Les propriétaires d’armes à feu font face à une envolée du prix des munitions
Les prix des munitions ont subi une importante hausse au cours des dernières années, comme le constatent les milliers de personnes au Canada, notamment en Alberta, qui utilisent des armes à feu. À cause d’un ensemble complexe de facteurs, le prix des munitions a doublé au cours des trois dernières années. Ainsi, les munitions de 9 mm, le calibre le plus populaire pour les armes de poing et les fusils dans le pays, se vendaient 13 $ les 50 cartouches il y a deux ans. Aujourd'hui, 50 cartouches coûtent 24 $, selon Wes Winkle, président de l'Association de l'industrie canadienne des armes et des munitions sportives (CSAAA). Au Canada, environ 80 % des munitions sont importées des États-Unis, premier pays exportateur mondial, suivi de la Corée du Sud et de la Pologne. Cette dépendance à l'égard des chaînes d'approvisionnement extérieures est l'une des principales raisons pour lesquelles les détaillants et les représentants de l'industrie affirment que les coûts n'ont jamais été aussi élevés. Au Canada, environ 80 % des munitions sont importées des États-Unis. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Mathieu Ouellette Tout d'abord, les composants utilisés pour fabriquer les munitions sont devenus plus chers et, dans certains cas, plus difficiles à obtenir. Selon Wes Winkle, le prix de matériaux tels que le cuivre et le plomb, utilisés pour fabriquer les douilles et les balles, a augmenté, tandis que la nitrocellulose, un matériau utilisé pour fabriquer la poudre à canon moderne sans fumée, est en pénurie. Tony Bernardo, porte-parole de la CSAAA, indique qu'il n'y a que quelques fabricants de ce produit dans le monde, la Chine étant un acteur majeur. Il ajoute que des conflits mondiaux, comme la guerre en Ukraine, requièrent des obus qui utilisent beaucoup de poudre de nitrocellulose, ce qui utilise presque tous les stocks disponibles sur le marché. Le stock de munitions militaires du Canada a été réduit par les dons d'armes à l'Ukraine depuis l'invasion de ce pays par la Russie, il y a trois ans. Au printemps dernier, le gouvernement fédéral a promis 9,5 milliards $ en 20 ans pour accélérer la production de munitions dans le pays. James Bachynsky, président du Calgary Shooting Centre, dit qu’il espère que la réélection de Donald Trump contribuera à faire baisser le coût des munitions. James Bachynsky, président du Calgary Shooting Centre, affirme que le prix des munitions n'a pas baissé depuis la pandémie de COVID-19. Photo : Radio-Canada / Terri Trembath/CBC Tony Bernardo, de la CSAAA, note que ce sont les tireurs sur cible qui ressentent particulièrement la hausse du coût des munitions, parce qu’ils D’après lui, pour les chasseurs, le prix des munitions ne représente qu'une petite part des dépenses par rapport à leurs autres frais généraux, surtout lorsqu’ils partent en excursion guidée. En 2023, 361 699 permis de possession et d'acquisition ont été délivrés en Alberta. Plus de 120 000 chasseurs de la province utilisent des armes à feu, par opposition à la chasse à l'arc. Ashley Tebbutt est représentante du service à la clientèle d'Alberta Firearms, un détaillant de munitions de Fort Macleod, dans le sud de la province. Elle affirme que la hausse du prix des munitions n’a pas pour autant refroidi l’ardeur de ses clients. Beaucoup d'entre eux chassent pour subvenir aux besoins de leur famille pendant l'hiver. Ils en ont donc besoin. James Bachynsky affirme par ailleurs que le renforcement de la réglementation fédérale sur les armes à feu entraîne une diminution du nombre de personnes pratiquant les sports de tir. Des chasseurs dépendent de munitions pour chasser et subvenir ainsi aux besoins de leur famille. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Martin Guindon Donglin Xie, propriétaire de FH Munitions, une entreprise de Calgary qui fabrique des munitions, espère pour sa part combler une lacune du marché en assurant l'approvisionnement de la région de Calgary en munitions produites localement. Il indique qu'il fabrique plusieurs calibres à partir de composants provenant du Québec, de Turquie, des États-Unis et de Suisse. Avec les informations de Kylee Pedersen
Approvisionnement, guerres et Trump

Les chasseurs dépendants des munitions
consomment normalement des centaines de cartouches en une semaine
.
Une production locale de munitions
Du côté des composants, le prix a augmenté, mais pas autant que le produit final. Cela nous laisse encore un peu de marge pour fabriquer des munitions ici
, explique-t-il.
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