problème qui existe d’un océan à l'autre, donc on devrait se structurer à l’échelle du Canada pour une solution qui bénéficierait à tous
, estime le directeur général de l'Organisme de bassin versant du Témiscamingue.
Mais il y a des zones avec des herbiers de plantes envahissantes qu’on aimerait pouvoir délimiter pour éviter de les propager. Il y a des zones où on voudrait diminuer ou filtrer la navigation de plaisance pour éviter certains impacts
, explique-t-il.
anciennes idées qu’on remet sur le tapis
. Les États-Unis regardent beaucoup l’eau douce qu’on a au Canada et au Québec
, rappelle-t-elle.Je m’attends à ce que les candidats défendent fermement la souveraineté sur les ressources en eau du Canada
, déclare Yves Grafteaux.
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