Les électeurs de l’Atlantique devant une question de l’urne sans précédent
Dans les provinces de l'Atlantique comme ailleurs, la campagne électorale déclenchée dimanche promet de s’articuler autour d’une question existentielle pour les Canadiens d’un océan à l’autre : l’indépendance du pays face aux États-Unis. Roger Ouellette, politologue à l’Université de Moncton, au Nouveau-Brunswick, constate que les bases sont jetées pour un affrontement Non seulement il met des tarifs, mais il veut nous annexer. Il veut dire que le Canada n'est pas un pays viable. Finalement, il s'en prend à notre souveraineté. C'est un peu pareil partout au pays, d'un océan à l'autre, c’est-à-dire quel parti, quel chef de parti est le plus qualifié pour nous protéger contre ce qu'il faut bien appeler une agression de la part de l'administration Trump. Dans les provinces de l’Atlantique, les libéraux avaient balayé les quatre provinces en gagnant 32 sièges sur 32 lorsqu’ils s’étaient emparés du pouvoir en 2015. À la dissolution de la Chambre, dimanche, ils n’en comptaient plus que 24, contre 8 pour le Parti conservateur. Le politologue Roger Ouellette est professeur à l'Université de Moncton. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Patrick Lacelle En Atlantique, la désaffection du soutien aux libéraux à la fin de l’ère Trudeau est maintenant remise en question par l’arrivée de Mark Carney à la tête du parti, selon Yvon Grenier, politologue à l’Université St. Francis Xavier, à Antigonish en Nouvelle-Écosse. Il estime qu’il n’en tient qu’à Mark Carney de profiter du sursaut que le départ de son prédécesseur a occasionné chez un Parti libéral en chute libre. Yvon Grenier est politologue à l’Université St. Francis Xavier, en Nouvelle-Écosse. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Adrien Blanc Le balayage conservateur qu’annonçaient les sondages il y a quelques mois à peine ne semble plus aussi certain, mais Roger Ouellette s’empresse d’émettre une mise en garde. Pour les libéraux, À son premier rassemblement de campagne, samedi soir, à Saint-Jean de Terre-Neuve, le chef libéral Mark Carney était attendu par des manifestants : des pêcheurs qui sortaient insatisfaits d'une rencontre avec la ministre fédérale des Pêches, Joanne Thompson. Des pêcheurs de Terre-Neuve-et-Labrador, mécontents des quotas de crabe de neige, se sont rassemblés samedi devant le centre des congrès de Saint-Jean, où le chef libéral Mark Carney devait tenir une heure plus tard son rassemblement. Photo : CBC / Jenna Head Le chef conservateur Pierre Poilievre a souvent visité les provinces de l’Atlantique dans les deux dernières années. Il y reviendra pendant la campagne, mais il n’est pas certain qu'on le verra avec le premier ministre progressiste-conservateur Tim Houston, qui n’avait pas voulu l’inviter l’automne dernier pour sa campagne électorale provinciale. Le chef du Parti conservateur, Pierre Poilievre, à une station-service de Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, le 27 juin 2023. Photo : CBC / Shane Magee Roger Ouellette évoque trois circonscriptions au Nouveau-Brunswick parmi celles qui pourraient basculer dans un camp ou l’autre. La circonscription redessinée de Saint John–Kennebecasis apparaissait plus favorable aux conservateurs, dit-il, mais à présent, le député libéral sortant Wayne Long, qui ne voulait plus rien savoir de l’équipe Trudeau, a décidé d’être candidat maintenant que Mark Carney est chef. Dans Miramichi-Grand Lake, le député conservateur sortant Jake Stewart a brusquement annoncé au début du mois qu’il quittait la politique. Dans Fredericton—Oromocto, c'est la libérale Jenica Atwin a décidé la même chose. Enfin, le politologue Yvon Grenier entrevoit une campagne où l’économie et les relations canado-américaines pourraient étouffer tout autre enjeu, à plus forte raison depuis que Mark Carney a annoncé la fin de la taxe carbone pour les consommateurs le 1er avril. D’après les renseignements de Nouemsi Njiké et Janic Godinentre deux partis traditionnels
autour d’une préoccupation qui n’a pas beaucoup d’équivalents historiques dans l’histoire du pays.Moi, je n'ai jamais vécu ce genre de campagne électorale
, dit l’analyste politique. Tout ça, gracieuseté de Donald Trump.
Beaucoup à perdre en Atlantique
Les Canadiens sont au diapason de cette crise nationale provoquée par Donald Trump
, pense Roger Ouellette. Les tarifs douaniers sur les produits canadiens posent un risque partout au pays, y compris sur la côte est.[Au] Nouveau-Brunswick, l'exportation du bois d'œuvre est importante. On sait très bien qu'à Saint-Jean, la raffinerie Irving produit des produits pétroliers et à peu près 80 % est exporté en Nouvelle-Angleterre. Les liens sont très, très forts entre l'Atlantique et les États-Unis
, souligne-t-il. Ces tarifs touchent l'Atlantique fortement avec le homard, avec le crabe.

Tout l’Atlantique, c’est 32 sièges sur 343
, dit Roger Ouellette. Ça ne pèse pas beaucoup, mais si la lutte est serrée, ça peut faire la différence. Et ça peut faire la différence entre un gouvernement majoritaire ou minoritaire pour l’un ou l’autre [des partis].
On a une campagne finalement en Atlantique et dans l'ensemble du Canada. Une campagne où on a deux partis traditionnels qui s'affrontent, les conservateurs et les libéraux. En Atlantique, les verts, ça ne pèse pas. Le NPD ne va pas peser
, prévoit-il.Libéraux :
Ça peut descendre très rapidement
Je n'ai jamais vu quelqu’un revenir de l'arrière aussi rapidement que ça. Ça veut dire qu'il y a vraiment un mouvement qui est réel [...] de rejet de Justin Trudeau
, affirme Yvon Grenier. Il semble parfaitement clair maintenant que beaucoup d'insatisfaction provenait de la [...] personne de Justin Trudeau.
Quelqu’un de nouveau arrive
, enchaîne-t-il, c'est quand même un libéral, ce n'est pas complètement différent, mais il y a assez de différence quand même pour que les gens se disent : bien maintenant, il y a plus qu'une alternative à Justin Trudeau, il y en a deux.

ç'a monté très rapidement, ça peut descendre très rapidement
, rappelle-t-il.
De la même façon qu’en Ontario, le chef et premier ministre conservateur, M. Ford, n’a pas d’atomes crochus avec M. Poilievre
, analyse Roger Ouellette, il n’y a pas d’atomes crochus non plus entre M. Houston et M. Poilievre.

La première victime de cette guerre tarifaire, c'est définitivement l'environnement
, pense Yvon Grenier. Déjà, ça avait un recul, puis maintenant, c'est un recul accéléré, justement parce que la sécurité et la souveraineté [..] du pays passent par être plus indépendant au niveau des ressources.
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