Glissement de terrain : les Tŝilhqot’in réclament un fonds d’urgence
À la suite du glissement de terrain survenu à l’été 2024 sur la rivière Chilcotin, en Colombie-Britannique, le gouvernement national des Tŝilhqot'in demande aux gouvernements provincial et fédéral une garantie de la compétence autochtone, un fonds de réserve d’urgence et le renforcement des mesures de protection des saumons. Le gouvernement des Tsilhqot'in est un conseil tribal créé en 1989 qui représente les six membres des Premières Nations du plateau de Chilcotin. Ces requêtes font partie des conclusions du rapport intitulé Nagwentled - Changing Waters (Nagwentled - Eaux changeantes) élaboré par le conseil afin Dans la nuit du 30 au 31 juillet 2024, un glissement de terrain s'est produit en amont du canyon Farwell, bloquant la rivière Chilcotin et formant un lac d’environ 10 km de long. Le gouvernement national des Tŝilhqot'in a déclaré l'état d'urgence local. Bowinn Ma, la ministre de la Gestion des urgences et de la Préparation au plan climatique de l’époque, avait également encouragé les gens qui vivent le long de certaines parties du fleuve Fraser à se tenir prêts à évacuer. Le conseil reproche à la province des problèmes de communication et de coordination. Il demande donc au provincial et au fédéral que des protocoles de consultation, de coopération et de consentement soient intégrés dans l’ensemble des services gouvernementaux afin de garantir le respect de la compétence autochtone, Des débris en provenance de la rivière Chilcotin se sont retrouvés dans le fleuve Fraser à la suite du glissement de terrain. (Photo d'archives) Photo : gouvernement de la Colombie-Britannique Le ministère de la Gestion des urgences et de la Préparation aux changements climatiques et le ministère de l’Intendance de l’eau, des terres et des ressources de la Colombie-Britannique disent avoir pris connaissance du rapport. De son côté, Ottawa n’a pas répondu à la demande de commentaire avant l’heure de tombée. Sans spécifier de montant, le gouvernement national des Tŝilhqot'in demande également aux gouvernements de la Colombie-Britannique et du Canada la mise sur pied d’un fonds de réserve pour mettre en place des mesures de prévention et d’intervention en cas d’urgence. Cette situation rappelle l'incertitude fiscale « qui a entaché la prise de décision pendant les feux de forêt de 2017, forçant les communautés à payer d'avance les mesures d'intervention nécessaires dans l'espoir que le financement finirait par arriver », selon le rapport. En 2017, le complexe de feux situé sur le plateau de Chilcotin a brûlé un total de 5210 kilomètres carrés. (Photo d'archives)
Photo : Cariboo Regional District Emergency Operations Centre À la suite du glissement de terrain, les montaisons de saumons ont été affaiblies dans la rivière Chilcotin. Pour faire face à la situation, le conseil a mis sur pied un groupe de travail d’urgence sur le saumon. Il demande aujourd’hui à ce que ce groupe soit transformé en initiative à long terme. La Loi sur la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones est entrée en vigueur le 21 juin 2021 au Canada. Le 28 novembre 2019, la Colombie-Britannique a intégré la DNUDPA dans sa législation.d'éclairer les actions futures, de consigner les expériences de [la nation Tŝilhqot'in] et d'encourager les changements nécessaires
.Une meilleure collaboration
Alors que le gouvernement national des Tŝilhqot'in a travaillé sans relâche pour établir des relations de gouvernement à gouvernement et des protocoles avec les gouvernements locaux, régionaux, provinciaux et fédéraux en vue d'une action d'urgence coordonnée, le glissement de terrain de 2024 a mis à l'épreuve la résilience de ces relations
, indique le rapport.même en situation d'urgence et quelles que soient les entités gouvernementales mobilisées pour l'intervention
.
Nous continuerons à travailler en étroite collaboration avec nos partenaires à tous les niveaux pour assurer la sécurité des personnes et des communautés
, ajoute la province.Un fonds d’urgence
Malheureusement, l'incertitude entourant les décisions de financement a servi à affaiblir la compétence des Tŝilhqot'in
, indique le rapport.
Protéger les saumons
C'est la Nation - et non la Colombie-Britannique ou le Canada - qui détient la vision à long terme de la survie et de la résilience du saumon
, note le rapport.Les Tŝilhqot'in sont les gardiens de la terre et nous demandons à la Colombie-Britannique et au Canada de mettre pleinement en œuvre la DNUDPA afin de garantir que la juridiction et la prise de décision autochtones soient mises en pratique
, indique le chef Francis Laceese de la communauté Tl'esqox, membre de la nation Tŝilhqot'in.
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