Lâcher prise, le mot d’ordre de Deanna Stellato-Dudek et Maxime Deschamps
Ce peut être une attitude étonnante à adopter à quelques jours de défendre un titre aux Championnats du monde, mais le mantra de Deanna Stellato-Dudek et de Maxime Deschamps par les temps qui courent est de tout simplement lâcher prise. Les patineurs artistiques canadiens seront à Boston cette semaine pour tenter d’être titrés à nouveau champions du monde chez les couples. Après avoir connu un moment d’extase à Montréal l’an dernier, les deux patineurs ne s’attendaient pas à avoir autant d’embûches sur leur parcours cette saison. La cheville, l’épaule, le poignet, l’orteil; toutes de Au-delà des ennuis physiques, les patineurs ont aussi eu quelques problèmes avec l’exécution de leur programme. Cela a d'ailleurs culminé lors des Championnats des quatre continents, en février dernier, alors que le duo a livré un programme court chaotique qui l'a placé au 4e rang. Il avait gagné la compétition la saison précédente. Avec cette liberté retrouvée, le duo a pu remonter au classement et repartir avec la médaille d’argent. La leçon apprise vaut toutefois de l’or : il doit lâcher prise. Un des gros obstacles, c'était de composer avec le fait qu'on ait été champions du monde l'an dernier. On devait juste aller de l'avant et patiner sans avoir trop d'attentes envers nous-mêmes, ou sans que les autres nous mettent des attentes. C'est une des choses qu'on a été capables de faire à la dernière compétition en Corée du Sud, aux Quatre continents. Lors du programme libre, on a appris à vraiment patiner librement, puis il arrivera ce qui arrivera. Deanna Stellato-Dudek a l’habitude de dire que Les patineurs d’expérience savent ce qu’ils ont à faire pour remonter sur la plus haute marche du podium. Offrir un programme Les patineurs canadiens Deanna Stellato-Dudek et Maxime Deschamps lors du gala des Championnats du monde de patinage artistique à Montréal en mars 2024. Photo : afp via getty images / GEOFF ROBINS Depuis les débuts des Championnats du monde, soit en 1908, seuls les Canadiens Meagan Duhamel et Eric Radford ont été sur la plus haute marche du podium à deux reprises (2015 et 2016) en couples. Mais fort de son nouveau mantra, le duo tente de ne pas se mettre de pression indue en souhaitant l’or ou rien. Après Montréal l’an dernier, c’est au tour de Boston d’accueillir la compétition. Et le fait que les mondiaux ont lieu pour une deuxième année en sol nord-américain est un atout pour Deanna Stellato-Dudek. Lors de la disponibilité médiatique, la patineuse, Américaine d’origine, mais qui a obtenu sa citoyenneté canadienne cette année, a habilement détourné une question sur les tensions entre les deux pays. Elle ne veut clairement pas que cet enjeu leur ajoute de la pression. Le mantra du lâcher-prise s'applique donc aussi à la politique. Deanna Stellato-Dudek et Maxime Deschamps seront en action le mercredi 26 mars pour le programme court, tandis que le programme libre aura lieu le lendemain.L’année dernière, nous n'avons eu ni maladie ni blessure, explique Deanna Stellato-Dudek. Cette année, c'était une succession de blessures, de maladies et encore de blessures, avec des obstacles inattendus.
petites blessures ennuyantes
pour la patineuse de 42 ans qui pèsent tout de même sur le moral et qui l'ont empêchée à certains moments de s’entraîner comme elle le voulait.On a dû se retirer de la finale des Grands Prix et ça a été plutôt difficile, ajoute Maxime Deschamps, qui a été victime d’un virus. Ça a été vraiment long de pouvoir revenir après avoir été malade. Ça a pris un bon six semaines, sinon plus, pour reprendre la forme que j’avais avant d'être malade.
Il nous reste encore quelques jours avant le mondial; touchons du bois, mais jusqu’ici, tout se passe bien, je suis en bonne santé et sans blessure
, signale Stellato-Dudek.Les athlètes, on passe tous par là, où plus rien ne fonctionne, où l’on n'arrive plus à rien faire. C'est vraiment qu’on veut trop bien faire
, dit Maxime Deschamps en repensant à cette mauvaise journée au bureau.On a eu l'occasion d’aller là [faire leur programme libre] alors qu’on n’avait plus rien à perdre, et c'est là que ça a débloqué. C'est comme s’il fallait atteindre le fond du baril pour remonter.
chaque saison est une nouvelle montagne à gravir
. L'ascension de cette année a eu l’effet de rapprocher encore plus les deux patineurs.Quand on traverse des moments plus difficiles, c'est là qu'on apprend vraiment à se connaître et à surmonter les obstacles. Soit ça nous rapproche, soit ça nous divise. Ça nous a rassemblés de trouver des solutions ensemble, d'analyser les choses et de voir où l'on peut aller, car nous sommes tous les deux perfectionnistes à notre façon
, explique Deschamps.Ça crée un sentiment de proximité et de soutien mutuel. Il est toujours là pour m'aider et aussi pour me maintenir dans le droit chemin, pour ne pas en faire trop
, ajoute Stellato-Dudek en précisant que Maxime est celui qui l'arrête lorsqu’elle pousse trop fort à l'entraînement et qu’elle risque d’aggraver une blessure.Un programme avec le « derrière au sec »
propre
, sans anicroche, et comme Deanna aime le dire, avec le derrière au sec
[a dry butt program].Cette saison, nos meilleurs scores pour les programmes court et libre n’ont pas eu lieu lors de la même compétition. Espérons que nous pourrons le reproduire, mais lors du même événement
, dit Deanna en rigolant.
Ce qu'on veut vraiment, c'est juste d’être fier de ce qu'on fait. Et ça nous mènera là où l’on doit être, explique Maxime Deschamps, tel un vieux sage. On veut faire de notre mieux, et on sera contents. Dans le cas où l’on ne gagnerait pas, on verra ce qu'il faut faire pour progresser, marquer plus de points, et on réévaluera la situation pour faire mieux. Mais au final, on n'a aucun contrôle sur ce que font les autres.
Si on a fait deux très bons programmes, on aura quand même l'impression d'avoir gagné, ajoute sa partenaire. Il s'agit de sortir de la glace et d'être satisfait de soi-même, ce que nous n'avons pas encore réussi à faire dans les deux programmes de toute la saison.
J'ai ressenti énormément de pression l'an dernier aux mondiaux, et cette année, ce ne sera pas si différent. Généralement, les fans sont assez similaires, et même les installations peuvent être assez similaires. On a une certaine expérience de ce côté-là et on sait comment gérer ça. Il y a plus de similitudes que de différences pour moi.
J’ai des membres de ma famille qui vivent aux États-Unis, qui seront à ces Championnats du monde pour m’encourager, et je suis fébrile de patiner pour eux. Je crois que le sport est une de ces rares choses dans le monde qui peuvent réunir les gens de différentes nationalités, et j’espère que ce sera le cas pour ces mondiaux.
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