Le poil graisseux de l’ours polaire est-il le remède aux produits chimiques éternels?
Des chercheurs avancent que les huiles qui empêchent la glace de coller aux poils des ours polaires pourraient être une des clés pour se débarrasser des produits chimiques éternels. Les substances perfluoroalkyliques et polyfluoroalkyliques (SPFA), communément appelées Elles sont utilisées dans un grand éventail de produits d’usage courant, par exemple les lubrifiants, les agents de surface et les répulsifs contre l’eau, la graisse et la saleté. Ces produits ne sont pas littéralement éternels, mais se dégradent très lentement dans l’environnement. On retrouve aussi dans la nature des huiles qui servent de répulsif, par exemple celles sur les ours polaires, qui empêchent la glace de se coller sur l’animal. Julian Carolan (gauche) et son superviseur Richard Hobbs (droite) Photo : fournie par Julian Carolan et Richard Hobbs La fourrure graisseuse de l’ours polaire est adaptée au climat arctique, explique le chercheur Julian Carolan, étudiant du doctorat au Trinity College de Dublin, en Irlande. Les scientifiques voulaient savoir ce qui rend cette fourrure graisseuse si particulière. Ils ont obtenu du Norsk polarinstitutt, l’institut polaire de Norvège, des échantillons de poils d’ours. Ils ont communiqué avec des collègues experts en huiles et en graisses. Ils ont déterminé la composition exacte de l’huile, qui est complexe. L’équipe de chercheurs a utilisé des modèles informatiques pour examiner comment les composantes de la graisse qui couvre la fourrure des ours polaires interagissent avec la glace. Les cheveux des humains ont aussi des graisses, ainsi que la fourrure de divers autres animaux. Mais celle qui couvre les poils de l’ours polaire est différente, plus graisseuse. Au Canada, on retrouve notamment des ours polaires dans les trois territoires, dans le Nord-du-Québec, au Labrador et à la baie d'Hudson. (Photo d'archives) Photo : Reuters / Carlos Osorio C’est logique, note-t-il, puisque les ours polaires ont un régime alimentaire riche en gras. Julian Carolan a participé aux travaux de recherche de plus d’une façon. Puisqu’il fallait quelque chose pour servir de comparaison aux poils d’ours polaire, il s’est porté volontaire et n’a pas lavé ses cheveux pendant une semaine. Des cheveux gras. Photo : Getty Images / pick-uppath Ce ne sera pas nécessairement demain qu’on remplacera certains produits chimiques éternels par de la graisse de poils d’ours polaire, ou par un équivalent fabriqué par l’humain, prévient le chercheur. D’après le reportage d’Elizabeth Whitten, de CBCproduits chimiques éternels
, ont été inventées dans les années 1940.
L’expérience démontre clairement que les huiles sur les poils d’ours polaire jouent un rôle important pour empêcher la glace de coller à la fourrure
, indique Julian Carolan.Nous avons découvert que certaines composantes très abondantes dans les huiles d’ours polaires, comme les acides gras à longue chaîne et les cholestérols, adhèrent très faiblement à la glace - du moins dans nos simulations
, souligne Julian Carolan.
Nous avons découvert que les poils d’ours polaire sont beaucoup plus gras que ceux des humains ou des autres mammifères que nous avons étudiés. En particulier, nous avons constaté une abondance du cholestérol cholest-5-en-3-bêta-ol, ainsi que d’autres composés graisseux
, dit Julian Carolan.Pour la science
J’avais de longues mèches graisseuses, que j’ai rasées pour qu’on ait quelque chose pour comparer. Nous avons découvert que les cheveux humains, lavés ou pas, adhèrent très fortement à la glace
, dit-il.
Ça dépendrait de sa mise en pratique
, indique Julian Carolan. Une étape à la fois. Quelle est la meilleure façon de les utiliser? Est-ce qu’elles peuvent être utilisées pour cirer une surface? Est-ce qu’elles ont besoin d’être liées chimiquement à la surface?
Il est vraiment impressionnant d’observer un exemple naturel qui fait aussi bien que le standard synthétique
, conclut le scientifique.
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