Dans l’œil d’Ivanoh : pas facile, la photo de boxe
Je n’avais pas couvert un gala de boxe depuis des lunes. La préparation technique lorsqu’on photographie ce sport est primordiale. Il faut capter le moment décisif, ce qui n’est pas simple. Survol d’une nuit dans l'univers de la boxe. Cette photo a été réalisée pendant le duel entre l’Américain Dejon Farrell-Francis et le Montréalais Ayoub Maanni. Un instant clé du combat. De toute la soirée, c’est la seule image que j’ai captée qui illustre parfaitement l’impact du gant du boxeur sur le visage de son adversaire. Oui, seulement UNE photo. Après avoir couvert les sept combats de la carte et croqué 3993 photos, j’ai saisi le coup de poing qui a mis fin aux hostilités à seulement une occasion. Un taux de réussite de 0,00025 %! C’est en triant mes images que j’ai trouvé mon erreur à la prise de vue : ma vitesse de rafale d'environ 10 images par seconde était trop lente. En ayant choisi un mode rafale plus élevé à 20 images/seconde, j’aurais augmenté les probabilités d’avoir de bonnes images. Une erreur de débutant. Un œil averti aura remarqué que la mise au point est sur le gant noir du boxeur et non sur son nez. La perfection n’existe pas. Malgré une mise au point déficiente, l’impact visuel de la photo reste efficace. Dejon Farrell-Francis est au plancher, ayant subi un knockout technique face à Ayoub Maanni. Photo prise au Casino de Montréal, le 30 janvier 2025. Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers Plus prévisible, la chute au sol d’un boxeur constitue un point culminant lors d’un combat. J’aime bien capter ce moment au grand-angle afin d’essayer de montrer la réaction de l’arbitre et, possiblement, celle du boxeur victorieux. Pendant le décompte de huit secondes, tout bon photographe aura le temps nécessaire pour obtenir une bonne image. Le choix d’inclure les cordes du ring est voulu. La ligne directrice qu'elles créent amène notre regard vers le boxeur, qui tente de reprendre ses esprits. Combat entre Gabriel Coffie, à gauche, et Mazlum « Maz » Akdeniz. Photo prise au Casino de Montréal, le 30 janvier 2025. Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers C’est bien beau d’essayer de capter le punch de la victoire, mais il y a autre chose qui se passe dans un ring. Lors du combat entre Gabriel Coffie et Mazlum J’avais trouvé mon idée de composition. Pourquoi ne pas utiliser les jambes de l’arbitre pour isoler les boxeurs en action? Après avoir déposé ma caméra au sol, j’ai attendu que l’arbitre passe devant moi. Après de multiples essais, j’ai finalement obtenu cette version un peu différente. Russ Anber prodigue des soins à Mazlum « Maz » Akdeniz. Photo prise au Casino de Montréal, le 30 janvier 2025. Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers Un autre moment captivant dans le monde de la boxe se passe dans le coin du ring. La pause d’une minute entre les rounds est intense. C’est le temps pour l’équipe de coin de fournir des soins et de transmettre quelques conseils stratégiques au boxeur éprouvé. J’ai aperçu Je voulais voir l'entraîneur qui appliquait de la vaseline sur le visage boursouflé de son protégé, mais le mouvement de la main cachait toujours une bonne partie du visage. Je me suis donc concentré à faire ma mise au point sur le coton-tige ensanglanté. Le regard concentré de Russ Anber qui insère le protecteur buccal dans la bouche de son poulain ajoute une autre dimension à cette photo. Chute au plancher d’Eduardo Cortes Molina face à Theotilus Owusu. Photo prise au Casino de Montréal, le 30 janvier 2025. Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers Mon image favorite de la soirée. Le boxeur Eduardo Cortes Molina est en train de tomber au sol. Le mouvement de son corps vers le tapis est palpable. Il vient de recevoir une correction du boxeur de Pierrefonds Theotilus Owusu. La position de la jambe du vainqueur, au centre de l’image, suggère la supériorité de celui-ci. Le jaune attire également notre attention. La grande force de cette photo est qu’elle illustre simultanément le moment de la victoire et celui de la défaite. Marie Boutin dans son appartement. Elle fait face à une éviction par son propriétaire, qui a l’intention de démolir son logement. Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers En début de semaine, je suis allé à Laval pour rencontrer des citoyens qui se battent pour ne pas se faire évincer de leur logement. Malgré la protection accordée aux aînés, ces locataires sont aujourd’hui menacés d’éviction étant donné la possible démolition de leur résidence. J’ai fait la connaissance de Marie Boutin, 68 ans, qui habite au même endroit, à Laval, depuis 30 ans. Elle espère bien pouvoir continuer à vivre dans son appartement. Ayant terminé la séance photo dans son logement, je m’apprêtais à remettre mes bottes d’hiver et à quitter les lieux. Puis, Mme Boutin s’est dirigée vers le cubicule de l’entrée pour me souhaiter un bon retour vers Montréal. C’est à ce moment que j’ai aperçu son regard dans le miroir. Caméra au cou, j’ai immédiatement fait quelques photos. En triant mes images, j’ai préféré ce moment plus spontané que ma séance photo précédente. D'où l'importance d'avoir le réflexe de toujours garder l'œil bien ouvert.Le coup de poing
La chute

Le ring de boxe

Maz
Akdeniz, j’ai remarqué que l'arbitre se déplaçait constamment autour des boxeurs.Le coin de l’entraîneur

l’homme de coin
Russ Anber, une véritable légende dans le monde de la boxe au Québec. Voir un des meilleurs cutmen de la profession est une expérience en soi. Il m'était impossible de ne pas tenter de faire une bonne image de lui.La victoire et la défaite

Le clin d'œil de la semaine : un autre type de combat

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