Démission d’Andrew Furey à T.-N.-L. : « nous avons tous été surpris »
Le Parti libéral de Terre-Neuve-et-Labrador commence à préparer la succession d’Andrew Furey alors que la province continue d’encaisser le choc de la démission surprise de son premier ministre.
Le conseil de direction de la formation politique se réunit mercredi pour déterminer les modalités de la prochaine course à la chefferie.
Maintenant, c’est le parti qui prend les choses en main
, explique Ashley Power-Stack, la présidente du Parti libéral de Terre-Neuve-et-Labrador, en entrevue à CBC. Nous aurons un processus juste et équitable. Ce sera une période très intéressante. Je suis sûre que nous en aurons beaucoup plus à dire dans les jours à venir.
Nous avons une nouvelle fenêtre de possibilités qui s’ouvre. Heureusement, le premier ministre Furey a jeté les bases d'une fondation solide. Il a laissé le parti dans une excellente position.
Des ministres du gouvernement Furey n’ont pas tardé mercredi à manifester leur intérêt pour la succession du premier ministre démissionnaire.
La vice-première ministre et ministre des Finances, Siobhan Coady, ne ferme pas la porte à une candidature. Permettez-moi de prendre quelques jours, a-t-elle déclaré. De toute évidence, je pense que de nombreuses personnes réfléchiront à cette question au cours des prochains jours.

Ashley Power-Stack, présidente du Parti libéral de Terre-Neuve-et-Labrador
Photo : Radio-Canada / Patrick Butler
Le ministre du Logement et de la Santé mentale, John Abbott, est également en réflexion. Il a même mis en veilleuse mercredi l’annonce de sa candidature pour les libéraux fédéraux afin d’explorer la possibilité de briguer la succession d’Andrew Furey.
Le ministre de la Santé, John Hogan, et l’homme d’affaires Paul Antle confirment qu’ils s’intéressent eux aussi à la chefferie libérale.
Furey entend demeurer neutre
Pour sa part, Andrew Furey indique qu’il ne commentera pas la course à sa succession et qu’il n’appuiera aucun candidat. Je suis satisfait de la situation dans laquelle nous laissons la province, mais je suis également rassuré par le fait qu'il y aura un successeur solide
, a-t-il déclaré mercredi en marge du dévoilement de la liste d’artistes en nomination pour les prix ECMA à Saint-Jean.
Le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, le 14e depuis l'adhésion de la province à la Confédération canadienne en 1949, entend demeurer en poste jusqu’au choix de son successeur.
L’annonce de la démission d’Andrew Furey – survenue moins d’une semaine après celle de l’ancien premier ministre Dennis King à l’Île-du-Prince-Édouard – a provoqué une onde de choc dans toute la région atlantique.
Je pense que nous avons tous été surpris par l’annonce. La plupart d’entre nous avions essayé de prédire quand il organiserait les prochaines élections
, affirme la professeure de science politique Amanda Bittner, de l’Université Memorial à Saint-Jean.
Le politologue Alex Marland, de l’Université Acadia en Nouvelle-Écosse, parle quant à lui d’une véritable bombe politique
dont les effets pourraient être ressentis dans tout le Canada.
Les choses changent vite en politique
Il s’agit d'un premier ministre relativement populaire, qui avait de bonnes chances de former un [autre] gouvernement majoritaire après les prochaines élections et qui vient de signer un accord majeur dans le domaine de l'énergie [avec] le Québec pour résoudre toutes sortes de problèmes hérités de Churchill Falls
, dit-il.
Mais les choses changent vite en politique
, reconnaît Amanda Bittner. Encore plus depuis le retour de Donald Trump à la présidence des États-Unis, ajoute-t-elle.
La déstabilisation [que provoque] l’administration Trump amène beaucoup de gens à réévaluer leur choix de carrière.
Andrew Furey assure que la guerre commerciale imminente avec les États-Unis n’est pas la principale raison de son départ, mais que la perspective de quatre années d’incertitude a facilité sa décision.
Alex Marland affirme que le Canada a besoin de stabilité politique face à la menace de tarifs douaniers américains. Toutefois, le politologue estime qu’avec la démission surprise de son premier ministre, Terre-Neuve-et-Labrador obtient le contraire de ce que nous attendons
.
Andrew Furey est arrivé à la barre du gouvernement libéral de Terre-Neuve-et-Labrador en pleine crise de la COVID-19 en 2020. Il a mené son parti vers un troisième mandat d'affilée en 2021 à la suite d'élections chaotiques.
Les prochaines élections provinciales sont prévues le 14 octobre 2025.
Avec des renseignements de Patrick Butler, de l’émission Le réveil Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve, et de CBC
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