Irrité par les menaces tarifaires, ce canton retire le drapeau américain de son aréna
Cela faisait des années que le drapeau américain était aux côtés du drapeau canadien dans l’aréna du centre communautaire du canton de West Lincoln, en Ontario. Ce n’est plus le cas. Le conseil de canton en a voté le retrait, lundi soir. Le président américain, Donald Trump, prévoit d’imposer des droits de douane de 25 % sur la plupart des importations du Canada à partir de mardi prochain, ce qui irrite les conseillers. Le conseiller Reilly a précisé que le drapeau américain serait hissé lors de matchs contre des équipes américaines. Or, cette décision ne fait pas l'affaire de tous. Ed Wrzosek, un habitant de West Lincoln, est d'accord avec la décision de retirer le drapeau américain de l'aréna. Photo : Radio-Canada / Pelin Sidki Sylvie Taylor, une autre résidente de West Lincoln, ne pense pas que le retrait du drapeau américain de l'aréna soit une bonne idée. Photo : Radio-Canada / Pelin Sidki Mais pour Sylvie Taylor, une autre résidente du canton, retirer le drapeau est une réaction disproportionnée : Je ne pense pas qu'on devrait jouer le jeu des trolls. Robert Lee, lui, pense qu'il s'agit là d'un geste inutile : Le maire de Niagara Falls, Jim Diodati, rappelle que les visiteurs américains génèrent 50 % des revenus de la ville frontalière. Le pont Rainbow est l'un des quatre points de passage de Niagara Falls entre le Canada et les États-Unis. Environ 10 millions de voitures et 2 millions de camions traversent la frontière chaque année. Photo : Radio-Canada / Jessica Chen Et pour lui, cela passe par le renforcement des liens avec leurs voisins de l'autre côté de la frontière. Pour le maire de Niagara Falls, en Ontario, Jim Diodati, le Canada et les États-Unis sont trop alignés en tant qu'alliés pour se considérer comme des ennemis. Photo : Radio-Canada / Jessica Chen M. Diodati affirme aussi De son côté, George Spezza, directeur du Développement économique de la région de Niagara, rappelle l'incidence considérable qu'auraient des tarifs douaniers sur les produits américains. Cela aurait un impact sur près de 30 000 emplois dans notre région. L'organisation rappelle qu'en 2023, les entreprises de la région de Niagara ont exporté pour 6 milliards de dollars de marchandises vers les États-Unis et qu'inversement, la région de Niagara a importé pour 2 milliards de dollars de marchandises de son voisin, ce qui représentait 54 % des importations totales. Une On ne s'attendait tout simplement pas à cela de la part de notre plus proche allié. Mais il ne se dit pas anti-Américain pour autant. Thierry Clément, qui a ouvert le restaurant Paris Crêpes Café à Niagara Falls il y a plus de 15 ans, affirme que les tarifs douaniers annoncés par le président Trump lui causent moins d'inquiétudes qu'une pandémie. Thierry Clément, propriétaire de Paris Crêpes Café, affirme que les tarifs douaniers ne lui font pas peur. Photo : Radio-Canada / Pelin Sidki Et pour le chef, cela signifie repenser le menu estival en fonction de produits achetés localement et envisager de réduire le nombre d'employés saisonniers. Sa clientèle estivale se compose de 70 % d'Américains, contre 20 % de Canadiens. S'il s'attend à une baisse potentielle de la clientèle du fait de l'incertitude économique, il a confiance dans la résilience de son bistrot. Un optimisme qui trouve écho auprès du maire de la Ville. Il souligne que davantage d'Américains pourraient visiter le Canada en raison de la valeur du dollar américain. Terri et Barry Young, deux Américains de l'Ohio, sont venus passer le weekend à Niagara Falls pour soutenir les Canadiens face à la menace tarifaire du président Trump. Photo : Radio-Canada / Pelin Sidki Croisés dans la rue Clifton Hill, Terri et Barry Young, un couple de touristes américains venu de l'État de l'Ohio, a décidé de passer le week-end du côté canadien de Niagara Falls en soutien à leurs voisins. Être américain en ce moment est embarrassant.Nos voisins du sud ne nous respectent pas vraiment
, a déclaré William Reilly, conseiller municipal de la communauté de Smithville, lors de la réunion du comité des services généraux du canton, le 18 février, durant laquelle la motion a été présentée.Le drapeau américain est fixé en permanence dans notre centre communautaire, 365 jours par an
, a-t-il signalé. Nous n'avons même pas le drapeau de l'Ontario.
Des avis mitigés chez les résidents

