L’industrie des fruits de mer de Terre-Neuve-et-Labrador se prépare aux tarifs douaniers
Le président américain Donald Trump pourrait imposer des tarifs de 25 % sur les fruits de mer canadiens dès le 2 avril, ce qui plonge l’industrie de la pêche dans l’incertitude. À moins d’une semaine de l’ouverture de la saison de la pêche au crabe, il y a de l’espoir parmi toute la panique. Danny Dumaresque, propriétaire du fournisseur de fruits de mer terre-neuviens Labrador Gem Seafoods, a affirmé mardi que plusieurs de ses clients se montrent inflexibles concernant l’implication des tarifs. Le Seafood Expo rassembre des exposants, des acheteurs et des conférenciers de partout dans le monde. Photo : Radio-Canada / Joane Bérubé Pendant qu’il était à Boston pour le Seafood Expo, plus tôt ce mois-ci, plusieurs de ses clients lui ont affirmé qu’ils voulaient que les produits de cette année arrivent avec les tarifs déjà payés. Cela signifie qu'ils espèrent que Danny Dumaresque va absorber de son côté les tarifs douaniers, cela représente un coût de 150 000 $, estime-t-il. De plus, c’est une pratique courante dans l’industrie d’envoyer du produit pour qu’il soit vendu sur place. Danny Dumaresque a beaucoup investi dans des congélateurs à Boston et ailleurs aux États-Unis pour que le produit reste frais avant d’être vendu. Danny Dumaresque est propriétaire de Labrador Gem Seafoods. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Patrick Butler Alors il doit aussi payer les tarifs sur ses produits, qui ne vont pas nécessairement finir par être achetés, ce qui veut dire que personne ne rembourse les tarifs de 25 %. Danny Dumaresque prévoit des contraintes importantes sur les flux d’argent. Danny Dumaresque travaille depuis plusieurs mois pour trouver des marchés alternatifs et ses efforts portent fruit. Depuis que le fédéral a ouvert la voie au commerce interprovincial, il voit de plus en plus de demandes de clients au Canada pour ses pétoncles. Il affirme que la demande pour cette espèce a triplé ces derniers jours. Des clients au Manitoba, par exemple, le contactent exprès, justement parce qu’ils ne veulent pas faire affaire avec des fournisseurs aux États-Unis. Lors d’une mission en en Espagne, en France, en Italie et au Royaume-Uni avec une quinzaine d’entreprises de l’Atlantique, Danny Dumaresque dit avoir rencontré une trentaine d’entreprises ayant exprimé de l’intérêt pour les produits canadiens. Wade Bolt, pêcheur de crabe et propriétaire de bateau, vend la quasi-totalité de ses produits aux Américains. Il est convaincu que la saison 2025 sera parmi les plus difficiles en mémoire récente. Il s’attend à des pertes de 150 000 $. Wade Bolt ne se désole pas nécessairement. Il se demande si les tarifs verront réellement le jour. Il est difficile de trouver des marchés alternatifs pour certains fruits de mer, dit-il. D’après le reportage de Kyle Mooney

Et pendant ce temps, il faut payer toutes les semaines ou aux deux semaines les travailleurs d’usine et les pêcheurs. Tous les autres fournisseurs doivent être payés dans un délai raisonnable
, explique-t-il.Trouver des marchés alternatifs
Les Européens adorent les fruits de mer, ils en consomment quatre fois plus que nous
, affirme-t-il.Bien sûr, ça ne se bâtit pas en un jour
, prévient-il.Ils n’ont pas les fruits de mer qu’on pêche ici et qu’on leur vend. Ce n’est pas comme l’acier et l’aluminium, qu’ils pourraient produire eux-mêmes.
Advertising by Adpathway









