Michel Angers ne se représentera pas comme maire de Shawinigan
Le maire de Shawinigan, Michel Angers, annonce qu’il ne briguera pas la mairie de la Ville qu’il a dirigée pendant près de 16 ans. Pour la première fois depuis 2005, le bulletin de vote de l'élection municipale de Shawinigan n’offrira pas l’option de voter pour Michel Angers. Dans une entrevue avec Jonathan Roberge pour le Téléjournal Mauricie-Centre-du-Québec, Michel Angers a annoncé qu’il renonçait à se présenter à nouveau à la mairie, et qu'il fermait la porte à un saut en politique provinciale ou fédérale. M. Angers affirme que sa décision était connue depuis sa victoire en 2021 par sa famille, qui savait qu'il s'agissait de son dernier mandat. L'élu affirme qu'il quitte son poste avec le sentiment du devoir accompli. Il y a 15 ans, on devait repartir à zéro, la ville était dans un état lamentable à cause de la fermeture des grandes entreprises. Donc il y avait tout un défi qui nous attendait à ce moment-là. J'avais le goût de relever ce défi et j'ai toujours eu des équipes extraordinaires au fil des années, qui nous permet aujourd'hui de voir les résultats un peu partout à travers la ville et qui me permettent d'être serein face à cette décision. M. Angers est électricien de carrière, il a travaillé à l'usine de Shawinigan de la Société d'électrolyse et de chimie Alcan. Il s'est notamment fait connaître dans le milieu syndical avant d'être maire, après avoir été président de sa section locale, il est devenu président du Conseil central du Cœur-du-Québec. M. Angers va donc se retirer après quatre mandats à la tête de Shawinigan. Il est devenu maire deux ans après la fermeture de l’usine de pâtes et papier Belgo, un employeur important dans la région. Une partie importante de son mandat à la tête de Shawinigan a été passé à gérer la suite des choses après la fermeture de l’usine et à tenter de piloter une diversification de l’économie. Il a notamment misé sur les petites et moyennes entreprises pour relancer les affaires en ville. Il regrette toutefois de ne pas avoir été capable de terminer le dossier de nettoyage et de valorisation de l'ancien site industriel. Il a notamment pu inaugurer le Centre d'entrepreneuriat de Shawinigan, un incubateur qui abrite maintenant le Digihub, la brasserie Le Trou du diable et une vingtaine de petites entreprises. Il a aussi orchestré la revitalisation du terrain de l’ancienne usine de papier Laurentide dans le secteur Grand-Mère, avec l’inauguration de la marina de Shawinigan. M. Angers, et d’autres politiciens de la région, ont aussi réussi à attirer la construction de la future usine d’hydrogène que prévoit TES Canada à Shawinigan. Les dernières années du mandat de Michel Angers ont toutefois été marquées par plusieurs controverses et plusieurs difficultés dans certains projets. Son bilan a été plus récemment entaché par le scandale de Culture Shawinigan, qui a éclaboussé son style de gestion. Un rapport de la Commission municipale du Québec (CMQ) publié en décembre 2024 avait fait notamment état d’une mauvaise gestion, d’un abus des fonds publics et d’une ingérence politique dans les affaires de Culture Shawinigan. L’administration municipale dirigée par Michel Angers a aussi été hantée par les nombreux problèmes techniques et les coûts grandissants du dossier de l’eau potable. Le dossier de la Station de traitement de l’eau du Lac-à-la-Pêche (STELAP), qui n’est toujours pas réglé, a fait couler beaucoup d’encre et englouti d’importantes sommes d’argent depuis ses débuts. M. Angers affirme que le fiasco de la STELAP est l'événement qu'il regrette le plus de son passage à la mairie., Ça fait déjà 3 ans et demi qu'on attend après les mesures gouvernementales. Il y a des firmes qui se battent à coups de millions de dollars pour tenter d'éviter d'être déclarées coupables, elles vont être déclarées coupables. Le gouvernement du Québec sera remboursé. Je vous avoue que, en termes d'énergie, ça a siphonné énormément de temps à mes équipes, à un point tel qu'il y a plusieurs personnes qui ont quitté Il affirme qu'il a choisi d'attendre d'avoir la confirmation de l'obtention des fonds provinciaux pour le dossier de la STELAP avant d'annoncer qu'il ne se représenterait pas à la mairie. L'ancien premier ministre Jean Chrétien est surpris du départ de Michel Angers. Ils se sont vus il y a quelques jours et il n'a jamais été question de retraite. Le conseiller municipal Jean-Yves Tremblay sollicitera un onzième mandat lors du scrutin de novembre. Il se souvient que lors de l'arrivée de Michel Angers à la mairie, Shawinigan vivait des moments difficiles. Déficits, déclin de la population, fermeture d'usines, Jean-Yves Tremblay croit que le maire sortant a réussi à redresser la ville. La conseillère municipale Nancy Déziel aussi salue le leadership de Michel Angers. André Berthiaume n'a pas d'éloges à faire au maire sortant. Il est celui qui subit le plus les impacts des disfonctionnements de l'usine de filtration du Lac-à-la-Pêche. L'usine déverse ses rejets dans un ruisseau qui coule sur son terrain. Il s'est régulièrement présenté au conseil municipal pour demander des comptes à l'administration. D'après une entrevue au Téléjournal Mauricie-Centre-du-Québec et les informations de Louis CloutierUn mandat de diversification de l’économie après la fermeture de la Belgo
Je suis ici depuis 15 ans et demi et c'était déjà là [...] c'est dommage, j'avais de beaux projets, d'excellents projets, de belles rencontres avec des promoteurs. Je laisserai probablement à mon successeur le soin de refaire ces contacts-là. Mais chose certaine, il y a de très beaux projets et pour la Belgo
, dit-il.Une fin de règne marquée par les difficultés
Des réactions à son départ
Il a été un très bon maire dans mon esprit. Évidemment, je suis un peu surpris qu'il prenne sa retraite, il n'est pas très vieux
, affirme celui qui habite encore à Shawinigan. Il a remonté le moral aux troupes et tout le monde a mis l'épaule à la roue
, se rappelle-t-il. Il a su insuffler l'espoir aux gens de Shawinigan, ramener la fierté
, affirme-t-elle.Il est temps qu'il y ait du changement. Monsieur Angers, on l'a vu dans le rapport de la CMQ, il dirige la ville un peu comme si c'était à lui, une compagnie qui lui appartient complètement
, critique-t-il.
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