Je ne vois pas pourquoi nous devrions avoir le drapeau américain ici
, affirme Ed Wrzosek, un habitant de West Lincoln. Le Canada est menacé économiquement et militairement, et nous devons faire preuve de résistance
, ajoute-t-il.
Cela symbolise trop le mécontentement, la rivalité et la censure
, soutient-elle. Cela n’a aucune importance pour les gens. La plupart des gens ici ne savaient même pas qu’il était là-haut. Alors à quoi bon?
Pas anti-Américains
Et donc nous faisons bien attention d'être pro-Canadiens mais pas anti-Américains.

Il y a beaucoup de cas de figure, et il est difficile de faire des hypothèses
, affirme le maire de Niagara Falls, mais nous nous préparons aux pires scénarios.

J'entretiens des relations très chaleureuses avec le maire de Niagara Falls aux États-Unis, et avec d'autres maires des États-Unis – de Miami et d'ailleurs – et je peux vous dire que beaucoup m'ont contacté pour me dire : "Nous sommes désolés, ce n'est pas le peuple américain. C'est de la politique et des politiciens qui négocient".
tendre la main de manière proactive aux personnes que le président Trump écoute
, comme le gouverneur du Kentucky, des PDG de grandes entreprises et d'autres gouverneurs qui vont être affectés par les tarifs
, tout en mettant en place des fonds et plans d'urgence et en réexaminant les sources d'approvisionnement de la Municipalité.Une solidarité entre différents acteurs de la région
Environ 72 % de notre production et de nos produits exportés sont directement destinés aux États-Unis
, souligne-t-il. équipe Niagara
– composée de la Chambre de commerce du Grand Niagara, de la Chambre de commerce du Sud du Niagara, de Développement économique de la région de Niagara ainsi que de l'Association Industrielle de Niagara – tient des réunions hebdomadaires depuis un mois pour trouver des moyens de faire face à la menace tarifaire.Vous savez, nous sommes beaucoup à avoir de la famille et des proches de l'autre côté de la frontière qui travaillent au Canada, et qui vont quotidiennement aux États-Unis, et vice-versa
, explique M. Spezza.Je ne peux pas dire que je suis négatif à l'égard de nos homologues américains
, ajoute-t-il. Ils sont un allié important pour le Canada.
Des inquiétudes modérées
Cela ne me fait pas peur
, affirme-t-il. Mais il ne faut pas le prendre à la légère, il faut s'y préparer.

Je pense que cela fait partie de la résilience que l'on développe dans une ville frontalière, affirme M. Diodati. Comme on dit, quand vous êtes une souris et que vous dormez près d'un éléphant, vous êtes très conscient des faits et gestes de l'éléphant, car vous ne voulez pas vous retrouver sous lui.
Nous sommes tellement habitués à faire face à ce genre de situation que cela n'a pas d'impact émotionnel majeur, ajoute-t-il. Nous prenons les choses de manière logique, nous sommes habitués, nous sommes passés par là. Nous sommes préparés.

On dirait que notre administration est en train d'abandonner tous ses alliés, et nous ne voulons pas cautionner cela, affirme-t-elle. Nous sommes donc ici pour soutenir les Canadiens et le Canada.
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