Chez les entreprises énergétiques, le gaz naturel vit son heure de gloire
« Le gaz est de retour. » Ce qui sonne comme un titre de film a été dit de manière incrédule par un analyste de S&P Global à la conférence CERAWeek, que la société organise à Houston, au Texas. Mais table ronde après table ronde, le gaz naturel revient indéniablement dans les discussions avec un regain d’enthousiasme. De l'avis du PDG de l'entreprise américaine Cheniere, Jack Fusco, il est même devenu le Les raisons sont multiples, a souligné à ses côtés le PDG de l’entreprise Shell, Wael Sawan. La pétrolière a revu ses prévisions de demandes à la hausse, estimant maintenant que la demande mondiale de gaz naturel liquéfié (GNL) allait augmenter de 60 % d’ici 2040. Les centrales au charbon sont aussi remplacées par des centrales au gaz naturel, comme c’est le cas dans plusieurs provinces du Canada. Le PDG de Shell est convaincu des perspectives de croissance de la demande de GNL. Photo : CERAWeek par S&P Global L’intelligence artificielle et les centres de données très énergivores sont aussi désignés comme une des raisons de ce regain d’intérêt pour le gaz naturel, mais Wael Sawan reste prudent face aux prévisions liées à l’IA. Sans aucun doute, le discours sur le gaz naturel a changé. À une autre table ronde, la PDG de l'entreprise australienne Woodside Energy, Meg O’Neill, a souligné qu’il ne s’agit pas seulement de prévisions. Il y a quelques années, lorsque le marché s’inquiétait d’une surabondance de GNL, les acheteurs ne s’engageaient que pour des contrats à court terme. Aujourd’hui, les engagements sur 10 ans refont leur apparition. Le secrétaire américain à l'Énergie, Chris Wright, montre la prolongation approuvée d'un permis du projet de GNL Delfin. Photo : Radio-Canada / Tiphanie Roquette La nouvelle administration américaine souhaite s’engouffrer dans cet élan. À l’ouverture de CERAWeek, le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, a signé une prolongation de permis d’exportation pour un projet que l’administration précédente avait mis sur pause. C’est la quatrième signature liée au GNL depuis l’entrée au poste de Donald Trump. Selon l’agence américaine d’information sur l’énergie, la capacité d’exportation des États-Unis pourrait doubler en trois ans. À Houston, Danielle Smith a vanté les réserves exploitables de gaz naturel de l'Alberta. Photo : Radio-Canada / Tiphanie Roquette L’Alberta souhaite aussi surfer sur cette vague. La première ministre, Danielle Smith, a attendu sa participation à la conférence CERAWeek pour dévoiler ce qui aurait pu paraître rébarbatif au premier abord : une mise à jour des ressources géologiques de la province. L’Alberta abriterait 3,7 milliards de mètres cubes de gaz naturel exploitable avec les technologies actuelles, soit 6 fois plus que la précédente estimation. L'industrie provinciale a toutefois été soumise à rude épreuve à cause de son manque de débouchés. MAagré tout, l’industrie espère que la situation changera bientôt avec la mise en service du premier projet sur la côte ouest, LNG Canada. Le projet de LNG Canada à Kitimat, en construction en 2022 sur cette photo, devrait être achevé en 2025. (Photo d'archives) Photo : La Presse canadienne / DARRYL DYCK Plusieurs dirigeants d’entreprises pétrogazières ont craint que le pays ait manqué le bateau de cette manne énergétique, mais le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Jonathan Wilkinson, est optimiste. Preuve que le Canada est encore dans la course, a-t-il ajouté, le projet Cedar LNG, prévu pour 2028, a déjà signé un accord de vente de sa production avec ExxonMobil. La PDG de Woodside Energy a ainsi affirmé avoir l’œil sur les avancées au Canada. L’entreprise a abandonné un projet à Kitimat, en Colombie-Britannique, il y a quelques années. Dan Grossman, de l’organisme Environmental Defence Fund, a toutefois tempéré l’enthousiasme. Une étude américaine a d’ailleurs remis en cause l’idée que le gaz naturel liquéfié serait moins polluant que le charbon.carburant de prédilection
.L’un des facteurs est le fort appétit de l’Asie, notamment de son secteur industriel, a-t-il expliqué. Puis le gaz naturel joue un rôle complémentaire aux énergies renouvelables dont [la production] est intermittente.

Nous verrons si ça se concrétise
, a-t-il dit,Plein gaz aux États-Unis

Et le Canada?

Notre histoire n’est pas que celle du pétrole. Nous avons aussi une très très bonne histoire à raconter au sujet de notre gaz naturel
, a dit la première ministre.
Avec les quatre projets [en cours], c’est 50 % du gaz que nous exportons aux États-Unis. C’est important pour notre diversification
, a-t-il dit.Malheureusement, nous n'avons pas été capables de faire avancer le projet. L'endroit était limité et les conditions économiques n'étaient pas compétitives. [...] J'ai à l'œil les avancées en cours. Je pense qu'il y a plein d'avantages. La proximité des marchés asiatiques est un gros plus
, a-t-elle fait valoir.Impact environnemental
Si vous voulez vraiment que ce soit la décennie du gaz naturel, d’un point de vue climatique, il vous faut réduire vos émissions de méthane
, a-t-il affirmé.
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