Un délinquant dangereux reconnaît qu’il n’est pas prêt à sortir de prison
À 54 ans, Stéphane Harding a passé la plus grande partie de sa vie en prison. Il est ce qu'on appelle un individu « institutionnalisé ». Depuis l'âge de 19 ans, Harding a multiplié les crimes avec violence et il a commis plusieurs agressions sexuelles, dont la plus grave, en 2003, a laissé d'importantes séquelles à sa victime. En 2006, Harding a été condamné à une peine indéterminée puisque la cour l'a déclaré délinquant dangereux. Les commissaires ont écouté avec patience le récit de la vie misérable de Stéphane Harding. Il a été élevé au sein d'une famille où régnait la violence. Son père alcoolique battait sa mère, parfois ses frères; lui aussi a essuyé des coups. Puis il a été agressé sexuellement par un oncle. Très tôt, il a perdu le goût de vivre. Stéphane Harding a commencé à consommer de l'alcool tout comme des stupéfiants, ce qui lui a fait perdre ce qu'il avait, son travail, ses deux enfants, et il s'est retrouvé à la rue, sans domicile fixe. En octobre 2003, il a commis une agression sexuelle particulièrement brutale dans les toilettes d'un bar de Montréal, blessant gravement la victime. Ce matin, Harding a dit aux commissaires qu'il a mis du temps à comprendre d'où venaient sa violence et sa colère. En détention, quand il a revu les détails de son dossier criminel, il n'y croyait pas. C'est à ce moment qu'il a décidé de se prendre en main et de faire ce qu'il fallait pour essayer de changer. En octobre 2003, Stéphane Harding a commis une agression sexuelle particulièrement brutale dans les toilettes d'un bar de Montréal, blessant gravement la victime. Photo : Radio-Canada Pendant plusieurs années, son incarcération a été mouvementée et ponctuée d'épisodes violents. Il a écopé de plusieurs séjours en isolement. Puis, il a accepté l'aide des intervenants, s'est investi dans des thérapies et il prend la médication recommandée pour ses problèmes de nature psychiatrique. Le détenu demeure pourtant réaliste et quand la commissaire Sandra Brouillette lui a demandé ce que 22 ans de détention lui avaient appris, Harding a répondu avec une voix étranglée par l'émotion : Après une courte délibération, les deux commissaires ont rendu leur décision. Sans surprise, ils ne lui ont pas accordé de semi-liberté, mais l'ont encouragé à poursuivre le travail entrepris. Stéphane Harding a encore du chemin à faire, ce qu'il reconnaît d'ailleurs. Cependant, les commissaires ont souligné qu'il fait des progrès concrets, la preuve étant que le Service correctionnel a abaissé sa cote de sécurité de maximale à moyenne et qu'il est considéré comme ayant un comportement conformiste. La commissaire Brouillette a salué son attitude positive et l'a félicité de garder espoir, avant de lui souhaiter bonne chance pour la suite.Aujourd'hui, je ne demande pas à sortir de prison
a dit le détenu aux deux commissaires qui présidaient son audience devant la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC). Je veux juste vous dire que je suis un humain et vous montrer tout ce que je fais pour m'améliorer.
À 11 ans, je voulais mourir
, a-t-il dit aux commissaires. J'étais révolté, j'en voulais à tout le monde.
Le mal est toujours en moi
Je pensais que mon dossier avait été trafiqué!

Je sais que le mal est toujours en moi. Je sais que je ne serai jamais guéri, ni les victimes. Je n'attends pas le pardon, je veux juste montrer que je suis rendu un homme. Je fais des efforts.
Décision sur le banc
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