Retour sur le jour 2 de la campagne électorale : la valse des baisses d’impôts
La campagne électorale est jeune, mais déjà les libéraux et les conservateurs se prêtent au jeu de la surenchère sur la question des baisses d'impôts. Au lancement de sa campagne, dimanche, M. Carney a promis de réduire de 1 % le premier palier d'imposition, le faisant passer de 15 % à 14 %. Les conservateurs n'ont pas perdu de temps à répliquer. Pierre Poilievre a promis lundi qu’un gouvernement conservateur ferait plutôt passer le taux d’imposition minimum de 15 % à 12,75 %, une baisse de 2,25 points de pourcentage. Selon les calculs du Parti conservateur, cette mesure représenterait des économies de 825 $ pour une personne seule et de 1800 $ pour un ménage à deux revenus. Elle pourrait coûter plus de 13 milliards $ au trésor public. Le chef conservateur Pierre Poilievre serre des mains le 22 mars 2025 à Ottawa. Photo : La Presse canadienne / Justin Tang Selon le leader conservateur, cette mesure va Comme elles s'appliquent à la première tranche d'imposition, tant la promesse des conservateurs que celle des libéraux vise à baisser les impôts pour l'ensemble des contribuables, soit environ 22 millions de Canadiens. Yves-François Blanchet s'est montré très sceptique. Je veux voir les cadres financiers de M. Carney et de M. Poilievre. Au jour 2 de la campagne électorale fédérale, le chef du Bloc québécois Yves-François Blanchet a donné un point de presse devant le consulat américain à Québec. Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot Une affirmation qui n'est pas tout à fait juste, indique Luc Godbout, titulaire de la Chaire en fiscalité et en finances publiques de l'Université de Sherbrooke. Gérald Fillion décortique les propositions de baisse d'impôts de Mark Carney et de Pierre Poilievre avec ses invités à «Zone économie». Pierre Poilievre a promis de couper Une proposition hasardeuse, estime Geneviève Tellier, professeure titulaire à la Faculté des sciences sociales de l'Université d'Ottawa. Quand on dit à la fonction publique "vous allez couper de tant" [...] et qu'on n'a pas réfléchi à comment offrir les services, ce qui se passe, c'est que, quelques années plus tard, ça revient au même niveau, ou même ça augmente. Le gouvernement conservateur de Stephen Harper avait promis une chose similaire, rappelle-t-elle, en abolissant 19 000 postes dans la fonction publique. Luc Godbout, de son côté, craint que les déficits causés par les baisses d'impôts s'ajoutent à la dette. C'est que, rappelle-t-il, le Canada a du rattrapage à faire en matière de dépenses militaires, surtout dans un contexte de désengagement du gouvernement américain. Un rattrapage, dit-il, qui fera bondir le déficit. Chaque Canadien qui paie des impôts va économiser de l’argent
, a promis M. Poilievre. 
inciter le travail, ramener plus de production [au Canada], soutenir les petites entreprises et renforcer notre économie pour devenir plus forts face aux menaces de Donald Trump
.Le Bloc sceptique, le NPD dénonce une
aide aux millionnaires
Ils vont faire comment pour réussir? a lancé le chef bloquiste. On va avoir plus de dépenses, moins de revenus et ça va marcher pareil?

Les deux plans aident davantage les millionnaires que les familles, a pour sa part déploré le chef néo-démocrate Jagmeet Singh. Quelqu'un qui gagne 500 000 $ va recevoir le même montant que quelqu'un qui gagne 40 000 $.
Les gens qui ont un revenu sous la classe moyenne, tous leurs revenus seront assujettis à la baisse du premier palier d'imposition. Ceux qui sont dans la classe moyenne, ce sera la majorité de leurs revenus qui vont bénéficier de la baisse. Pour les gens à revenu plus élevé, c'est seulement les premiers 57 395 $ qui vont bénéficier de la réduction, donc une proportion moins importante
, a expliqué M. Godbout en entrevue à l'émission Zone économie. 
Comment payer pour les baisses d'impôts?
dollar pour dollar
dans la bureaucratie, dans le recours aux firmes de consultants et dans certains programmes, comme l'aide internationale, pour financer ces baisses d'impôts.Si on baisse les revenus de l'État, la première question, c'est "dans quels programmes on coupe parce qu'on n'a plus les moyens de se les offrir?" [...] Mais pour ce qui est des deux autres initiatives, on a vu par le passé que ça ne fonctionne pas
, a-t-elle dit en entrevue à Zone économie.Maintenant, on les a largement regagnés et dépassés, souligne-t-elle. En général, ça ne donne un résultat que quelques années, et ensuite ça revient.
S'il n'y a pas vraiment d'endroits où aller chercher ces sommes-là, on peut se demander si elles n'iront pas à la dette. On peut surtout se demander si c'est la meilleure intervention qui peut être faite dans le contexte actuel
, a estimé M. Godbout.
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