Ras-le-bol gaspésien des mesures de protection du caribou
Les élus et plusieurs entrepreneurs et représentants socio-économiques de la Haute-Gaspésie sont exaspérés. Ils demandent à Québec de mettre fin aux mesures de protection du caribou. La Haute-Gaspésie demande à Québec de mettre fin aux mesures de protection du caribou néfastes à son économie. D’une seule voix, ils réclament l’intervention du premier ministre François Legault et les ministres responsables de l’Environnement, Benoît Charette, et des Forêts, Maïté Blanchette Vézina afin qu’ils mettent fin aux mesures de protection du caribou qui plombent, selon eux, le développement économique de la Haute-Gaspésie. La présidente de la Chambre de commerce de la Haute-Gaspésie, Paule Menard Pelletier, a aussi plaidé pour que Québec considère les conséquences des mesures sur l'économie régionale. Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes Dans une sortie publique commune, une quarantaine de représentants du monde municipal et du milieu socio-économique de la Haute-Gaspésie réclament une suspension des mesures intérimaires de protection du caribou mises en place en 2019 en attendant un plan de protection. Ils souhaitent obtenir une directive claire voulant que les mesures contenues dans le projet pilote annoncé en avril 2024 ne s’appliquent pas sur le territoire. Ils estiment que des orientations et des décisions prises actuellement par Québec émanent directement du projet pilote lancé en avril dernier, même si le projet n’a jamais été officiellement adopté. Québec a en effet lancé une consultation sur sa proposition qui s’est terminée à la fin octobre, mais n’a pas publié le résultat de ces consultations ni indiqué ses intentions et conclusions quant à l’application du plan proposé dans le projet pilote. Une des propositions importantes du projet pilote est la création de deux grandes zones d’habitat en restauration (ZHR) d’environ 5000 km2 et des massifs de conservation de 910 km2 en Gaspésie. Pour assurer la survie du caribou, la perturbation de ces territoires ne devrait pas dépasser 35 %. La zone d'habitat en restauration, qui encercle le parc national de la Gaspésie, fait 5 kilomètres carrés Photo : Radio-Canada Le problème pour la Haute-Gaspésie, c’est que le territoire de protection s’étend jusqu’au fleuve et couvre des endroits habités ou ciblés par les principales activités économiques de la région. La MRC et les entrepreneurs dénoncent notamment que l’interdiction d’accès à de nombreux sites bloque le développement du plein air non motorisé, de l’aménagement forestier ainsi que la création de futurs parcs éoliens. La mise à pied récente de 18 travailleurs de l’usine de Damabois Cap-Chat a ébranlé le préfet de la MRC, Guy Bernatchez. Pour lui, c’est l’élément de trop. Martin Lavoie de Damabois était d’ailleurs parmi les entrepreneurs présents. M. Lavoie rappelle que l’entreprise a investi 30 M$ en 2021 dans la modernisation de l’usine de Cap-Chat. Martin Lavoie de Damabois est venu expliquer pourquoi l'entreprise a dû fermer temporairement son usine de Cap-Chat. Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes L’entreprise ne peut plus récolter le bois sur son territoire traditionnel de coupe et doit maintenant récolter son bois à plus de 230 km de l’usine. Des coûts supplémentaires de transports et l’embauche de nouveaux opérateurs forestiers compliquent le travail et viennent miner la rentabilité de l’entreprise. Damabois évalue ses pertes à près de 1 M$ par année. Les solutions pour rouvrir l’usine ont été présentées au gouvernement. Pour Sarah-Maude Poirier, copropriétaire de l’entreprise de ski hors piste Cap Castor, la Haute-Gaspésie est dans une impasse créée par l’incertitude sur les orientations de Québec. Cap Castor gère un territoire privé, mais l’accès au territoire public, comme le parc de la Gaspésie, reste un moteur puissant pour les entreprises de plein air de la Haute-Gaspésie. Pour Sarah-Maude Poirier de Cap-Castor, le manque d'accès au territoire pour les entreprises de plein air a des répercussions dans toute la MRC. Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes Elle ajoute que le fait de n’avoir aucune indication sur l’accès futur au territoire freine le développement de son entreprise et même le compromet. Pour la femme d’affaires, moins de territoire à arpenter, c’est aussi moins de clientèle, des entreprises spécialisées, mais aussi des restaurants qui ferment leurs portes. Le maire de la municipalité Saint-Maxime-du-Mont-Louis, Claude Bélanger, se sent d’ailleurs abandonné par le gouvernement. Le préfet de la Haute-Gaspésie veut que Québec réévalue la dimension de la zone d’habitat à restaurer qu’il estime trop grande pour les 11 caribous encore en liberté. Simon Deschênes, maire de la ville de Sainte-Anne-Des-Monts, fait d’ailleurs valoir que la ZHR est une contrainte importante qui rend presque impossible l’implantation de nouveaux parcs éoliens en Haute-Gaspésie. Actuellement, 19 caribous de la Gaspésie vivent en captivité, dont six jeunes nés en 2024. Onze bêtes ont été repérées en liberté lors du dernier recensement. (Photo d'archives) Photo : Louis Fradette Québec, dit-il, se demande souvent ce qui pourrait être fait pour aider la MRC. L’accès au territoire pour des projets éoliens permettrait, explique le maire, aux petites municipalités de l’est de percevoir des revenus sous forme de redevances de la part des exploitants des parcs éoliens. Le préfet Bernatchez juge aussi que Québec et Ottawa doivent investir pour sauver le caribou que ce n’est pas qu’aux gens de la région de subir les impacts des mesures de protection. C'est un devoir de société d'essayer de sauver le caribou. Donc, il faut que ce soit tout le monde au Québec et au Canada qui paye la note, pas juste les hauts gaspésiens. Le préfet croit que de solutions comme la supplémentation, un aménagement de la forêt par de la plantation et agrandir les enclos de maternité pourraient être aussi évaluées. Tous croient que Québec pourrait trouver un meilleur équilibre entre la protection du caribou et le développement des communautés. Pour l’instant, disent-ils, ces mesures contribuent à appauvrir une MRC déjà parmi les plus dévitalisées du Québec.
Un projet en marche

Damabois ferme
On veut éviter l'effet domino.
Le plan caribou est arrivé, donc il était censé nous donner des compensations. Malheureusement, il n'y a pas de programme
, commente M. Lavoie qui demande à récupérer son parterre de coupe historique. 
On baisse nos coûts en rapprochant les opérations, puis on récupère des entrepreneurs forestiers. On a deux défis, on n'a pas juste une question d'argent.
, indique Martin Lavoie.Un frein au développement du plein air
On veut de la clarté. On veut que ce soit équilibré.
Les touristes qui débarquent ici ne le font pas seulement que pour une destination, mais l'ensemble de l'œuvre. C'est-a -dire qu'ils vont oui utiliser mon entreprise guidée sur mes terres privées, mais également sur les secteurs publics avec moi ou une autre entreprise ou y aller également en autonomie
, commente Mme Poirier. 
C'est difficile d'aller chercher du financement parce que les portes sont fermées parce que les prêteurs ou la MRC sont également dans le flou.
Un certain pourcentage de sa clientèle provient de la région. Si l'économie va mal, c'est dans le secteur des loisirs que les gens vont couper en premier.
C'est la survie de la Haute-Gaspésie, c'est ça qui est en jeu présentement.
Revoir les mesures
C'est une cloche de verre sur notre territoire, de la mer au parc jusqu'au sud du parc. Il y a plus moyen de ne rien faire.

Là, on parle de fermer des chemins sur le territoire libre où les chasseurs n'ont jamais vu de caribou. Ça ne fait pas de sens.
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