Tarifs douaniers : un fabricant manitobain redouble de fierté canadienne
L’entreprise Behlen Industries, spécialisée dans la fabrication de bâtiments en acier à Brandon, affirme que l'accent mis sur les ventes et la production nationales l'aidera à surmonter la tempête de la guerre commerciale entre le Canada et la Maison-Blanche. Behlen fabrique notamment des Quonsets servant à l'entreposage de pommes de terre. C'est son seul produit envoyé aux États-Unis, comme l'explique Sean Lepper, vice-président principal de l'entreprise. Étant donné que l’entreprise n'achète rien aux États-Unis et que tous ses autres produits sont fabriqués au Canada à partir d'acier provenant de Hamilton, de Regina ou de Winnipeg, il s'attend à ce que l'impact des droits de douane de 25 % sur les produits canadiens soit négligeable. L'entreprise constate même un intérêt sans précédent de la part des Canadiens pour ses produits, notamment depuis l'investiture de Donald Trump et des menaces de tarifs douaniers. Sean Lepper ajoute que ces nouveaux clients savent que l'entreprise appartient à des Canadiens et qu'elle utilise des produits canadiens. Ils mentionnent des bâtiments allant de l'exploitation minière à Terre-Neuve à l'exploitation minière sur l'île de Baffin et dans l'Arctique, en passant par Victoria et partout au pays. La plupart du temps, cela se résumait à une question de prix. Aujourd'hui, il s'agit moins du prix que de l'origine du produit. Toutefois, les menaces de droits de douane ont créé une grande incertitude sur le marché, et l'entreprise reçoit des appels de concessionnaires de tout le Canada qui lui demandent quel sera l'impact des droits de douane sur les produits. L’imposition par les Américains de droits de douane de 25 % sur l’acier et l’aluminium canadiens dès mercredi risque aussi de changer la donne. Barry Prentice, directeur du Transport Institute à l'Asper School of Business de l'Université du Manitoba, estime que les droits de douane pourraient servir de catalyseur pour que le Canada développe ses ressources, notamment en exploitant des minéraux essentiels et en améliorant la connectivité des transports à travers le pays. Barry Prentice estime que les tarifs devraient servir de catalyseur pour encourager le Canada à développer ses propres ressources. Photo : Barry Prentice Bea Bruske, présidente du Congrès du travail du Canada, affirme que cette incertitude pousse les travailleurs de tous les secteurs à se préparer au pire. Ils sont vraiment inquiets parce que chaque tweet de la Maison-Blanche signifie une direction différente. Quel que soit le secteur d'activité, l'anxiété est très forte en ce moment. La présidente de la Chambre de commerce de Brandon, Lois Ruston, affirme que l'industrie manufacturière est forte à Brandon et que la Chambre de commerce rencontrera lundi une douzaine d'entreprises pour discuter des tarifs douaniers et de leur impact. Doug Ramsey, professeur au Département de développement rural de l'Université de Brandon, estime toutefois que, en fin de compte, l'achat de produits canadiens pourrait ne pas suffire à compenser les pertes engendrées par les droits de douane. Il faut également mettre l'accent sur la diversification avec d'autres marchés en Asie et en Europe, en plus de ce qui est produit au Canada. Dans un communiqué, le gouvernement provincial affirme avoir fait passer de façon unanime une motion stipulant que le Manitoba reste uni face aux menaces de guerre tarifaire du président Donald Trump. L'Assemblée législative est unie pour défendre la province, ses travailleurs et ses industries contre la taxe tarifaire et les menaces de Donald Trump, qui sapent la souveraineté et la sécurité économique du Canada. Le gouvernement réitère que le Manitoba est une puissance minière et hydroélectrique responsable, qu’elle compte de nombreux travailleurs talentueux et que le Canada ne deviendra jamais le 51e État américain. Avec les informations de Chelsea KempAu cours du mois dernier, nous avons expédié plus de 100 chargements d'acier aux États-Unis, ce qui représente une quantité incroyable d'acier pour une gamme de produits qui serait normalement expédiée au cours des quatre prochains mois
, raconte Sean Lepper.Nous avons des clients, des utilisateurs finaux qui demandent et exigent que le produit soit canadien, ce qui est vraiment rare pour nous.
Prévoir l'incertitude
Nous ne développons pas de nouvelles ressources comme nous le devrions. Je pense donc que l'un des avantages de la tornade Trump est qu'elle nous a poussés à examiner attentivement ce que nous faisons
, estime Barry Prentice.Achetons-nous de producteurs canadiens? Sommes-nous en train d'examiner les barrières commerciales d'intervention qui bloquent le commerce? Cherchons-nous de nouveaux marchés?

Les travailleurs s'inquiètent de leur avenir [...]. Nous entendons déjà parler de licenciements
, confie Bea Bruske.Les gens ont très peur et comprennent l'impact que cela aura sur notre pays et sur notre économie. Je pense que l'achat local, l'achat canadien, permet aux consommateurs et aux Canadiens de tous les jours de s'exprimer
, dit Lois Ruston.
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