Les ruptures de services en obstétrique forcent l’adaptation
Des ruptures de service au centre mère-enfant du Centre intégré de santé et des services sociaux (CISSS) de la Côte-Nord forcent les futurs parents et l'organisme d’accompagnement à la naissance À la source à s’adapter devant l’incertitude. La semaine dernière, un couple de Port-Cartier s’est rendu à Sept-Îles pour un examen prénatal, raconte une accompagnante de l’organisme, Marie-Claude Reid. Sur place, on apprend au couple qu’un bris de service est en cours au centre mère-enfant. On l'informe qu’il devra se rendre à Baie-Comeau ou à Québec si le travail d’accouchement devait débuter dans les prochains jours. Les futurs parents décident de se rendre à Baie-Comeau pour y attendre la naissance. Une fois arrivés à l’hôpital, on les informe que le bris de service est résolu à Sept-Îles et qu’ils doivent y retourner. L’expérience de ces nouveaux parents n’est pas un cas isolé alors qu’une pénurie de gynécologues sévit au sein du CISSS de la Côte-Nord. Le manque de gynécologues fragilise les services en natalité au CISSS de la Côte-Nord. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Alban Normandin La semaine dernière, l'organisation a envisagé le transfert d’une trentaine de femmes enceintes de Sept-Îles à Baie-Comeau en raison d’un manque de chirurgiens. À l’heure actuelle, aucun autre transfert n’est prévu, indique le CISSS par courriel. La situation demeure toutefois fragile. Entre le 8 et 14 mars, le CISSS prévoit manquer de gynécologues. Pour l’organisme d'accompagnement à la naissance À la source, il est primordial de se préparer à d’autres bris de service. Lorsqu’une femme enceinte doit effectuer un déplacement imprévu, son accompagnante à la naissance doit gérer son propre déplacement, ce qui implique des enjeux logistiques pour l’organisme, explique-t-elle. À la source travaille à organiser ses services en ce sens, rapporte Mme Dumont. « Plus tu as un accouchement qui peut être complexe, plus ça va être difficile au niveau du lien d'attachement avec le bébé », indique Marie-Pier Dumont.
Photo : Radio-Canada De tels imprévus sont une source de stress important pour les futurs parents, met-elle en garde. Les effets physiologiques du stress peuvent également créer des complications durant l’accouchement et pendant les premiers mois de la maternité, selon l’accompagnante. La production de cortisol peut diminuer les contractions et même faire cesser le travail, ce qui diminue les chances d’avoir un accouchement naturel, précise-t-elle. De surcroît, le stress et les émotions négatives vécues pendant l’accouchement peuvent engendrer des difficultés au niveau du lien d’attachement avec le bébé, ajoute l'accompagnante. On vient vraiment jouer au niveau de la santé mentale de la mère. En plus de travailler au recrutement et à la rétention des gynécologues, Marie-Pier Dumont estime que le CISSS de la Côte-Nord devrait miser sur l’emploi de sages-femmes. La Côte-Nord est la seule région au Québec où personne ne pratique le métier. Selon l'Association des obstétriciens et gynécologues du Québec, il est de plus en difficile de trouver des solutions aux enjeux de main-d’œuvre. La pénurie de gynécologues ne touche pas seulement les régions éloignées, mais toute la province, selon le président de l’Association, Dominique Tremblay. Il estime qu’il manque entre 30 et 40 professionnels au Québec. Ainsi, de moins en moins de ressources sont disponibles pour effectuer des remplacements lorsqu'une découverture a lieu dans un établissement de santé. Avec les informations de Renaud Chicoine-McKenzieLa personne ne se sentait vraiment pas à l'aise de rester chez elle […] sachant que quand le travail commencerait, elle devrait faire deux heures de route pour se rendre à Baie-Comeau
, relate Marie-Claude Reid.Ils étaient très découragés
, indique l’accompagnante à la naissance. Près de 500 km et quelques heures plus tard, le travail a commencé.
Un chirurgien "dépanneur" qui peut faire des césariennes sera présent durant la période visée
, écrit l’organisation.Prévoir l’imprévu
Ce n'est pas la première fois que ça arrive […]. Ce n'est pas la dernière fois que ça va arriver
, croit l'accompagnante à la naissance Marie-Pier Dumont.
Ça ajoute beaucoup de lourdeur dans le processus d’accouchement.
Un enjeu provincial
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