L’UQTR veut protéger ses chercheurs qui iront aux États-Unis
Donald Trump mène une offensive contre les universités américaines depuis son retour au pouvoir. Le penchant idéologique de son administration se fait-il sentir dans les universités canadiennes? Christian Blanchette, recteur de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), affirme que oui. L'Université du Québec à Trois-Rivières prépare actuellement une directive qui devrait être rendue publique la semaine prochaine. Les États-Unis sont d'ores et déjà considérés comme ayant un régime politique intolérant par certaines universités. Des mesures de sécurité pourraient être proposées dans cette directive de l'UQTR, par exemple en retirant certains propos politiques sur les réseaux sociaux et dans les appareils électroniques personnels, voire en changeant des mots de passe, puisque les autorités américaines sont autorisées à faire des fouilles sur ces plateformes. Le gouvernement américain a interdit certains mots et a retiré le financement de sujets de recherche qu’il considèrent désormais comme étant L'existence de l'Institut de recherche sur l'hydrogène de l'UQTR pourrait-elle être remise en question à cause des politiques de l'administration Trump? À cette question, M. Blanchette répond que cet institut n'est pas en danger ici mais qu'il pourrait l'être aux États-Unis. « Tout à fait : on a des collaborateurs aux États-Unis qui travaillent sur le même sujet et, effectivement, ils ont dû suspendre leurs recherches sur cette question-là. » Christian Blanchette a eu une rencontre vendredi dernier avec des recteurs et des rectrices du Canada. Lui et son équipe ont même convenu de cibler les universités américaines pour faire connaître les possibilités à Trois-Rivières afin de poursuivre une carrière universitaire. Il souligne également les impacts considérables qu’auront les politiques de censure sur nos voisins du Sud. Un groupe de recherche, pour qu’il soit efficace, [nécessite environ] 15 ans pour le préparer, le monter, le structurer. Imaginez : des décennies d’efforts vont être détruites. Christian Blanchette observe que l’affaiblissement des États-Unis dans ce secteur pourrait favoriser d’autres pays, qui pourraient éventuellement profiter de cette nouvelle posture. Il s’attend également à ce que les décisions de l’administration Trump aient des répercussions sur les retombées économiques du pays. D'après une entrevue réalisée au Téléjournal Mauricie–Centre-du-QuébecPour les pays où le régime politique est intolérant ou un pays qui est en zone de guerre, on demande aux professeurs, aux chercheurs et aux étudiants de déclarer leur voyage à nos services pour que ceux-ci soient prêts à faire face à toute éventualité
, note M. Blanchette.« Tout le monde universitaire est touché »
Tout le monde universitaire est touché d’une certaine manière, même si nos chercheurs ne reçoivent pas de financement des organismes subventionnaires américains
, affirme Christian Blanchette. Il considère que toutes les universités sont touchées tout simplement parce que les chercheurs américains sont nos collaborateurs
.intolérables
, des sujets qui concernent par exemple les femmes ou encore les inégalités sociales. C’est toute une série d’enjeux qui déterminent la santé des populations
, s’inquiète le recteur.Exode potentiel des cerveaux
Ce qu’on entend, c’est qu’il y a beaucoup de chercheurs canadiens qui sont présentement aux États-Unis et qui appellent afin de voir s’il n’y a pas de possibilités pour eux de revenir au pays. C’est la même chose pour les chercheurs belges
, remarque-t-il.C’est certain que les États-Unis s’affaiblissent grandement par ce genre de politiques, parce que c’était le pays à l’échelle mondiale où il y avait le plus grand effort de recherche universitaire, et la richesse américaine, elle découle de ça
, explique M. Blanchette.La recherche fondamentale a un impact économique 10 ans dans le futur.
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