L’hiver a été doux dans les Rocheuses, ce qui n’est pas sans risque pour les ours
Selon les données d’Environnement Canada, l’hiver dans les Rocheuses albertaines a été plus doux que la normale. Cette douceur n'est pas sans effet sur le comportement des ours, et certains ont d'ailleurs été aperçus hors de leur tanière en plein hiver. C’est le cas d’un ours noir et d’un grizzly, tous deux repérés en décembre et en janvier près de Jasper, comme le dit Philippa Gunn, agente des relations publiques et des communications à Parcs Canada. Mais est-ce qu'un hiver plus doux que la normale présente un risque pour ces mammifères en période d’hibernation? Cela dépend. D’abord, il faut savoir que les ours sont des espèces qui peuvent survivre sans hiberner, explique Nick de Ruyter, directeur du programme WildSmart à l’Institut de la biosphère, à Bow Valley. En Alberta, la situation diffère toutefois, justement en raison de la disponibilité de la nourriture en période de froid et lorsqu’il y a beaucoup de neige. Il arrive cependant que les ours fassent une excursion hors de leur tanière en plein milieu de l’hiver ou mettent plus de temps avant de s’y réfugier pour y passer la saison froide, ajoute-t-elle. Une fois sortis de leur tanière, que ce soit pour une courte durée ou de façon prématurée, le danger qui guette les ours est la difficulté d'accéder à la nourriture. S'ils hibernent, c'est parce qu'il n'y a pas de nourriture. Alors lorsqu'ils sortent de leur tanière en hiver, il peut faire froid. Ils dépensent donc de l'énergie pour se réchauffer et ne peuvent rien manger pour se réapprovisionner. Cela n'est alors pas sans risque pour les animaux malades, ceux qui n’ont pas eu la chance de faire assez de réserves avant l’hiver ou encore pour les femelles accompagnées de leurs petits. Cet hiver, les températures moyennes dans le parc national Jasper ont été supérieures aux moyennes de saison de près de 2 °C pour les mois de décembre, de janvier et de février, selon les statistiques d’Environnement Canada. Du côté de Banff, le parc national a connu l’un de ses mois de décembre les plus chauds depuis les 136 dernières années, estime Natalie Hasell, météorologue à Environnement Canada. Les températures plus douces et la faible quantité de neige sont des facteurs qui sont donc susceptibles d'inciter les ours à sortir de leur tanière en hiver, selon Parcs Canada. Toutefois, comme le remarque Philippa Gunn, les ours sont des créatures Selon Nick de Ruyter, un autre facteur influence la sécurité et le bien-être des ours. Il s’agit des interactions avec les humains. Les parcs nationaux de l'Alberta ont des équipes qui surveillent les sorties des ours hors de leur tanière en hiver, afin de minimiser les risques d'interaction avec les humains. (Photo d'archives) Photo : Gracieuseté de Béatrix MarkLe long de la côte, il y a beaucoup d'ours qui n’hibernent pas du tout. S'il fait assez chaud et qu'il y a assez de nourriture à leur disposition, ils n'ont vraiment aucune raison de se mettre en tanière, sauf pour les femelles qui souhaitent protéger leurs petits
, souligne-t-il.L'hibernation est un comportement qui a évolué en réponse à un environnement hostile
, précise Karine Pigeon, chercheuse auprès du groupe de spécialistes des ours de l’Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN). Changements climatiques et hibernation
Avec de la pluie ou des températures plus élevées, il pourrait y avoir de l'eau dans la tanière, et cela ferait sortir l'ours. Il est donc possible que cela se produise plus souvent en raison des changements climatiques
, affirme Karine Pigeon.très adaptables et capables de faire face à toute une série de conditions environnementales
.Interactions avec les humains

La première cause de mortalité des ours, c'est l’homme
, dit-il.Si les ours sortent plus tôt de leur tanière en raison des hivers plus courts, ils passent alors davantage de temps sur le terrain, ce qui augmente la possibilité qu'ils croisent des humains ou qu'ils soient heurtés par des véhicules ou des trains.
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