Des touristes américains s’interrogent : sont-ils encore les bienvenus au Canada?
La guerre tarifaire entre les États-Unis et le Canada semble provoquer une sorte de peur chez certains touristes américains, désormais inquiets quant à leur sécurité en sol canadien, selon des acteurs du secteur. Andrew Siegwart, président-directeur général de l’Association de l’Industrie du Tourisme de l’Ontario, la TIAO, admet que l’association qu’il représente a reçu des appels de touristes préoccupés, Ils ont vu leur hymne national se faire huer pendant des compétitions sportives et avec la prise de conscience qui s’est élevée chez les Canadiens, ils ont peur de ne pas être bien reçus. Eric Quesnel, directeur général de l’hôtel 124 on Queen, à Niagara-on-the-Lake, affirme que son établissement a lui aussi reçu des appels de quelques clients qui craignent de ne pas être en sécurité en sol canadien. Eric Quesnel espère que les Canadiens prendront des vacances dans le pays, pour permettre aux entreprises locales de surmonter les manques à gagner que le retrait de la clientèle américaine pourrait causer. Photo : Radio-Canada / Orphée Moussongo Selon Miloud Chennoufi, professeur de relations internationales au Collège des forces canadiennes de Toronto, ce sont des inquiétudes qui n’ont pas lieu d’être. Cette peur relèverait du fait qu’ils [les Américains] sont conscients de l’hostilité, de la brutalité du discours qui a été celui de leur président à l’égard d’un pays allié. Miloud Chennoufi pense que le meilleur moyen de rassurer les touristes américains serait de bien leur faire comprendre que les Canadiens font une distinction entre le gouvernement américain et le citoyen. Photo : Radio-Canada / Orphée Moussongo Il rappelle cependant que les appels au boycottage et les critiques faites par les citoyens canadiens ont toujours été faits à l’endroit des produits américains ou encore de symboles qui représentent le gouvernement en place et non contre les résidents des États-Unis. En décembre 2024, les visiteurs en provenance des États-Unis constituaient 81,49 % des passages frontaliers internationaux en Ontario, et 81,40 % des mêmes passages au courant de toute l’année 2024, selon des données du ministère du tourisme de l'Ontario. Bien qu’il soit encore trop tôt pour réellement mesurer l’impact de la guerre tarifaire sur l’industrie du tourisme en Ontario, certains secteurs en voient déjà les couleurs, et anticipent Tony Elenis espère que le gouvernement ontarien offrira de l’appui aux entreprises qui risquent d’être affaiblies en raison des effets de la guerre tarifaire. Photo : Radio-Canada / Orphée Moussongo Les effets pourraient s’avérer lourds pour le secteur dans le Nord de l’Ontario, étant donné que les voyages en provenance des États-Unis représentent 85 % des dépenses internationales de la région. Dans une déclaration, l’organisation Destination Nord de l’Ontario admet s’inquiéter d’une dégradation de la confiance des visiteurs et des résidents, ou une baisse des voyages due à un ralentissement économique. L’hôtellerie est souvent le premier secteur à ressentir la chute de l’économie et le dernier à s’en sortir. Andrew Siegwart pense que la meilleure manière d’attirer les touristes américains est de prôner l’hospitalité, Il croit toutefois que l’industrie du tourisme pourrait recevoir plus de financement pour être en mesure de sensibiliser le plus de monde possible. Andrew Siegwart révèle que les tarifs douaniers n’ont pas encore d’effets notoires pour l’association qu’il dirige, mais craint que les relations entre les citoyens américains et canadiens ne se détériorent avec le temps si la guerre tarifaire se poursuit. Photo : Radio-Canada / Orphée Moussongo De son côté, l’Association des restaurants, hôtels et motels de l’Ontario milite pour le renouvellement de son crédit d’impôt pour les vacances interrompu en 2023, qui offrait un remboursement de 20 % des frais d’hébergement à court terme pour les familles qui prenaient des vacances dans la province. La province n’a pas précisé si elle établirait le crédit d’impôt de nouveau. Toutefois, un porte-parole du ministère ontarien du Tourisme stipule que la province surveillera l’évolution de la situation concernant les tarifs et l’impact potentiel sur le secteur du tourisme et de la culture.se demandant s’ils demeurent les bienvenus au Canada
, compte tenu du climat depuis l’imposition des tarifs douaniers américains sur la majorité des exportations canadiennes.
On a eu quelques appels […] on fait ce qu’on peut pour les rassurer, mais ça ne représente pas la majorité des clients
, indique-t-il.Ils se disent, “comment aurait-on réagi si nous avions été victime d’une telle attitude de la part du chef d’État d’un pays autrement plus puissant que le nôtre?” Mais objectivement, c’est une peur qui est totalement injustifiée. Les Américains ne sont pas en danger et leur sécurité n’est pas menacée au Canada
, lance-t-il.
Il n’a jamais été question de menaces, encore moins de menaces physiques sur les citoyens américains. La perception de la menace est peut-être légitime, mais pas justifiée
, dit M. Chennoufi.Un frein pour l’industrie du tourisme
de nombreux défis dans les mois à venir
, mentionne Tony Elenis, président-directeur général de l’Association des restaurants, hôtels et motels de l’OntarioNous avons constaté qu’il y a un déclin dans les réservations actuelles et futures, ce qui est en grande partie dû à l’inflation générale […] Un autre facteur demeure la confiance des consommateurs
, ajoute M. Elenis
Comment éviter une crise dans le secteur touristique
en restant poli et accueillant lors des échanges avec les visiteurs américains
.
Si nous avons de meilleurs budgets, nous serons en mesure de communiquer plus facilement la beauté de notre territoire à une plus large audience, que ce soit ici au Canada ou même à l’international
, précise-t-il.
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