Des fossiles permettent de remonter l’évolution de la vie dans les abysses de l’océan
Des géologues de la Saskatchewan ont étudié les traces fossilisées, appelées ichnofossiles, laissées par des organismes d’il y a des millions d'années pour remonter l’origine et l’évolution de l’écosystème marin des abysses. L'équipe, menée par le professeur de l'Université de la Saskatchewan Luis Buatois, a étudié 720 ichnofossiles, dont les plus anciens datent d'il y a 635 millions d'années, et les plus récents, de 359 millions d'années. Les résultats de sa recherche, publiés (Nouvelle fenêtre) dans la revue scientifique Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), expliquent comment les écosystèmes des fonds marins ont pu se former à travers une période de 100 millions d'années, ce qui permettrait de déterminer l'origine de ces écosystèmes. Les fossiles qui ont intéressé l'équipe présentent des formes géométriques comme des hexagones ou des spirales. Ce serait là les vestiges des terriers formés par des organismes marins qui auraient servi à cultiver des bactéries, source de nourriture dans un environnement hostile, et permis la colonisation du fond des océans. Les traces fossiles de la culture de bactéries forment des hexagones interreliés. Photo : Radio-Canada / Trevor Bothorel Luis Buatois évoque un fait qu'on constate encore aujourd'hui, dans les abysses. Selon le spécialiste, l'idée que les fonds marins aient été un environnement stable est assez répandue. Cette théorie s'appuie sur le fait que l'évolution de ces écosystèmes s'est produite sur une longue période de temps. Toutefois, l'étude des traces fossiles menée par l'équipe de chercheurs va à l'encontre de cette croyance. Elle démontrerait plutôt qu'il y a eu des changements très importants dans les conditions d'oxygène qui ont touché les organismes vivants. Pour en arriver à ces conclusions, les chercheurs ont mis sur pied une base de données qui regroupe l'ensemble des recherches publiées et qui répertorie les ichnofossiles pertinents provenant d'environ 700 sites différents. Cette base de données facilitera la recherche de fossiles en fonction de leur motif, comme le précise le professeur de l'Université de la Saskatchewan, et elle sera accessible à tous. Avec les informations de Luigi Wahmereungo PalmieriC'est comme ouvrir une fenêtre sur l'histoire d'un environnement qui n'a été que très peu exploré
, déclare Luis Buatois.Cultiver des bactéries

Parce que [les organismes] faisaient ces petits trous dans le sédiment, ils aidaient le sédiment à s'oxygéner parce que l'eau commençait à circuler à l'intérieur du milieu de vie
, explique l'ichnologue Luis Buatois.Si on enlève un peu de sédiments de la surface, on voit les sorties de cet emprunt hexagonal. Il y a donc de petites ouvertures. Nous savons donc que ces animaux, qui ont fait cela il y a environ 450 millions d'années, continuent à le faire dans des environnements modernes
, précise-t-il.Un environnement instable
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