Des agriculteurs disent qu’ils en ont assez des États-Unis, mais aussi des libéraux
Alors que les tensions commerciales avec la Chine et les États-Unis mettent en péril les exportations canadiennes, les agriculteurs de la Saskatchewan ont exprimé leur frustration lors de la foire agricole du Canada. Les droits de douane imposés par ces puissances étrangères suscitent l'inquiétude, tout comme la politique fiscale du gouvernement fédéral. De nombreux producteurs sentent que la conjoncture actuelle pèse lourdement sur leur avenir économique. Malgré leur hostilité à l'égard du président américain Donald Trump, plusieurs agriculteurs ont également exprimé leur mécontentement envers l'ancien premier ministre Justin Trudeau et son successeur, Mark Carney. Elsie et Carl Jensen, qui exploitent une ferme près d'Invermay, en Saskatchewan, faisaient partie des visiteurs de la foire agricole du Canada, à Regina. Photo : Radio-Canada / Janani Whitfield Comme beaucoup de participants à l'événement, Carl Jensen s’interroge sur les résultats des sondages récents, qui indiquent un resserrement des intentions de vote entre libéraux et conservateurs. De gauche à droite, le chef libéral Mark Carney, le chef conservateur Pierre Poilievre, le chef néo-démocrate Jagmeet Singh, le chef du Bloc québécois Yves-François Blanchet et le cochef du Parti vert Jonathan Pedneault. (Photo d'archives) Photo : La Presse canadienne Les conservateurs ont remporté l'ensemble des 14 sièges de la Saskatchewan lors des dernières élections fédérales, ce qui reflète une forte opposition aux politiques libérales. L’imposition de droits de douane sur le canola est un sujet de préoccupation majeure pour les agriculteurs en Saskatchewan. (Photo d'archives) Photo : afp via getty images / JASON REDMOND L’imposition de droits de douane sur le canola est un sujet de préoccupation majeure pour les agriculteurs. La Chine applique désormais une taxe de 100 % sur l’huile et la farine de canola canadiennes, une mesure de rétorsion contre les restrictions imposées par Ottawa sur les véhicules électriques chinois. Par ailleurs, les États-Unis prévoient une hausse des droits de douane à 25 % sur l'ensemble des produits canadiens dès le mois prochain. Le décret signé par Mark Carney le 14 mars dernier, qui officialise l'annulation de la taxe carbone pour les consommateurs au Canada. (Photo d'archives) Photo : The Canadian Press / Justin Tang Outre les barrières commerciales, la taxe carbone reste une source de frustration pour les agriculteurs, qui estiment qu'elle alourdit leurs coûts d'exploitation sans compensation suffisante. Bien que Mark Carney ait signé une directive prévoyant la suppression de cette taxe à compter du 1er avril, le scepticisme demeure fort parmi les participants du salon agricole. L'ancien premier ministre de la Saskatchewan Brad Wall partage cet avis, déclarant que le gouvernement libéral ne ferait que dissimuler la taxe carbone sous une autre forme. Des silos à grains dans un champ recouvert de neige près de Regina, en Saskatchewan, en novembre 2023. Photo : Radio-Canada / Rob Kruk Dans une province où les slogans hostiles aux libéraux sont courants, le ressentiment envers Ottawa ne date pas d’hier, comme l'explique Daniel Westlake, professeur adjoint de sciences politiques à l'Université de la Saskatchewan. Toutefois, il estime que cela ne suffira pas à alimenter un véritable mouvement séparatiste. Selon lui, bien que les électeurs ruraux de la Saskatchewan puissent se sentir négligés par le gouvernement fédéral, ils continuent à s'identifier comme Canadiens. Avec les élections fédérales en ligne de mire, l'incertitude politique renforce l'anxiété des agriculteurs. Les Jensen espéraient une récolte de canola lucrative, pouvant rapporter plus de 1 million de dollars. Toutefois, les nouvelles restrictions commerciales pourraient réduire leurs marges à néant et les contraindre à solliciter un soutien financier pour la saison prochaine. Avec les informations de Janani WhitfieldUn ressentiment à l’égard des dirigeants politiques
Tout est pour l'est
, dit Carl Jensen, exploitant agricole à Invermay, situé à environ 250 kilomètres à l'est de Saskatoon.
Si les libéraux arrivent au pouvoir, je pense, que va-t-il se passer ici? L'Ouest canadien va se séparer
, dit le Saskatchewanais.
Nous avons eu tellement d'années de libéraux et de leurs politiques qui ne soutiennent pas du tout l'Ouest canadien
, ajoute Elsie Jensen, soulignant que la province, riche en ressources naturelles, ne semble pas en tirer les bénéfices attendus.Des droits de douane pénalisants pour les agriculteurs

Les circonstances vont de mal en pis avec les politiques de Trump, avec la réaction de la Chine à la stupidité de Trudeau
, estime Elsie Jensen.Il faut jouer le jeu avec les Chinois. Nous achetons tout en Chine
, ajoute son mari.La taxe carbone, un fardeau supplémentaire

Fais-tu confiance aux libéraux? C'est juste un stratagème parce que les élections ont été annoncées. C'est juste un stratagème pour obtenir plus de votes
, estime Carl Jensen.
Un sentiment d'aliénation persistant
L'animosité envers les libéraux n'est pas nouvelle et, par le passé, elle n'a jamais conduit à une menace sérieuse de séparatisme
, explique-t-il.Des incertitudes économiques pesantes
Je pense que Trump se prend pour un illusionniste. Il nous distrait pendant qu'il nous arnaque d'une autre manière
, affirme Elsie Jensen. Nous attendons de voir ce que le prochain gouvernement fera pour nous. L'agriculture est notre métier en Saskatchewan, mais c'est une profession très, très stressante en ce moment.
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