Construire des minimaisons, un parcours semé d’embûches
Le prix moyen d’une maison au Manitoba en 2025 est d’environ 380 000 $, selon l'Association canadienne de l’immobilier. Les maisons construites par Jonathon et Elana Penner, les propriétaires de Tiny Homes on the Prairie, coûtent environ 150 000 $. Ces derniers font partie des rares constructeurs de minimaisons au Manitoba. Selon eux, la province est à la traîne dans le développement de ce marché. Les Penner ont lancé leur entreprise de minimaisons, Tiny Homes on the prairie, il y a sept ans. Une minimaison est une maison de très petite dimension qui permet de vivre dans un espace fonctionnel et efficace, selon l’Office québécois de la langue française. De manière générale, sa superficie fait moins de 46,45 mètres carrés (500 pieds carrés). Une minimaison construite par l'entreprise Tiny homes on the Prairie est immobilisée grâce à des blocs de béton. Photo : Soumis par Elana Penner Les constructions des Penner entrent dans ces dimensions. Leur plus grande minimaison fait 33,45 mètres carrés (360 pieds carrés). La structure repose sur une remorque, ce qui permet de la déplacer facilement, mais aussi de l'immobiliser au besoin. Ces habitations ressemblent à des caravanes. Pourtant, elles peuvent servir de maison toute l’année, même au Manitoba, même en plein hiver. Les murs de cette petite maison sont construits selon les mêmes normes que celles utilisées dans le Code du bâtiment du Manitoba. Les employés de Tiny Homes on the Prairie construisent une minimaison. Photo : Soumis par Elana Penner C’est ce qui explique en partie le fait que leur production est lente. Depuis leurs débuts, ils en ont construit seulement sept, soit une moyenne d’une par an. Toutefois, ils se sont aussi heurtés aux réglementations inadaptées de la province et des municipalités. Au Manitoba, il est interdit de vivre dans une autocaravane et il n’existe pas de standards pour les minimaisons. Or ces informations sont difficiles à trouver, et les réglementations municipales peuvent être complexes à comprendre, comme le constate Kyle Bazylo, un agent immobilier de Winnipeg qui s’est penché sur la question. Je vais être honnête, ce n’est pas facile de trouver cette information. Selon elle, cela explique que les règles ne soient pas adaptées à ce mode d’habitation. Les Penner ont donc dû entreprendre ce travail auprès des municipalités. Plusieurs d’entre elles se sont montrées ouvertes aux habitations miniatures. C’est le cas de La Broquerie. Mais l’installation de telles infrastructures requiert tout un processus, selon le préfet de la municipalité rurale de La Broquerie, Ivan Normandeau. Le préfet de la municipalité rurale de La Broquerie, Ivan Normandeau. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Simon Deschamps Il y a beaucoup de monde qui ne veut pas voir de petites maisons, car ça pourrait diminuer la valeur de leur maison. Pour l’instant, il n’y a pas eu beaucoup de demandes. Selon le préfet, si quelqu'un veut installer une minimaison, il doit se rendre dans les bureaux municipaux Le Manitoba est à la traîne face aux autres provinces par rapport au développement du marché des minimaisons. En Colombie-Britannique et en Alberta, plusieurs communautés et villages regroupant des maisons miniatures ont vu le jour ces dernières années. Les règlements du code du bâtiment de la Nouvelle-Écosse ont même une section spécifique pour les minimaisons. Le Manitoba n'est pas la seule province à faire face à des problèmes d'arrêtés, de règlements et de zonage. Elle tente de faire légaliser les petites maisons pour qu'elles puissent être occupées de manière principale et permanente.Nous nous sommes dit que le marché de l'immobilier était si cher que nous pourrions probablement construire de petites maisons
, explique Elana Penner, la copropriétaire de Tiny Homes on the Prairie.
Nous voulions surtout qu’elles soient solides et durent toute la vie
, explique Jonathon Penner en décrivant les nombreux matériaux utilisés pour assurer l’isolation. Mousse pulvérisée, feuille de contreplaqué, fibre de verre, cerclage en bois, il a fallu beaucoup d’essais-erreurs aux Penner pour trouver la bonne formule.
Les réglementations au Manitoba, un obstacle majeur à leur développement
Toutes les municipalités ont des règles différentes
, explique Elana Penner. Si vous consultez les règlements de votre municipalité, vous devez rechercher des expressions comme habitations secondaires, logement accessoire ou maison en bande (carriage house), qui incluent les minimaisons
, ajoute-t-elle.Au Manitoba, les gens ne réalisent pas qu’ils peuvent vivre dans des minimaisons, qu’on peut survivre à un hiver là-dedans
, explique Elana Penner.Personne n'est donc allé voir sa municipalité pour demander de vivre dans une minimaison conforme aux normes de l’Association canadienne de normalisation (CSA)
, explique-t-elle.
C’est difficile de mettre des petites maisons, il faut vraiment avoir un quartier dédié à cela. Dans le village, ce serait pas mal difficile. Donc, ça serait plutôt dans le rural
, explique-t-il.pour être certain de pouvoir installer la maison dans ce coin-là
. L'information n’est pas disponible sur le site Internet de la municipalité.Développer le marché des minimaisons, un défi pancanadien
Les choses s’ouvrent, mais c’est vraiment graduel et assez lent
, explique la vice-présidente de la Tiny Home Builders Association of Canada, Pamela Robertson.Nous cherchons également à simplifier et à créer une norme spécifique aux minimaisons, en dehors de ce qui existe déjà
, explique-t-elle. Établie en Colombie-Britannique, elle souhaite développer ce standard dans sa province, avec l’espoir que ce soit transférable à travers le Canada.
Advertising by Adpathway









