Annexion La Nation-Casselman : « Laissez nos champs tranquilles », plaident des citoyens
La frustration, l’inquiétude et la déception étaient palpables chez la cinquantaine de citoyens de Casselman et de La Nation, dont plusieurs agriculteurs, qui ont participé à une consultation publique, jeudi soir, concernant une « proposition de restructuration municipale ». La Municipalité de Casselman, dans l'est ontarien, souhaite annexer à son territoire une portion des terres qui entourent ses lagunes dans lesquelles sont stockées, entre autres, des eaux usées. Ces terres, dont la majorité sert à des fins agricoles, font actuellement partie du territoire de la Municipalité de La Nation. Si l’annexion va de l’avant, certains terrains pourraient se trouver dans les deux municipalités en même temps. L'automne dernier, La Nation a ratifié une entente d'annexion de ces terrains, une condition pour conserver son partenariat avec Casselman pour les services des incendies. À ce sujet, des propriétaires de ces terrains de La Nation estiment avoir été laissés au dépourvu par leur propre Municipalité. Bon nombre de citoyens, dont des agriculteurs, ont déclaré sans gêne, lors de la rencontre, qu’ils craignent fortement que la Municipalité de Casselman utilise ces terres pour agrandir ses lagunes d’eaux usées et ainsi, d’être expropriés de leurs terrains. La mairesse de Casselman, Geneviève Lajoie, a martelé à maintes reprises tout au long de la soirée qu’il n’est pas question d’agrandir les lagunes existantes ni d’exproprier qui que ce soit des terrains environnants. La Municipalité de Casselman souhaite annexer à son territoire une portion des terres qui entourent ses lagunes dans lesquelles sont stockées, entre autres, des eaux usées. Photo : Fournie par les Municipalités de Casselman et de La Nation Les réponses offertes par la Municipalité étaient loin d’avoir été satisfaisantes aux yeux de plusieurs personnes sur place qui, après la rencontre, ont confié se sentir non écoutés, laissés à eux-mêmes, et incompris. La mairesse Geneviève Lajoie a réitéré qu’il agirait principalement d’un transfert de terres, que la Municipalité ferait ainsi preuve Les progressistes-conservateurs de Doug Ford, fraîchement réélus, ont indiqué en campagne électorale qu’ils entendent maintenir leur objectif de construire 1,5 million de nouveaux logements d'ici 2031, même s'ils ont abaissé leurs prévisions de mise en chantier dans leur plus récent énoncé économique. Mme Lajoie et le directeur général de Casselman, Yves Morrissette, ont assuré que d’autres solutions sont dans le collimateur afin d’éviter le scénario d’expansion des lagunes. Par exemple, Casselman étudie la possibilité d’un déversement continu des eaux usées traitées dans la rivière Nation. Cette option permettrait à Casselman de traiter ses eaux usées sans devoir agrandir sa lagune et éviterait l’expropriation de propriétaires de terres agricoles. Le dossier est en traitement auprès du gouvernement de l’Ontario depuis novembre dernier, mais il peut s’écouler de 10 à 12 mois avant d’obtenir une réponse de la province, selon le directeur général de Casselman, Yves Morrissette. Il reste encore plusieurs étapes à franchir avant que les conseillers des deux municipalités ne puissent voter chacun de leur côté sur cette possible annexion. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin Questionné en entrevue après la rencontre sur ce qu’il souhaite que les participants et les citoyens retiennent de la consultation publique, M. Morrissette a affirmé ceci : Il a aussi précisé que selon la loi, une telle annexion ne peut être faite lors d’une année électorale municipale en Ontario (en 2026, dans ce cas-ci). La consultation publique de jeudi soir constituait l’une des étapes à franchir avant que les conseillers des deux municipalités ne puissent voter chacun de leur côté sur cette possible annexion.Où vais-je devoir m’approvisionner en foin si je perds l’accès à ces terres? Dans le nord de l’Ontario ?
, a questionné André Castonguay, propriétaire d’une ferme dans le secteur, qui souligne la fertilité des sols autour des lagunes.Je suis la sixième génération de cette ferme
, a lancé Marc-Antoine Racine, dans une première prise de parole. Ma question : pourquoi ne pas ramasser ce qui vous appartient, je vais cultiver vos zones tampons et les traiter, et par la suite, laissez nos champs tranquilles?
, a-t-il ajouté sous les applaudissements de la foule.Jusqu’à présent!
, ont scandé des citoyens en réponse à Mme Lajoie – et ce plus d’une fois dans la soirée.Si vous ne voulez pas, pourquoi est-ce écrit sur le document?
a demandé une autre citoyenne en lien avec le graphique présenté aux citoyens, une question qui lui a aussi valu des applaudissements de la foule.
de bonne gouvernance
et qu’elle se doit de répondre à la croissance et au développement de son territoire tel que requis par le gouvernement de l’Ontario.D'autres solutions dans le collimateur

les municipalités qui n’ont pas leurs infrastructures critiques à l’intérieur de leur juridiction, c’est problématique.
Alors pour nous, c’est important de le faire, et étant donné que le processus d’annexion municipal c'est très laborieux – ça demande à deux partis de s’entendre sur quelque chose – on doit battre le fer quand il est chaud
, a-t-il enchaîné.
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