La saison de pêche au crabe des neiges s’amorcera dans l’incertitude
À l’approche de l’ouverture de la pêche au crabe des neiges, les pêcheurs de la Côte-Nord se préparent à sortir en mer dans un contexte d’incertitude économique. Le 6 mars, le président américain a annoncé que les produits couverts par l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) seront exemptés des droits de douane de 25 % jusqu’au 2 avril. Les produits de la mer, vivants ou transformés, respectent les critères d’origine de l’accord et profitent ainsi d’un sursis. À Sept-Îles, les Pêcheries Shipek comptaient commencer à mettre à l’eau quelques bateaux, mardi, mais la température s’est avérée défavorable. Pour l’instant, le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation n’a pas encore annoncé de date pour l’ouverture de la pêche, mais le président de Pêcheries Shipek, Guy Vigneault, espère profiter d’un début de saison hâtive. Une saison hâtive permet aux pêcheurs de placer rapidement leurs produits sur les marchés. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Réal Fradette Une sortie de pêche hâtive permettait d’être parmi les premiers sur le marché et économiser du temps précieux en fin de saison, ce qui serait avantageux dans le contexte actuel, explique-t-il. Les dernières années ont été difficiles pour l’industrie, rappelle Guy Vigneault. Avant l’imposition d’un moratoire aux États-Unis, le crabe russe était venu saturer le marché américain, un client majeur pour les captures québécoises. Les dernières années ont été difficiles pour les pêcheurs de crabe des neiges, selon le président des Pêcheries Shipek, Guy Vigneault. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Aurélie Girard De surcroît, il coûte de plus en plus cher d’aller en mer, déplore M. Vigneault. Le pêcheur refuse de baisser les bras face à la menace américaine de tarifs douaniers. Il reconnaît toutefois qu’ils feraient mal aux pêcheries nord-côtières s'ils sont mis à exécution. Celles-ci seraient touchées de plein fouet, renchérit le directeur adjoint de l'Association québécoise de l'industrie de la pêche (AQIP), Serge Fortin. Environ 80 % des fruits de mer québécois sont exportés aux États-Unis. Photo : Radio-Canada / Simon Lavictoire De surcroît, l’AQIP prévoit que ce sont les pêcheurs et transformateurs québécois qui seraient forcés d’éponger les pertes de revenus liées aux tarifs. En effet, l'Association rapporte que certains de ses membres auraient eu des discussions avec des clients américains et que ces derniers ne sont pas prêts à subir les conséquences des droits de douane. Le pire scénario serait une entrée en vigueur des tarifs en milieu de saison, explique-t-il. Cela occasionnerait d’importantes pertes de revenus pour tous les joueurs de l’industrie, selon lui. D’un autre côté, ces potentielles difficultés représentent une occasion de diversifier les marchés, estime Serge Fortin. Alors que les provinces maritimes exportent une majeure partie de leurs fruits de mer aux États-Unis, les provinces canadiennes de l’Ouest achètent des fruits de mer américains, indique-t-il. La guerre économique que se livrent les deux pays pourrait ainsi être un bon moment pour revoir les tarifs interprovinciaux, croit Serge Fortin. L'industrie des fruits de mer pourrait se tourner davantage vers le commerce intérieur, croit Serge Fortin. (Photo d'archives) Photo : Gracieuseté : Serge Fortin De plus, il indique que des discussions sont en cours avec les gouvernements provinciaux et fédéraux afin de créer des programmes d'aide pour le secteur des pêches. D’ailleurs, plusieurs acteurs de l’industrie de la pêche seront à Boston la fin de semaine prochaine à l'occasion du Seafood Expo, une importante foire des produits de la mer. L'AQIP compte en profiter pour établir des contacts avec de nouveaux clients afin de diversifier son marché. Avec des informations de Renaud Chicoine McKenzie et d'après une entrevue de Catherine Paquette
Le crabe, c'est maintenant qu'il est abondant et qu'il est plus facile à attraper
, explique le pêcheur, au micro de Côte à Côte, lundi. Tôt en saison, le crabe a faim et peu de nourriture est disponible, ce qui le pousse à pénétrer plus volontiers dans les casiers.
L'an dernier, on a eu 4 $ [de la livre]. On est dans le déficit
, rapporte-t-il.L’industrie inquiète

Miser sur le marché interne

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