Francophonie à l’Université d’Ottawa : des postes toujours vacants inquiètent
Des postes francophones de direction laissés vacants depuis plusieurs mois à l’Université d’Ottawa, suscitent plusieurs inquiétudes sur le campus. Le poste de vice-recteur à l'international et à la francophonie est vacant depuis plus d’un an maintenant. À la faculté de médecine, c’est le poste de vice-doyen aux affaires francophones qui est vacant depuis plusieurs mois. Professeurs et étudiants s’inquiètent de l’état de la francophonie sur le campus, alors que se termine le Mois de la francophonie. Joël Beddows, vice-doyen des programmes à la Faculté des arts, considère la situation comme regrettable. Depuis le départ de Sanni Yaya au printemps 2024, le vice-rectorat à l'international et à la francophonie n’a pas été pourvu. Pour les gens qui ont à cœur l'offre des programmes en français, surtout dans un contexte franco-ontarien, c'est comme si on n'avait pas notre leader. Je souhaite que cette personne soit nommée le plus rapidement possible parce que c'est une référence. Joël Beddows, vice-doyen des programmes à la Faculté des arts à l'Université d'Ottawa Photo : Capture d'écran Radio-Canada Une situation qui fait sourciller alors qu’en 2019, un plan d’action sur la langue française avait déjà vu le jour. Son but : renforcer la présence et la gouvernance francophone à l’Université d’Ottawa par le biais de recommandations. Deux ans plus tard, en août 2021, le vice-rectorat a publié un rapport qui a fait la synthèse des consultations de la communauté universitaire francophone. On décrivait notamment une Un appel à une meilleure représentativité et inclusion des francophones auprès de l’institution postsecondaire avait aussi été évoquée. Le recteur de l’Université d’Ottawa, Jacques Frémont, maintient que la francophonie est dans un état Le recteur de l'Université d'Ottawa souligne l'offre de programmes en français. Photo : Capture d'écran Radio-Canada Le recteur met de l’avant le développement de programmes en français. M. Frémont avoue que Même son de cloche de la part de la doyenne intérimaire à la Faculté de médecine, la Dre Melissa Forgie, qui rappelle, dans une déclaration écrite, que la faculté est la seule à l’université à intégrer un vice-doyen consacré aux affaires francophones au sein de sa structure de direction. La vice-doyenne de la Faculté de médecine de l'Université d'Ottawa, Melissa Forgie. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada Selon la Dre Forgie, le processus pour combler le poste de vice-doyen est en cours, Jacques Frémont a précisé que le processus d'embauche pour le poste de vice-recteur chargé de l’international et de la francophonie ne sera pas, quant à lui, lancé avant celui du nouveau recteur. Plusieurs étudiants dénoncent l’absence de cours et de professeurs francophones. La francophonie oui, ça coûte cher, mais on est une université bilingue, on est la plus grande université bilingue au monde. Puis encore une fois je ne peux pas [terminer] mon programme complètement en français sans suivre des cours en anglais. Carolina Gonzales, vice-présidente francophone à l’Association des étudiants en génie dit que plusieurs de ses amis, dès la 3e année, doivent suivre des cours de programmation en anglais Dre Forgie reconnaît que le recrutement de membres francophones du corps professoral demeure La professeur Geneviève Tellier concède que les pressions sont nombreuses, notamment au niveau du financement réduit par les gouvernements. Geneviève Tellier est professeure titulaire en études politiques à la Faculté des sciences sociales de l’Université d’Ottawa. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Pierre-Olivier Bernatchez L’hôpital Montfort a un partenariat important avec l’Université d’Ottawa. Chaque année, plus de 1600 étudiants complètent des stages dans cet hôpital francophone. Une majorité d’entre eux proviennent de l’Université d’Ottawa. Dominic Giroux, PDG de l'Hôpital Montfort (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Francis Ferland L’Hôpital Montfort dit vouloir continuer d’offrir un soutien à l’université, Ça envoie un très mauvais message
, souligne Geneviève Tellier, professeure titulaire en études politiques à la Faculté des sciences sociales de l’Université d’Ottawa. Comme quoi la francophonie n’est pas une priorité, selon elle.
émergence de la francophobie
. L’Université d’Ottawa se défend
beaucoup plus dynamique et beaucoup plus vigoureux
depuis son entrée en poste il y a neuf ans. Ce dernier termine son mandat en juin.Je tiens à vous rappeler qu'actuellement, tous les vice-recteurs à l'Université d'Ottawa sont francophones. Je n’ai pas un anglophone dans le groupe, il n'y a jamais eu [autant] de francophones
, a-t-il clamé.
Vous l'avez vu depuis que je suis là, il n'y a pas un programme en français qui a été coupé. Au contraire, on a rajouté des programmes.
tout n’est pas parfait
quant à l’état de la francophonie sur le campus, mais l'aiguille a bougé, je dirais, substantiellement.
Bien des postes clés à la Faculté de médecine sont présentement occupés par des Franco-ontariens, des Québécois très sensibilisés à la francophonie en milieu minoritaire, des étrangers bien installés au Canada en provenance de pays francophones et de gens parfaitement bilingues
, relate-t-elle.
un processus important qui ne peut pas se faire du jour au lendemain
. 
Manque de cours et de professeurs en français
parce qu'ils n'ont pas le choix
.un défi critique
.Il s'agit d'une priorité essentielle pour les affaires francophones et la Faculté de médecine
, explique-t-elle.Où s’en va la francophonie?
Je vous dirais qu'à mon avis, on est sur pause en ce moment, on ne sait pas trop où on s'en va avec la francophonie
, ajoute Mme Tellier.
Quelques avancées ont été faites ces dernières années lorsqu'on a commencé à développer des règlements sur l'application du français à l'université
, reconnaît la professeure. Toutes les communications de l'université doivent commencer en français. [...] Donc il y a eu des choses comme ça, des initiatives qui sont intéressantes, mais si l'on regarde le reste, moi je reste sur ma faim.
Montfort compte sur les finissants francophones

La relation entre Montfort et la Faculté [de médecine] est positive et ensemble, nous avons fait avancer des dossiers importants pour la francophonie dans la dernière année et demie
, soutient Dominic Giroux, président-directeur général (PDG) de l’Hôpital Montfort.L’absence d’une permanence au vice-décanat aux affaires francophones, le besoin d’intervention quant aux priorités de la faculté pour 2025-2030 et les préoccupations du corps professoral et des étudiants francophones méritent l’attention immédiate de la faculté et de l’université
, a déclaré le PDG.dans l’objectif d’accroître l’impact de l’enseignement et de la recherche en santé en français
.
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