Samuel Montembeault se sent prêt pour une phase inédite de sa carrière
Samuel Montembeault va défendre la cage du Canadien, mardi, dans ce qui sera assurément le match de saison régulière le plus important de l’équipe depuis plusieurs années. C’était bien sûr le but de la démarche pour toute l’équipe de disputer cette saison des matchs significatifs, mais ce l’est tout particulièrement pour un gardien qui, pour la première fois de sa carrière, est dans une position de gardien numéro un et qu’il est chargé d’aider son équipe à se tailler une place en séries. Montembeault va se mesurer à une équipe qui a récolté au moins un point dans chacun de ses huit derniers matchs, mais il traverse lui-même une très heureuse séquence avec une fiche de 6-0-1 à ses sept derniers départs. Selon le site spécialisé Evolving-Hockey (nouvelle fenêtre), Montembeault affiche depuis la Confrontation des 4 nations le premier rang de la LNH pour le nombre d’arrêts effectués au-delà des buts attendus. Cette statistique cumulative indique que Montembeault arrête bien plus que les tirs que l’on attend qu’il repousse. Il y a des occasions de première qualité qui devraient être des buts et qui ne le deviennent pas grâce à lui. En outre, le Québécois était avant les matchs de lundi l’un des cinq gardiens ayant joué plus de cinq matchs depuis la pause à afficher une moyenne de buts alloués inférieure à 2,00. Le Canadien s’est donné une nouvelle chance de rester dans la course après avoir trébuché dans les semaines précédant la pause des 4 nations. Le 21 janvier, le CH se retrouvait dans le portrait des séries, mais il n’a pas été en mesure de protéger son rang en remportant un seul des neuf matchs suivants. Montembeault n’a pas été mauvais durant cette période, mais cette constance à laquelle Dobes fait référence lui avait fait défaut. Montembeault aimait répéter durant la Confrontation des 4 nations qu’il aurait la chance de voir tous les jours les tirs des meilleurs joueurs au monde, mais les occasions de voir tous ces dangereux lancers n’auront somme toute pas été nombreuses. Mais à l’instar de ses coéquipiers, il a pu profiter de ce moment pour prendre un pas de recul par rapport à sa saison et pour s’assurer qu’il reviendrait affamé. Même s’il lui est arrivé de traverser des périodes un peu plus incertaines au fil de chaque saison, l’ascension de Montembeault d’une année à l’autre a été assez constante dans l’uniforme tricolore. Et ses progrès lui permettent aujourd’hui d’être placé devant son plus gros défi depuis qu’il est dans la LNH, à cause de la position qu’il occupe et de ce qui est à la portée du Canadien présentement. L’entraîneur-chef Martin St-Louis a souligné que Montembeault faisait du bon travail pour ne pas se laisser abattre par une contre-performance ou pour éviter de s’emballer après une belle prestation. Le gardien de Bécancour passe très rapidement au prochain appel, ce qui est aussi important durant une rencontre que dans sa préparation en vue de l’affrontement suivant. « Quand c’est lui qui goale tu ne peux pas vraiment lui parler parce qu’il est dans sa bulle et il est concentré, a noté le défenseur Alexandre Carrier. Son calme et son niveau de concentration te met en confiance en tant que défenseur. » Cette description, qui met en relief le caractère compétitif de Montembeault, contraste aussi avec le côté désinvolte qu’il affiche lorsqu’il n’est pas sur le point de disputer un match. On notera ici que d’autres avant lui – certains plus doués – ne géraient pas aussi bien la pression de garder le filet du Canadien de Montréal. Il est rendu un gardien numéro un et il se comporte comme ça. Il est tout le temps confiant devant le filet, peu importe les moments du match, et les hauts et les bas de notre équipe. Il est tout le temps là pour nous sauver une couple de fois par match. C'est le fun de voir à quel point tous ses efforts des dernières années lui reviennent parce qu’il joue extrêmement bien pour nous. Il faut dire que devant lui, les joueurs lui donnent aussi l’occasion de souffler et ils n’exigent pas mille arrêts miraculeux de sa part pour que le CH ait une chance de l’emporter. Et ça, Montembeault est le premier à le reconnaître. Samuel Montembeault Photo : The Canadian Press / Graham Hughes À maintenant 28 ans, l’essentiel de ce qu’est Montembeault au plan technique est bien