Des grimpeurs imprudents à l’origine de l’avalanche?
Le déplacement de trois alpinistes sur la paroi enneigée aurait été à l’origine de l’avalanche qui a enseveli une camionnette qui circulait sur la route 132 en contrebas.
C’est du moins le constat du ministère. C'est pas mal le déplacement des gens qui étaient dans la montagne ou aux abords de la falaise qui a pas mal fait le mouvement pour le déclenchement
, indique la porte-parole du ministère des Transports et de la Mobilité durable (MTQ) Sophie Gaudreault.
Cette dernière observe toutefois que l’abondance de neige tombée au cours des derniers jours sur les flancs des montagnes avait rendu le secteur propice au déclenchement d’avalanche.
Juste avant le détachement de la plaque de neige, trois grimpeurs étaient sur la paroi ou en bas de la paroi, située aux abords de la route. L’avalanche a aussi emporté une camionnette et ses deux passagers.

La route a été fermée pendant un peu plus de deux heures afin d'effectuer le déblaiement.
Photo : Gracieuseté : Maxime Ouellet
Tout le monde s’en est sorti sain et sauf et quitte pour une bonne frousse.
La glissière de sécurité a limité la course de la neige, ce qui a évité, entre autres, que la voiture tombe dans le fleuve. C’est un secteur où la route se retrouve entre falaises et mer. Effectivement, la glissade de sécurité a différentes utilités, mais dans ce cas-là effectivement, là, elle a fait le travail
, commente la porte-parole du MTQ.
Sophie Gaudreault souligne que la prudence est de mise à plusieurs endroits le long du littoral, qui est sujet aux incidents avalancheux. Je peux comprendre que pour des amateurs de plein air, ça peut être des secteurs intéressants, mais côté transport, on invite les gens, là, à ne pas s'arrêter ou à ne pas s'aventurer là.
Une route sous surveillance
Le prévisionniste d'Ava Pro, Guillaume Gagnon, parle d'un cocktail idéal pour les avalanches au lendemain d'une tempête qui a laissé derrière elle de 50 à 70 cm de neige.
En saison hivernale, l'entreprise Ava Pro couvre la route 132 de Sainte-Anne-des-Monts jusqu’à Sainte-Madeleine-de-Rivière-Madeleine ainsi que quelques kilomètres sur la route 198 à partir de L’Anse-Pleureuse vers Murdochville afin de repérer les endroits propices aux avalanches, selon les conditions météorologiques.
Le MTQ a aussi installé des interdictions de stationnement ici et là le long de la route dans les secteurs les plus à risques.
Des panneaux clignotants peuvent aussi être activés au besoin lors de risques élevés. Le ministère demande d’ailleurs aux automobilistes qui doivent faire des déplacements en hiver sur la route 132 en Haute-Gaspésie de respecter cette signalisation.

Opération de déneigement après une avalanche. (Photo d'archives)
Photo : Carlo Fiola
Particularités hivernales et régionales
Le danger d’avalanche sur le versant nord de la route 132 et sur la route 198 est une réalité très propre à notre région, rappelle la porte-parole de Transport Québec.
Le ministère a lancé en 1987 un programme de surveillance sur les éboulements et les avalanches. Depuis, des patrouilleurs du MTQ parcourent les secteurs à risques 365 jours par année, 24 heures par jour.

Le MTQ peut effectuer différentes interventions sur des portions des routes 198 et 132 lorsque les risques d'avalanche sont extrêmes.
Photo : Radio-Canada / Guillaume Whalen
Le ministère a aussi réalisé ces dernières années des exercices de déclenchement d’avalanches par dynamitage dans des secteurs de Saint-Maxime-du-Mont-Louis afin d’utiliser cette méthode de travail pour prévenir le déclenchement d’avalanche. Chaque année, ajoute Mme Gaudreault, on peut aussi avoir des fois des exercices d'évacuation. On ne souhaite jamais que survienne une situation comme hier, mais dans le cas où des voitures ou des personnes seraient enterrées dans la neige, nos gens du ministère sont formés, ont les équipements pour intervenir rapidement.
D’après une étude publiée par le ministère des Transports en 2022, il y aurait eu plus de 600 avalanches de neige sur ces deux routes entre 2003 et 2020.
Toujours selon le MTQ, 17 accidents de la route ont été causés par une avalanche durant cette période et trois personnes sont mortes sur la route dans des accidents avalancheux depuis le début du 20e siècle. L’étude du ministère évalue néanmoins que la probabilité qu’une voiture soit ensevelie par une avalanche reste faible.
L’étude du MTQ constate par contre que ces incidents ont des conséquences économiques et sociales en raison de l’interruption de la circulation et du transport.
Par ailleurs, les avalanches sont fréquentes dans les montagnes de la Gaspésie. L'an dernier, trois jeunes hommes originaires de l'Estrie sont morts ensevelis par la neige dans l'arrière-pays de La Martre. Il s'agissait de l'accident avalancheux le plus tragique à survenir en 25 ans dans les Chic-Chocs.
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