« Pleurire » avec Ariane Moffatt sur Airs de jeux, un album surprise

Ariane Moffatt a lancé un album surprise dimanche à minuit, juste après l'avoir annoncé lors de son passage à l’émission Star Académie. Après avoir favorisé un son plus intimiste et dépouillé sur Incarnat (2022), l’autrice-compositrice-interprète signe un retour en force à la pop électro avec Airs de jeux, un album dont elle dit qu'il la fait « pleurire ».
C’est d’ailleurs ce néologisme qui est mis de l’avant en ouverture d’album sur Prologue, alors qu’une voix générée par l'intelligence artificielle nous explique le terme : L’expression "pleurire", c’est quand on rit tellement fort qu’on en pleure. C’est un mélange de joie et de tristesse.
On a fait un jeu avec l’IA, en lui demandant de nous définir qu’est-ce que le "pleurire", parce que dans le parcours de création, il y a eu plusieurs états émotionnels marqués, intenses, parfois contradictoires
, explique Ariane Moffatt au téléphone, au lendemain de la sortie de son album.
Le but, c’est d’arriver à l’épilogue avec une certaine sérénité, où on peut être en paix avec cette explosion d'émotions. Il y a quelque chose de très libérateur.
Un nouveau studio comme terrain de jeu
Résolument plus lumineux que triste, Airs de jeux est un album aux sonorités modernes, inspiré par des artistes qui aiment bien jouer avec les codes de l’électro, notamment Jamie XX et Caribou, qu’Ariane Moffatt avoue avoir écouté en boucle dans la dernière année.
L’artiste a également pu compter sur un nouveau terrain de jeu pour laisser libre cours à ses instincts. Elle a récemment acquis un condo dans le Mile-Ex qu’elle a transformé en studio – baptisé le MOM studio –, un rêve qu’elle caressait depuis ses débuts, il y a bientôt 25 ans.
C’est un album qui a été fait dans mon studio en dansant. Je continue mon trip de beatmaking et de programmation électronique
, résume-t-elle.
Ces nouvelles chansons sont en quelque sorte un retour à la base pour Ariane Moffatt, qui a vécu l’hiver dernier sa première incursion dans l’enseignement à l’Université Concordia. J’ai donné un cours de songwriting à des "Gen Z" complètement en feu. Tout ce que je leur demandais comme travail, je le faisais aussi
, explique-t-elle.
C’est un peu comme ça que j’ai commencé la création de cet album, en revenant à la source de comment on crée.
Inspirée par les talents de la relève
Cette expérience lui a aussi permis de rester connectée avec la jeunesse, qu’elle trouve si inspirante en musique. Elle avoue d’ailleurs avoir été soufflée par le dernier album d’Ariane Roy, Dogue.
Quand j’écoute Ariane Roy ou Lou-Adriane Cassidy, je me sens poussée dans le cul de la bonne manière, explique-t-elle. Je trouve que c’est important d’être à l’écoute de ce que les générations qui nous suivent ont à exprimer. Je ne vois pas ça comme une menace, je vois ça comme une occasion de me stimuler.
Ariane Moffatt a écrit et composé les 12 chansons de l’album; elle les a coproduites avec différents collaborateurs, dont Guillaume Guilbault, qui a été son principal allié. L’auteur-compositeur-interprète, aussi connu sous le pseudonyme de Constance, est un habitué des textures électroniques, lui qui a notamment réalisé le dernier album de Peter Peter et travaillé avec Kroy.
Parmi les autres collaborateurs d'Airs de jeux, on compte Jesse Mac Cormack sur Douleur fantôme, Albin de la Simone sur Tina, ainsi que Jean-Phi Goncalves et Alex McMahon sur J’aime mes problèmes. Sur la moitié des chansons, on peut aussi entendre un chœur féminin composé de Rose Perron, Erika Angell et Claudia Bouvette.
Ariane Moffatt partira en tournée avec son nouvel album à compter du 24 avril au Minotaure à Gatineau, avec des dates prévues jusqu’au printemps 2026. Elle sera notamment au Festival Santa Teresa le 11 mai, au MTelus à Montréal le 23 octobre et à l’Impérial Bell de Québec le 25 octobre.
Advertising by Adpathway