établi. L’organisation ne s’attend pas nécessairement à ce qu’il y ait un énorme bond en avant, contrairement au jeune Dobes par exemple, qui a beaucoup de choses à raffiner au plan technique. Depuis qu’il travaille avec l’entraîneur des gardiens Éric Raymond, Montembeault a appris à jouer plus profondément dans son filet de façon à limiter la longueur de ses déplacements latéraux et à être là le plus souvent possible sur les chances de marquer issues d’une passe est-ouest. Jouer plus profondément l’aide également à exercer un meilleur contrôle de ses retours, ce qui était une lacune à son arrivée dans la LNH. Ce que veut vraiment améliorer Montembeault, c’est son suivi de rondelle. Il s’y est d’ailleurs attaqué l’an dernier en compagnie du docteur Philippe Croisetière, un chiropraticien doté également d’une expertise en neurologie fonctionnelle. Le Dr Croisetière a vu les fruits du travail accompli par Montembeault avec son équipement haute technologie durant l’entre saison, mais les gains ont fini par atteindre un plateau. Or, même si les deux hommes n’ont pas la chance d’interagir de vive voix durant la saison, Croisetière a continué de travailler à distance avec Montembeault, lui prescrivant des exercices à faire sur plusieurs applications. À la lumière des résultats qu’il a obtenus, le Dr Croisetière conclut que les perceptions dans le cerveau de Montembeault ont recommencé à s’affiner. Croisetière explique qu’autant le cerveau que les yeux sont des organes de prédiction. Par différentes techniques, le gardien doit chercher à stabiliser ses yeux quand sa tête est en mouvement afin d’améliorer la prise d’information et son anticipation. Cela pourrait aider Montembeault à mieux repérer le mouvement de la rondelle dans la circulation lourde. « Il faut prendre des snapshots d'une scène pour que notre cerveau bâtisse une image, qu’il y ait de la circulation ou non. Le plus près de la réalité notre cerveau bâtit l’image, le plus efficace on va être. » Voilà le genre de travail en coulisses auquel s’astreint désormais un gardien de la LNH. Face à un jeu qui s’accélère constamment, Montembeault doit s’assurer que ses réflexes, et surtout son processeur interne, s’accélèrent également. Jusqu’à maintenant, cela le sert bien.Buts sauvés au-delà des attentes
Gardien PJ GSAx Samuel Montembeault 7 12.59 Ilya Sorokin 10 8.67 Connor Hellebuyck 9 8.24 Darcy Kuemper 9 8.03 Dustin Wolf 7 7.87 Sergei Bobrovsky 8 6.93 Igor Shesterkin 11 6.54 En tant que partenaire, c'est incroyable de regarder son niveau de constance et comprendre ce que ça prend pour devenir un gardien numéro un à ce niveau-ci
, a mentionné son auxiliaire Jakub Dobes. Il ne suffit pas d'être bon une ou deux fois; regardez comment il joue depuis sept matchs, il est phénoménal. Il me démontre par sa maturité ce que ça prend pour être un numéro un et pour jouer autant de matchs qu'il en joue.
Avant la pause, je manquais de constance; j’avais de bons matchs et de moins bons, a-t-il dit. J’ai voulu prendre le temps durant la pause de travailler et de revenir meilleur.
Concentration et mémoire courte
Il nous reste encore plusieurs matchs contre les équipes de notre division et, en tant que joueur, c’est ce genre de match-là que tu veux jouer, a confié Montembeault. Ce sont les matchs les plus le fun. On n’a qu’à voir au dernier match à quel point la foule était dedans. C’était tellement amusant en troisième période.
Il nous reste encore 16 matchs et c’est une dernière poussée à donner.
Quand il est arrivé ici, sans dire qu’il était chambranlant, c’était un jeune gardien encore et il n’avait pas nécessairement beaucoup d'expérience
, a rappelé David Savard. Il a mis beaucoup d'heures à travailler.

Pour un cerveau plus rapide
On a créé certaines plateformes qui nous permettent de suivre l’athlète à distance. Il y a des plateformes de tracking, des plateformes de jeux et d'équilibre, des plateformes de mobilité et aussi des plateformes de temps de réaction. Donc on est capable de suivre l'évolution de l'athlète même si on n’est pas à ses côtés.
Il y a un 80 millisecondes où notre cerveau prend l'information et l'analyse, puis après on a un autre 100 millisecondes qui va nous permettre de bouger, explique le spécialiste. Si l’on se fiait seulement à ce temps de réaction-là, on réagirait tout le temps en retard.
Advertising by Adpathway









